Alors que le débat sur l’euthanasie et le suicide assisté était présenté par une partie des médias comme largement « mûr » et proche d’un consensus politique, la séance du 21 janvier au Sénat est venue brutalement contredire ce récit. Les sénateurs ont profondément réécrit la proposition de loi initiale, vidant le texte de sa substance euthanasique et réaffirmant des principes fondamentaux : protection de la vie, refus de provoquer la mort, et respect de la liberté de conscience.
Une séquence parlementaire décisive, qui marque un sérieux coup d’arrêt au projet de légalisation de l’« aide à mourir ».
🎇 Victoire: le Sénat rejette l’euthanasie et le suicide assisté de la proposition de loi et réaffirme son attachement à la loi Claeys-Leonetti.
Martin Lévrier s’est illustré en pointant justement un des plus grands risques qu’engendrerait la légalisation de l’#euthanasie: pic.twitter.com/EFTXJSamxF— ECLJ – European Centre for Law & Justice (@ECLJ_Official) January 22, 2026
Aucun consensus, mais une fracture irréconciliable
Contrairement à l’image d’une Haute Assemblée « ouverte » à l’euthanasie, les débats ont mis en lumière une fracture profonde et durable entre deux visions radicalement opposées. D’un côté, ceux qui entendent préserver l’interdit de tuer, socle historique du droit médical et pénal français. De l’autre, ceux qui souhaitent faire de la mort provoquée un droit opposable.
Le rejet du texte initial ne résulte donc pas d’un simple conservatisme sénatorial, mais d’une double opposition. Une partie des sénateurs s’est fermement opposée à toute légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté, tandis que d’autres, notamment à gauche, ont jugé le texte insuffisant, trop restrictif, et éloigné de leurs objectifs.
Cette alliance paradoxale a conduit à une réécriture en profondeur du projet, révélant l’absence totale de compromis possible sur une question aussi fondamentale.
La liberté de conscience enfin protégée
Parmi les points majeurs du nouveau texte figure l’adoption d’un amendement garantissant explicitement la liberté de conscience des établissements de santé et médico-sociaux, y compris confessionnels. Une avancée significative, alors que nombre de congrégations hospitalières et d’acteurs du soin redoutaient d’être contraints, à terme, de pratiquer ou de faciliter des actes contraires à leur éthique.
Cette protection, obtenue après un travail de plaidoyer mené notamment par le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) aux côtés de religieuses engagées dans le soin, vise à prévenir une discrimination institutionnelle à l’encontre des établissements refusant l’euthanasie.
Le Sénat a ainsi reconnu qu’imposer de tels actes constituerait une injustice majeure, incompatible avec la liberté de conscience garantie par la Constitution.
De l’« aide à mourir » au soulagement de la souffrance
Sur le fond, la modification la plus lourde de sens concerne le cœur même du texte. Le « droit au suicide assisté et à l’euthanasie » a été remplacé par un droit au « meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance », jusqu’au décès, sans qu’aucune intervention volontaire n’ait pour intention de provoquer la mort ou d’aider à mourir.
Un changement sémantique ? Non. Une réorientation philosophique et médicale complète, qui replace la fin de vie dans le cadre du soin, et non dans celui de la mise à mort médicalisée.
Ce recentrage constitue un désaveu clair de l’approche utilitariste de la fin de vie, qui tend à considérer certaines existences comme indignes d’être poursuivies.
Un autre point, largement éludé dans le débat public, refait surface avec force : l’état catastrophique des soins palliatifs en France. Aujourd’hui, le pays ne couvre qu’environ la moitié des besoins réels. Une situation appelée à s’aggraver avec le vieillissement accéléré de la population.
Plusieurs acteurs dénoncent un paradoxe troublant : alors que l’accès aux soins palliatifs reste dramatiquement insuffisant, certains s’acharnent à promouvoir l’euthanasie, solution moins coûteuse pour les finances publiques. Une logique budgétaire implicite, rarement assumée, mais de plus en plus perceptible.
Et maintenant, la responsabilité politique
Le texte réécrit sera soumis à un vote solennel au Sénat le 28 janvier. En cas d’adoption, il repartira à l’Assemblée nationale pour une seconde lecture à partir du 17 février. En cas de rejet, les députés reprendront leur version initiale, relançant le bras de fer parlementaire.
Au-delà du Parlement, la question revient désormais dans le camp de Emmanuel Macron. Le chef de l’État avait évoqué l’an dernier la possibilité d’un référendum si le débat s’enlisait. Une option politiquement risquée, tant un tel scrutin pourrait rapidement se transformer en vote de défiance générale à son égard.
Pour les opposants à l’euthanasie, cette séquence constitue une victoire politique et morale, mais en aucun cas un point final. Le débat reste ouvert, sous forte pression idéologique et médiatique. La mobilisation citoyenne, notamment auprès des députés, est désormais jugée décisive par les acteurs engagés contre cette loi.
Au-delà des clivages partisans, le débat sur la fin de vie pose une question centrale : une société qui renonce à soigner jusqu’au bout renonce-t-elle aussi à protéger les plus vulnérables ?
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “Fin de vie : le Sénat torpille le texte sur l’euthanasie et réaffirme l’interdit de tuer”
Observez bien une chose: les opposants à l’euthanasie ont accès illimité à l’information, leur veto est ressassé dans tous les médias jusqu’à l’indigestion. En revanche, on n’entend jamais les promoteurs de l’euthanasie. À cela, il y a une raison: les parlementaires intervenant dans l’hémicycle sont des francs-maçons des grades subalternes, recevant leurs ordres des grades supérieurs, dans un total secret. C’est notamment le cas du Grand Orient, mon principal adversaire pendant un demi-siècle. Moralité: mettez le projecteur sur Belzébuth.