L’année 2025 restera comme l’une des plus violentes jamais enregistrées pour l’emploi dans le secteur technologique mondial. Selon une vaste étude menée par l’équipe de RationalFX, près de 245 000 postes ont été supprimés dans les entreprises tech à travers le monde en douze mois. Un chiffre colossal, qui confirme une tendance lourde amorcée après la période post-Covid : restructurations massives, automatisation accélérée et généralisation de l’intelligence artificielle.
L’enquête fondée sur des données croisées issues notamment de TrueUp, TechCrunch et de bases administratives américaines, recense précisément 244 851 suppressions de postes en 2025. Ce mouvement touche non plus seulement des métiers isolés, mais des fonctions entières, souvent jugées remplaçables par l’IA.
Les États-Unis, épicentre de la casse sociale
Sans surprise, les entreprises américaines concentrent l’essentiel des licenciements. Près de 70 % des suppressions mondiales proviennent de groupes basés aux États-Unis, soit plus de 170 000 emplois détruits.
Le cas le plus spectaculaire reste Intel. Le géant des semi-conducteurs, qui comptait environ 109 000 salariés fin 2024, a décidé de réduire ses effectifs à 75 000 employés. Résultat : 34 000 postes supprimés, soit près d’un tiers de la main-d’œuvre, sur fond de pertes financières et de concurrence accrue.
Amazon, Microsoft, Meta, Salesforce, IBM ou encore HP figurent également parmi les grands coupeurs de têtes de l’année, montrant que même les mastodontes du numérique ne sont plus épargnés.
L’Inde, le Japon et l’Europe également touchés
Hors États-Unis, l’Inde arrive en deuxième position, avec plus de 19 000 licenciements. En cause notamment : Tata Consultancy Services (TCS), numéro un indien des services informatiques, qui a supprimé 12 000 postes.
Le Japon suit avec plus de 11 600 emplois détruits, principalement chez Panasonic. En Europe, l’Irlande est particulièrement frappée après l’annonce de 11 000 suppressions chez Accenture, dans le cadre d’une restructuration liée à l’IA. L’Espagne a également basculé dans la tourmente avec les 7 000 suppressions annoncées chez Telefónica.
Profits en hausse, emplois en baisse
Paradoxe frappant de 2025 : de nombreuses entreprises licencient alors même que leurs résultats financiers explosent. Microsoft a ainsi affiché plus de 77 milliards de dollars de chiffre d’affaires trimestriel, tout en supprimant plus de 19 000 emplois. Même logique chez Meta, qui a vu ses bénéfices progresser, tout en sacrifiant plus de 4 300 postes.
Les directions justifient ces décisions par des impératifs de « rationalisation », de réduction des coûts et de recentrage stratégique sur l’IA et le cloud.
L’intelligence artificielle comme accélérateur social
L’étude montre que l’IA et l’automatisation sont devenues les premiers moteurs des suppressions de postes. Service client, ressources humaines, traitement de données, fonctions administratives : ces métiers sont massivement remplacés par des algorithmes.
Amazon a ainsi reconnu que 14 000 de ses licenciements étaient directement liés à l’IA. Chez Salesforce, le service client a été réduit de moitié grâce à des agents conversationnels. IBM a automatisé une partie de ses fonctions RH, supprimant environ 9 000 emplois. Workday, Duolingo, Klarna, Intuit, Cisco suivent la même trajectoire.
Même le secteur bancaire n’est pas épargné : ING déploie massivement des chatbots, tandis que le britannique BT prévoit 55 000 suppressions d’ici 2030, dont une part importante remplacée par des outils d’IA.
Les plus grosses vagues de licenciements concernent souvent des groupes industriels historiques. Intel, Verizon, IBM, HP, STMicroelectronics ou encore Northvolt figurent parmi les plus touchés. La faillite du fabricant suédois de batteries Northvolt a laissé plus de 3 000 salariés sur le carreau, illustrant les difficultés de l’industrie européenne face à la concurrence asiatique.
Chez STMicroelectronics, groupe stratégique pour la France, entre 2 000 et 5 000 emplois pourraient disparaître d’ici 2027, malgré les tentatives de limitation par les gouvernements français et italien.
Aux États-Unis, la Californie concentre à elle seule plus de 73 000 suppressions de postes, soit plus de 40 % du total national. Viennent ensuite l’État de Washington (Microsoft, Amazon) et New York, fortement touché par IBM.
2026 : vers un nouveau modèle du travail ?
Selon RationalFX, près d’un million d’emplois tech ont disparu depuis 2021. L’année 2025 marque une nouvelle étape : même les cadres supérieurs et spécialistes IA ne sont plus protégés. Les recruteurs privilégient désormais des profils hyper spécialisés en intelligence artificielle.
Certains dirigeants, comme le patron de TCS, estiment que la reconversion interne ne suffit plus : les entreprises veulent des compétences nouvelles, immédiatement opérationnelles.
Reste une inconnue majeure : l’IA va-t-elle créer autant d’emplois qu’elle en détruit ? Pour l’instant, la tendance est clairement à la réduction des effectifs. La réponse pourrait se jouer dès 2026.
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[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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