C’est l’un des procès les plus explosifs de l’histoire récente de la tech. Elon Musk attaque OpenAI et son partenaire Microsoft pour ce qu’il considère comme une trahison fondatrice. En jeu : entre 79 et 134 milliards de dollars de dommages et intérêts. Mais au-delà du chiffre vertigineux, c’est une question de principe qui se joue : OpenAI a-t-elle renié sa mission originelle au profit du business ?
« Une promesse rompue »
Pour Musk, tout part d’un engagement clair : OpenAI a été créée comme une organisation à but non lucratif, dédiée au développement d’une intelligence artificielle au service de l’humanité. L’homme d’affaires affirme avoir été l’un des piliers de cette fondation, tant financièrement que stratégiquement.
Il estime que les 38 millions de dollars qu’il a injectés dans les premières années n’étaient pas de simples dons, mais la colonne vertébrale financière du projet. À cela s’ajoutaient son réseau, son image, sa crédibilité dans la Silicon Valley. Autant d’éléments qui auraient permis à OpenAI de décoller… avant de changer radicalement de trajectoire.
Aujourd’hui, OpenAI est valorisée autour de 500 milliards de dollars. Pour Musk, cette réussite colossale repose sur une histoire initiale — celle d’un projet éthique et désintéressé — qui aurait ensuite été abandonnée une fois la machine lancée.
Des documents internes embarrassants
L’un des éléments centraux du dossier repose sur des notes privées retrouvées lors de la procédure judiciaire. Elles auraient été rédigées en 2017 par Greg Brockman, cofondateur d’OpenAI.
Une phrase attire particulièrement l’attention : « Je n’arrive pas à croire que nous nous soyons engagés sur le non lucratif alors que trois mois plus tard nous parlons déjà de devenir une entreprise. C’était un mensonge. »
Pour Musk, ces mots prouvent que la direction savait pertinemment que le virage commercial était en contradiction totale avec la promesse faite aux premiers soutiens. Pire : elle en aurait eu conscience très tôt.
OpenAI contre-attaque
Face à ces accusations, OpenAI rejette en bloc la version de Musk. L’entreprise affirme que les propos ont été sortis de leur contexte et que la question du financement avait été discutée ouvertement dès 2017.
Selon la direction, tout le monde — y compris Musk — savait qu’un projet aussi ambitieux nécessiterait des capitaux colossaux impossibles à lever sous un simple statut associatif. Une structure commerciale serait donc devenue inévitable.
OpenAI assure que Musk était au courant de ces discussions et qu’il les approuvait, tant que la mission d’intérêt général était préservée sous une forme ou une autre.
Un conflit de pouvoir plus qu’une tromperie ?
Autre point de divergence majeur : la raison du départ de Musk.
OpenAI affirme qu’il ne s’agit pas d’une rupture idéologique, mais d’un désaccord sur le contrôle.
Selon la version officielle, Musk aurait voulu :
- prendre le contrôle total d’OpenAI
- fusionner la structure avec Tesla
- orienter seul sa stratégie
Face au refus, il aurait quitté le projet. Pour OpenAI, le procès actuel serait la quatrième tentative judiciaire de Musk sur le même thème, et relèverait davantage d’une stratégie de pression que d’une quête de justice.
Deux récits s’opposent donc :
Celui de Musk : Un projet né pour le bien commun, détourné discrètement vers le profit, en utilisant la crédibilité morale du non lucratif comme levier.
Celui d’OpenAI : Une équipe lucide face à la réalité financière, cherchant un équilibre entre ambition technologique et mission éthique, tout en refusant la mainmise d’un milliardaire.
L’affaire pourrait faire jurisprudence. Car derrière OpenAI, c’est toute la Silicon Valley qui est concernée.
De nombreuses start-ups se lancent avec :
- des discours idéalistes
- des promesses éthiques
- une posture “au service de l’humanité”
Puis basculent vers des modèles ultra-capitalistiques une fois la croissance assurée.
La justice devra trancher : Jusqu’où peut-on faire évoluer un projet sans tromper ceux qui l’ont soutenu ? Où s’arrête l’adaptation économique, et où commence la manipulation ?
Un symbole du nouvel âge de la tech
Quelle que soit l’issue, ce procès marque un tournant. Il illustre la crise de confiance entre idéaux affichés et réalités financières dans le monde des géants technologiques.
Si Musk gagne, ce sera un signal fort contre l’hypocrisie stratégique des grandes entreprises.
S’il perd, cela consacrera une vérité brutale : dans la tech, même les plus nobles promesses finissent souvent avalées par le marché.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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