Le Royaume-Uni vient de franchir un seuil juridique et politique rarement atteint dans une démocratie occidentale. En étendant l’usage des lois antiterroristes à des mouvements politiques non armés, le gouvernement dirigé par Keir Starmer crée un précédent lourd de conséquences : il devient désormais possible de criminaliser non seulement l’action, mais aussi le discours, l’analyse et même le simple constat factuel.
Quand la lutte antiterroriste change de nature
À l’origine, le Terrorism Act 2000 visait à lutter contre des organisations recourant à la violence armée contre des civils. Mais au fil des amendements, et notamment depuis 2019, le texte a changé de portée. Il ne s’agit plus seulement de sanctionner des actes violents ou leur apologie directe, mais toute expression susceptible d’être interprétée comme « favorable » à une organisation classée terroriste.
Le problème est moins théorique que concret. Depuis que le gouvernement a décidé en 2025 de classer Palestine Action comme organisation terroriste — une première historique pour un mouvement ciblant essentiellement des infrastructures et des biens matériels — la frontière entre information, analyse et délit est devenue floue.
Dire le vrai peut désormais conduire en prison
La législation actuelle permet de poursuivre pénalement toute personne exprimant une opinion ou un fait qui pourrait, même indirectement, « encourager » le soutien à une organisation interdite. Aucun critère clair ne définit ce qu’est un encouragement. Aucun garde-fou ne protège la vérité factuelle. Résultat : dire vrai peut devenir un crime, passible de lourdes peines de prison.
Journalistes, chercheurs, juristes, ONG de défense des droits de l’homme évoluent désormais dans un champ de mines juridique. Décrire les motivations politiques d’un mouvement interdit, analyser une procédure judiciaire en cours, évoquer une grève de la faim ou contester une affirmation gouvernementale peut suffire à tomber sous le coup de la loi.
Les effets sont déjà visibles. Des événements d’ampleur nationale, pourtant vérifiables et documentés, disparaissent du débat public pendant des semaines. Lorsqu’ils sont enfin évoqués, c’est avec un langage excessivement précautionneux, haché, vidé de toute analyse.
Les grands médias britanniques, au premier rang desquels la BBC, avancent désormais à pas comptés. Moins par choix éditorial que par crainte juridique. La conséquence est mécanique : le silence ou la déformation des faits devient la norme, tandis que la version gouvernementale, elle, circule sans contradiction.
Un pouvoir politique sans contrepoids
Ce vide informationnel profite directement à l’exécutif. Lorsqu’un gouvernement affirme — sans preuves publiques — qu’un mouvement politique serait financé par une puissance étrangère ou poursuivrait des objectifs violents, il devient juridiquement risqué de démontrer le contraire, même documents à l’appui.
La loi ne prévoit aucune exception pour le journalisme, la recherche ou l’intérêt public. Il ne s’agit pas d’un accident juridique, mais d’un effet dissuasif assumé : faire taire ceux dont la mission est précisément de contrôler le pouvoir.
En pratique, la proscription ne sert plus seulement à lutter contre le terrorisme. Elle devient un outil politique permettant de neutraliser toute contestation organisée, en la rendant juridiquement intouchable. Une fois le label « terroriste » apposé, toute défense, même argumentée et factuelle, devient suspecte.
C’est là le cœur du problème : le gouvernement se donne le pouvoir de décréter l’illégitimité politique, puis d’empêcher toute discussion à ce sujet. Un mécanisme typique des régimes autoritaires, rarement assumé aussi ouvertement dans un pays se réclamant de l’État de droit.
Une démocratie sous anesthésie
En criminalisant l’analyse, la nuance et la contradiction, le Royaume-Uni s’éloigne dangereusement des principes qu’il prétend défendre. La lutte contre le terrorisme ne justifie pas tout, surtout lorsqu’elle sert à restreindre le débat public, museler les contre-pouvoirs et dissuader la recherche de la vérité.
Ce précédent est d’autant plus inquiétant qu’il est désormais inscrit dans la loi. Si un mouvement politique peut être interdit par décret, alors toute opposition structurée devient potentiellement illégale. Et dans ce cadre, défendre les libertés fondamentales devient, paradoxalement, un acte à haut risque.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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7 réponses à “Terrorism Act 2000 au Royaume-Uni : dire la vérité peut désormais mener en prison pour terrorisme”
C’est le début de la fin de toutes nos libertés .Il est grand temps que les peuples se réveillent
C’est quand même plus simple de gouverner sans opposition, sans critique, sans contrôle.. ça a des airs d’inquisition où on brulait les femmes coupables de ne pas céder aux exigences des males environnants. Accusations inventées, privation de ressources, procès truqués, populace manipulées pour applaudir. C’était au XII ème siècle. La règle invoquée: le droit canonique en vertu d’un dieu absent, d’une exigence de foi et de soumission à un dogme. C’était tellement pratique que d’autres s’y essayent encore aujourd’hui en vertu d’un Dieu absent, en vertu d’une croyance sans fondement scientifique (façon GIEC, ou COVID). L’inquisition est le revers de la croyance.
Début de la fin oui, mais le peuple ne se réveille que lorsque son frigo est vide . le clairvoyant Soljenitsyne a écrit « le déclin du courage «
En fait, sans s’en rendre compte, ils font la promotion du terrorisme, du terrorisme qui va les attaquer, eux.
Ce que je ne souhaite pas bien sûr… couac heu.
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ILS MENTENT ….. SOLJENITSYNE
« Ils mentent, ils savent qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, nous savons aussi qu’ils savent que nous savons qu’ils mentent, et pourtant ils continuent à mentir » Alexandre Soljenitsyne
Terrifiante dérive dans ce qui a été longtemps un modèle inégalé de démocratie (tout en étant un royaume !). Ce qui nous attend dans le reste de la démocratie bruxelloise ne peut hélas qu’être pire.
C’était vraiment pas la peine de faire le Brexit pour en arriver là : il suffisait de recopier Breton et ils avaient le même résultat !