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Des seringues dans les ruelles, des halls d’immeuble transformés en lieux de consommation, des toxicomanes qui se piquent en plein jour : dans le centre-ville de Nantes, les policiers trouvent désormais du matériel d’injection presque à chaque patrouille. Crack, cocaïne et surtout héroïne s’achètent et se consomment dans la rue, sans qu’un quartier soit épargné plus qu’un autre. Selon le syndicat FO de la police municipale, le phénomène s’est emballé à partir de l’été 2024, avec l’arrivée en centre-ville de nombreuses personnes en grande précarité.
Réunion au sommet le 12 octobre
Le lundi 12 octobre 2026, le préfet de Loire-Atlantique, Laurent Hottiaux, a réuni le procureur, le directeur de la police nationale, le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) et la maire de Nantes, Johanna Rolland. Le soir même, la préfecture a détaillé son volet répressif. L’amende forfaitaire délictuelle pour usage de stupéfiants passe de 200 à 500 €, comme le permet la loi Ripost. Les interdictions de paraître sont allongées de 1 à 3 mois, et les opérations de démantèlement des points de deal doivent s’intensifier.
L’ARS débloque de son côté 250 000 € pour développer les maraudes, financer 35 places d’hébergement supplémentaires et renforcer la présence de médecins spécialisés dans les structures d’accueil. Le préfet assure que ces mesures sanitaires ne doivent pas rendre le centre-ville plus attractif pour les consommateurs.
La gauche et la droite d’accord pour une salle de consommation
La maire socialiste porte un autre regard. Dans un communiqué publié le lendemain, Johanna Rolland met l’accent sur les réponses sanitaires et demande à l’État de renforcer le service d’addictologie du CHU.
Surtout, le conseil municipal a adopté à l’unanimité, le vendredi 9 octobre, un vœu demandant à l’État d’installer à Nantes une halte soins addictions (HSA), le nom officiel de ce que tout le monde appelle une « salle de shoot ». Le texte a été voté par la majorité de gauche, par La France insoumise et, fait plus inattendu, par l’opposition de droite, pourtant traditionnellement hostile à ces dispositifs. Pour justifier ce revirement, son chef de file, Foulques Chombart de Lauwe (LR), décrit une situation catastrophique : « Avec ses zombies, la ville ressemble de plus en plus à San Francisco », a-t-il déclaré au Figaro, comparant aussi Nantes à la porte de La Chapelle, à Paris.
Le 30 septembre déjà, Johanna Rolland avait cosigné avec 11 autres maires de grandes villes de gauche une lettre au Premier ministre réclamant la pérennisation et l’extension de ces espaces de consommation encadrés. Il n’en existe aujourd’hui que 2 en France, à Paris et à Strasbourg.
Une police municipale privée d’amende
Sur le terrain, les 235 policiers municipaux nantais restent démunis. Ils ne sont pas autorisés à dresser l’amende forfaitaire délictuelle de 500 € annoncée par le préfet, faute d’avoir obtenu les pouvoirs que doit leur conférer un projet de loi toujours absent de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Face à un consommateur, leur seule option est l’interpellation, qui engorge toute la chaîne judiciaire. FO le reconnaît sans détour : il s’agit surtout de montrer aux habitants que quelque chose est fait.
Le RN dénonce des « mesurettes »
Le Rassemblement national de Loire-Atlantique a réagi par un communiqué signé Bryan Pecqueur, qui juge qu’« on ne mène pas une guerre face à l’ensauvagement avec des mesurettes ». Pour le parti, une amende de 500 € ne pèse rien face à des réseaux qui brassent des milliers d’euros par jour : elle s’apparenterait à une simple taxe d’installation. Le RN doute aussi que les forces de l’ordre puissent la recouvrer dans des quartiers où, selon lui, même les pompiers sont caillassés. Il estime que les interdictions de paraître resteront sans effet sans contrôles ni peines de prison ferme.
Le volet sanitaire est rejeté en bloc. Le RN y voit une vision sociale dépassée qui consiste à « accompagner » la délinquance plutôt qu’à la réprimer, et qualifie la salle de consommation d’« hérésie » financée par l’argent public. Le communiqué reproche aussi à la maire de refuser, par dogmatisme et clientélisme, d’aborder l’immigration, que le parti tient pour responsable de la moitié de la délinquance sur la voie publique.
Le RN propose à la place d’armer la police municipale, d’étendre la vidéoprotection et d’atteindre 1 agent pour 650 habitants avec une présence policière 24 heures sur 24, une mesure qu’il défendait lors de la campagne municipale. Il réclame aussi des drones pour démanteler les points de deal et des brigades privées de sûreté dans le logement social. Enfin, il renvoie au programme de Marine Le Pen, qui prévoit l’expulsion des délinquants étrangers et une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre.
La décision de créer ou non une halte soins addictions à Nantes revient désormais à l’État.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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