« On dit toujours que nous sommes morts. Il y a mille ans qu’on nous le dit. Mille ans qu’on parle de notre mort. Mais nous, nous ne sommes pas morts. Pas du tout. Nous sommes devenus de la terre. Nos cheveux sont des champs. Et notre corps est une caille ou un lièvre des champs (…) »
Voilà ce que déclamait en 1976 dans la langue de son père, l’occitan languedocien, la poétesse et chanteuse Maria Roanet dans son poème « Nòstra mòrt l’avèm talament luònta en arrèr » (Notre mort, nous l’avons tellement derrière nous »
Militante et symbole vivant de tous les combats de l’Occitanisme, Maria Roaunet est morte le 25 janvier à l’hôpital de Sant Africa (Saint-Affrique) dans le Rouergue, à l’âge de 89 ans.
Née à Béziers en 1936, Maria Roanet était la femme d’Yves Roquette, autre grande figure de l’Occitanisme.
Ecrivain prolifique et multiforme, Maria Roanet aura laissé derrière elle une oeuvre foisonnante, notamment marquée par son travail sur l’ethnographie et le patrimoine populaire et rural du Rouergue ou de la région de Béziers. Civilisation authentique et millénaire, marquée par la langue occitane, qui constitue l’essence de l’âme européenne, le Rouergue perd avec Maria Roanet l’un de ses troubadours les plus talentueux et les plus engagés.
Féministe à sa façon, Maria Roanet était surtout très ancrée dans la tradition rouergate, bien loin des hurluberlues criardes du wokisme actuel qui ont perverti la cause des femmes.
Avec son mari, elle avait participé à la création du CIRDÒC ou Centre Internacional de Recèrca e de Documentacion Occitanas.
Engagée à gauche à la mairie de Béziers, elle fut élue et déléguée au patrimoine de la ville durant quatre mandats. Le tout sans être membre d’un quelconque parti, car son combat était la civilisation occitane. Sans revenir sur son positionnement pro-socialiste, interrogeons-nous : Comme elle, combien d’occitanistes ou de militants bretons ou basques ont servi et servent encore de compagnons de route à la Gauche parce que la Droite et notamment le « camp national » professe un patriotisme désincarné, jacobin et a-identitaire ?
La reconquête morale de la France et de l’Europe ne pourra se faire qu’à travers les terroirs, la ruralité, la religion catholique (dans le respect des Protestants et des Israélites), les langues régionales et le fonds culturel millénaire de nos territoires. Pas avec un patriotisme français de type contractuel, niveleur et parisien.
Aujourd’hui tout le monde peut être français, mais seul les personnes enracinées dans le Rouergue rural ou le Béziers populaire d’avant le Grand Remplacement peuvent s’identifier à la profondeur et le message de l’oeuvre littéraire d’une Maria Rouanet.
Photo : copie d’écran INA
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2 réponses à “Décès de Maria Rouanet, grande figure de l’Occitanisme”
Une grande dame assurément.
J’ai beaucoup lu et aimé Marie Rouanet. Merci pour ce rappel et cette musique.