Voici un nouvel extrait de La Légende de la mort en Basse-Bretagne, recueillie par Anatole Le Braz, pour accompagner jour après jour les lecteurs de Breizh-info.
Ce soir-là, Jean Cariou, sacristain de Penvénan, après avoir sonné l’angélus, avait fait sa ronde habituelle dans l’église. Rentré chez lui, il se rappela qu’il avait oublié de regarder s’il restait assez d’huile, pour la nuit, dans la lampe qui doit brûler éternellement au fond du sanctuaire.
Mais, comme cette idée ne lui vint qu’au moment de se mettre au lit, quand il était déjà à moitié dévêtu, il se coucha tout de même, en se disant que la veilleuse durerait bien jusqu’au lendemain.
Et il s’endormit profondément.
Il devait y avoir pas mal de temps qu’il dormait, lorsqu’à travers son sommeil il s’entendit appeler par une voix douce :
— Cariou ! Cariou !
— Déjà ! murmura-t-il, pensant que c’était Môna, sa femme, qui le réveillait, pour l’angélus de l’aube, et trouvant que le jour se levait de bien bonne heure.
Car la chambre était pleine d’une lumière blanche comme celle des matins d’été.
— Cariou, reprit doucement la voix, hâte-toi : la lampe de l’église va s’éteindre.
Ce n’était pas sa femme qui lui parlait, mais une grande forme lumineuse, drapée dans un manteau couleur de ciel. La figure était nimbée d’or. Cariou la reconnut, pour l’avoir vue dans les images pieuses, dans les tôlennou.
C’était la figure même de Jésus-Christ.
Le sacristain fit un rapide signe de croix, et se retrouva soudain dans une complète obscurité. La grande forme lumineuse s’était évanouie.
Minuit tinta à l’horloge de la tour.
Cariou, tout essoufflé, arriva juste à temps pour ranimer la lampe sainte.
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2 réponses à “La Légende de la Mort (Anatole le Braz) racontée chaque jour sur Breizh-info.com : L’aventure de Jean Cariou”
C’est un régal de lire ces légendes de la mort toujours surprenantes….c’est ma première lecture avant les autres titres….un autre monde invisible et surprenant…
Le sacristain est un personnage important dans la paroisse, même analphabète il connaît le latin et manipule « al Leor » (Levr selon KLTGw). En breton kloc’her mais chez moi on dit aussi sakristen; tout cela pour vanter la richesse de la langue bretonne, le même mot de Quimper à Tréguier en passant par Morlaix ha Lesneven le même mot peut avoir un sens variable mais très proche. J’ai le cas de Dael Breizh après consultation des Anciennes (une cousine et ma soeur aînée) on dirait plutôt Parlamant Breizh.