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Menaces de l’extrême gauche à Nantes. Le doyen de la Fac de Langue, « viré à vie des AG » !

Mercredi 27 février, à l’Université de Nantes, a eu lieu une nouvelle Assemblée générale composée d’environ 200 étudiants, pour discuter de la victoire qu’ils ont obtenus sur la faculté qui a déclarée qu’elle n’appliquerait pas la hausse de frais d’inscription pour les étudiants étrangers actuels en licence comme en master. Cependant ce n’est pas une victoire totale, il n’y a pas retrait de la loi, donc ils continuent à « lutter ». Et donc à bloquer les milliers d’autres étudiants du campus.

Ainsi après les votes de la tribune et de l’ordre du jour, se tient un troisième vote bien particulier : celui de l’expulsion d’AG de Mr Delorme, doyen de la fac de Langues. Les avis sont partagés : ceux qui disent que « vu ce qu’il fait aux étudiants, il n’a pas à rester dans l’AG, qui est l’AG de ceux qui sont en lutte », ceux qui disent qu’il « vaut mieux l’ignorer parce quil prend un malin plaisir à venir parce que ça nous fait perdre du temps à chaque fois. Toute façon s’il ne veut pas partir, on ne pourra jamais le faire partir ! » et ceux qui pensent qu’« on ne peut pas exclure quelqu’un et que justement le but c’est qu’il n’y ait pas que des gens qui pensent pareil ! ».

Ainsi, les étudiants réunis procèdent au vote de « l’exclusion à vie, de Didier Delorme » (sic). Avec une abstention de plus de la moitié de l’amphi et quelques timides « non » (reflet de la pression présente en AG), le « oui » de moins d’un quart de la salle l’emporte. Mr Delorme sort donc après avoir remercié les votants « d’avoir montré le caractère anti-démocratique des AG » sous l’œil goguenard des étudiants.

Le blocus n’est pas voté mais seulement une demande banalisation des journées de manifestation (qu’ils n’obtiennent pas) « parce qu’après avoir obtenu ce qu’on demandait à l’université, c’est chaud de bloquer ! ». Ainsi pour le lendemain, c’est seulement un « débrayage dans les amphis » qui est prévu suivi d’un départ en manifestation vers le rectorat et de là jusqu’à la préfecture (à laquelle ils n’arriveront jamais, car nassés par la police au niveau du rectorat).

Mr Delorme, dans un mail à ses étudiants et son personnel, fixe des règles à ces interventions intempestives : « je propose de leur permettre certaines interventions mais seulement sous certaines conditions : aucun étudiant ne pourra se présenter masqué, la permission d’intervenir devra être demandée au préalable à l’enseignant qui dispense le cours, le discours devra être prononcé dans le respect des biens et des personnes, l’utilisation du système d’alerte incendie représente une infraction qui sera réprimée, idem pour les tags. La présentation n’excèdera pas 5 minutes sauf si le collègue en charge souhaite permettre le débat. L’Université est un lieu de débat, je souhaite qu’elle le reste mais dans un cadre défini par elle. ».

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L’extrême gauche nantaise dicte sa loi

Il prend le contre-pied de la présidence qui a cédé en deux temps à la pression de 15 étudiants et qui se fait dicter la loi par l’extrême-gauche nantaise – ces fils de bourgeois confortablement installés comme étudiants ou lycéens, mais qui se prennent néanmoins pour les défenseurs d’un prolétariat dont ils n’ont jamais fait, de près ou de loin, partie. Et pour cause – il leur faudrait travailler et être en butte à la précarité.

Et pourtant cette promptitude de l’université à céder aux caprices des lutteurs engendre une immense déception dans les rangs du noyau dur de l’ultra-gauche qui pensait pouvoir mettre le bazar pour le semestre entier avec cette hausse de frais, mais qui doit dorénavant retrouver une autre cause plus crédible et plus coriace.

Le recul de la présidence a brisé net l’élan de la mobilisation étudiante qui avait déjà tant de peine à prendre racine et qui est bien loin de l’apogée qu’elle a connu l’an dernier, et ce malgré le contexte insurrectionnel des Gilets Jaunes et des manifestations le samedi, sur lesquelles l’extrême-gauche locale a tôt fait de mettre le grappin.

L’énervement est visible notamment contre les étudiants qui, se souvenant de l’année passée, entendent « vote de blocus » dès qu’il est question d’« AG » et qui viennent uniquement pour cela, se moquant allègrement de la lutte. « Université de Nantes en Lutte est une page d’information, qui relaye les décisions des assemblées générales étudiantes et les différentes actions en cours qui nous semblent pertinentes. Ses administrateur.ice.s n’ont aucune fonction directrice. Inutile donc de nous envoyer des hordes de messages privés demandant s’il y a un blocus lors d’une journée d’action, avant même que l’AG décisionnaire n’ait eu lieu. Bisous. » et suite à la manifestation (visiblement ratée) : « Sinon, applaudir les interventions en amphi c’est chouette. Participer aux actions, c’est un chouïa plus utile ».

Et c’est vrai, la majorité des étudiants venant, ou pouvant encore venir en AG, vient pour la seule question du blocus avec ceux qui sont pour, simplement parce qu’ils ratent une journée de cours sans en payer les conséquences, et ceux qui sont contre. La lutte n’intéresse que 15 personnes, un noyau dur qui enrage car ils sont devenu pour tous les idiots utiles de la fac : il a beau se donner en spectacle avec leur grève de la faim [d’abord dans les locaux de la fac de droit qui n’a rien demandé, puis après leur expulsion par les CRS, dans le hall de Censive], il ne récolte qu’un peu de pitié, du mépris et surtout beaucoup d’indifférence.

Les étudiants tirent les leçons de l’an dernier et se font moins réceptifs à la propagande de l’ultra-gauche, l’opposition se fait de plus en plus forte – notamment en FLCE où il ne fait pas bon venir pour un bloqueur – et l’université lui coupe l’herbe sous le pied à force de cessions. Que reste-t-il après ? Recouvrir le campus Tertre de tags qui témoignent de la bêtise des tagueurs ? Piteux.

Hélène Lechat

Crédit photo : DR
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