La saga médiévale Les Piliers de la Terre, de Ken Follett, décrit l’édification d’une cathédrale en Angleterre au XIIème siècle. Son adaptation en bande dessinée reste fidèle à l’esprit du roman, mêlant drames familiaux et complots politiques, avec pour toile de fond ce chantier monumental. Le tome 3 vient de sortir.

récit débute en 1139, au château de Bartholomew, comte de Shiring. William Hamleigh est éconduit par Dame Aliena, la fille du comte, qui refuse de l’épouser. Dans une colère noire, il jure d’obtenir ce qu’il veut, de gré ou de force. Il arrête les travaux de la maison qu’il avait fait construire pour eux. Dès lors, les bâtisseurs et artisans n’ont plus de travail. Tom, modeste maître bâtisseur, rêve alors de construire la plus grandiose des cathédrales. Lui et sa famille prennent la route pour chercher du travail ailleurs. Mais c’est l’hiver. Sa famille souffre du froid et de la faim. En chemin, en pleine forêt, après une attaque de bandits, la femme de Tom meurt en couches. Tom abandonne le nourrisson et repart avec sa fille et son fils. Pris de remord, il fait demi-tour, mais le nouveau-né a disparu. Il rencontre alors la troublante Ellen, rebelle et solitaire, considérée comme une sorcière, vivant dans la forêt avec son fils Jack. Ils lui viennent en aide et lui révèlent que le bébé a été secouru par un moine. Ensemble, ils prennent la route, bravant le froid. Ellen devient rapidement la compagne de Tom. À quelques lieues de là, le frère Philip se rend à l’abbaye de Kingsbridge, en crise depuis la disparition du prieur.
Dans le deuxième album, Tom, Ellen et leurs enfants arrivent à Kingsbridge. Ils sont accueillis par les moines et le père Philip, le nouveau prieur. Découvrant que la cathédrale est en piteux état, Tom se propose d’en devenir le maître bâtisseur. Mais le père Philip n’a pas les moyens de le payer. Cependant, la nuit, un incendie ravage le toit de la cathédrale. L’édifice s’écroule rapidement. Tom, qui a aidé Philip à sortir le cercueil de Saint-Adolphe, le patron de la cathédrale, lui propose, en échange du gite et du couvert, de la reconstruire. Philip doit d’abord chercher un financement et en parle à l’évêque Waleran…
Dans le troisième album, Tom prend les mesures pour poser les fondations de la future cathédrale de Kingsbridge. Mais la reconstruction de ce majestueux édifice ravive d’anciens conflits. Ainsi, la famille Hamleigh et l’évêque Waleran tentent avec perfidie d’empêcher l’extraction des pierres de la carrière et alertent Henry, l’évêque de Canterbury, de la lenteur des travaux. Ils cherchent à obtenir le déplacement de cette construction prestigieuse sur leurs propres terres. L’évêque Henry annonce qu’il viendra à la Pentecôte pour voir l’avancement des travaux et décider alors de la suite du chantier. Dès lors, il faut avancer au plus vite dans les travaux… Au même moment, depuis la disgrâce du Comte Bartholomew, ses enfants, Aliéna et Richard, chassés du château et laissés sans ressources, doivent se débrouiller pour survivre…

Publiée en 1989-1990, la saga médiévale Les Piliers de la Terre, de Ken Follett, à l’important succès (15 millions d’exemplaires), avait déjà eu les honneurs d’une série télévisée produite par Ridley Scott, d’un jeu vidéo, d’un jeu de plateau et d’une comédie musicale. En plus de la construction d’une cathédrale, l’architecture gothique remplaçant la romane, elle décrit la croissance de Kingsbridge, de village reculé à grande ville, ainsi que la richesse croissante des marchands, au point qu’ils sont capables de tenir tête à l’aristocratie féodale.
C’est au tour d’une bande dessinée, qui se développera en 6 tomes, de raconter cette histoire médiévale. Au total, cette série devrait atteindre environ 500 pages. Dans la préface du tome 1, Ken Follett révèle sa satisfaction devant cette adaptation particulièrement soignée. C’est Didier Alcante, admirateur de Ken Follett, qui tenait à la réaliser. Il reste connu pour La Bombe, bande dessinée en noir et blanc retraçant les étapes qui ont mené à la création des premières armes atomiques des États-Unis : Trinity et Little Boy. Il nous offre un scénario fluide et respectueux du texte original, malgré quelques coupes inévitables. Les différentes intrigues présentées dans le premier tome s’entremêlent dans le tome suivant. L’importance du projet éditorial permet de bien présenter les caractères des personnages, notamment Tom et Philip, auxquels le lecteur s’attache rapidement. Didier Alcante explique que « Tom est obnubilé par la construction d’une cathédrale, à laquelle s’ajoute une dimension religieuse, très importante au Moyen-âge. Il cherche à rendre gloire à Dieu, à lui offrir quelque chose de beau et d’éternel » (Casemate n°174, décembre 2023, p. 32).
Les deux premiers tomes avaient introduit les protagonistes et les enjeux. Plus intense et davantage politique, le troisième volet révèle la profondeur des personnages. On devine que la vengeance d’Aliéna vis-à-vis de la famille d’Hamleigh constituera l’un des ressorts narratifs de la seconde moitié de la saga, et que sa quête croisera celle de Tom… La reconstruction de la cathédrale, élément central du récit, devient une lutte sans merci entre d’un côté, le maître bâtisseur et le prieur, et de l’autre côté, le clan Hamleigh.

Le dessinateur Steven Dupré, par son trait réaliste et précis, reconstitue à merveille l’Angleterre du XIIème siècle, notamment ses châteaux, monastères, églises et cathédrales. Ses superbes planches sont d’une grande précision. Le souci du détail est omniprésent. Pour y parvenir, il a bénéficié de l’aide du fils de Didier Alcante, qui a reconstitué la cathédrale fictive de Kingsbridge en maquette 3D. Certains cadrages sont superbes, comme la vision de Kingsbridge, vue d’en haut, sous la neige, en dévoilant toute la majesté, la double-planche où les moines se rendent dans la carrière, les plongées sur le chantier… La colorisation de Jean-Paul Fernandez (tomes 1 et 2), puis de Sébastien Gérard et Raphaël Bauduin (tome 2), est de toute beauté.
Le respect du détail est dû à l’aide précieuse d’un Docteur en Histoire de l’Université de Namur, Nicolas Ruffini- Ronzani.

Kristol Séhec
Les Piliers de la Terre, t. 1, Le Rêveur de cathédrales, 104 pages, 19 euros ; t. 2, Le Feu de Dieu, 88 pages, 17,50 euros ; t. 3, Le Chantier de l’espoir, 72 pages, 17 euros. Editions Glénat.
Illustrations : DR
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