La voiture individuelle, longtemps symbole de liberté et de mobilité, est en train de basculer dans une autre catégorie : celle des dépenses devenues difficiles à assumer. Selon une étude publiée par l’assureur Leocare, réalisée auprès de 1 000 personnes représentatives de la population française adulte, 90 % des Français estiment aujourd’hui que posséder une voiture coûte trop cher. Plus encore, près d’un sur deux juge cette dépense « tout à fait excessive ».
Ce chiffre massif traduit une rupture nette entre le coût réel de l’automobile et le seuil d’acceptabilité budgétaire des ménages. Il ne s’agit plus d’un malaise diffus ou d’une inquiétude à venir, mais d’un constat largement partagé, y compris chez des automobilistes qui continuent pourtant à dépendre quotidiennement de leur véhicule.
Un budget automobile durablement sous tension
Le coût de détention d’une voiture s’est installé à un niveau élevé, devenu structurel. Selon les données généralement retenues par les associations d’automobilistes, il faut aujourd’hui compter entre 5 000 et 10 000 euros par an pour posséder et utiliser un véhicule, selon son âge, son usage et son lieu de résidence. Un budget mensuel compris entre 400 et 800 euros, soit bien au-delà de ce que de nombreux ménages considèrent comme soutenable.
L’étude Leocare montre que, pour une majorité de Français, cette dépense représente désormais une part significative du budget global. Pour près de deux tiers des répondants, la part consacrée à l’automobile a augmenté depuis 2020. Cette progression ne concerne pas un poste isolé, mais l’ensemble des composantes du coût automobile : carburant, entretien, assurance, stationnement, péages, financement à crédit ou en leasing.
Lorsqu’on interroge les Français sur le poste le plus contraignant, l’entretien et les réparations arrivent en tête, devant le carburant et l’achat du véhicule lui-même. Un Français sur cinq indique même avoir déjà eu recours à un crédit spécifiquement pour faire face à des frais de réparation ou d’entretien, signe d’une fragilisation croissante.
La voiture, d’usage quotidien à luxe contraint
Dans ce contexte, la perception de l’automobile a profondément évolué. Selon l’étude, 63 % des Français considèrent désormais la voiture comme un luxe, et 24 % comme un véritable fardeau économique. Seule une minorité la voit encore comme un simple outil pratique, sans charge excessive associée.
Ce basculement est d’autant plus frappant que, dans le même temps, plus de la moitié des répondants indiquent ne pas pouvoir se passer de voiture dans leur quotidien. La dépendance demeure forte, notamment hors des grandes métropoles, mais elle se conjugue désormais avec un sentiment de contrainte financière permanente.
Cette contradiction alimente une forme de « fatigue automobile » : la voiture reste indispensable, mais son coût est perçu comme disproportionné par rapport au service rendu et aux revenus disponibles.
Assurance auto : premier levier d’arbitrage… et de renoncement
Face à cette pression budgétaire, les automobilistes cherchent des marges de manœuvre. L’assurance automobile apparaît comme le principal levier d’ajustement. Près d’un tiers des Français déclarent avoir déjà réduit leurs garanties pour payer moins cher, et une large majorité estime qu’un budget d’assurance raisonnable devrait se situer entre 40 et 60 euros par mois, voire en dessous de 40 euros pour certains.
Or, les tarifs réellement pratiqués dépassent souvent ces seuils, en particulier pour les jeunes conducteurs, les familles ou les ménages résidant dans certaines zones. Ce décalage alimente des comportements à risque : selon l’étude Leocare, près de 28 % des Français ont déjà envisagé de rouler sans assurance pour alléger leur budget, et 9 % déclarent l’avoir déjà fait.
Un chiffre particulièrement révélateur de la tension financière qui pèse sur l’automobile, et des arbitrages de plus en plus radicaux auxquels sont confrontés certains ménages.
Une restriction d’accès déjà à l’œuvre
Contrairement à un discours souvent centré sur l’avenir — fin du thermique, électrification du parc, nouvelles normes — l’étude met en lumière une réalité plus immédiate : la restriction d’accès à l’automobile est déjà en cours. Un Français sur deux estime que la tendance actuelle va vers une limitation de l’accès à la voiture pour des raisons économiques, bien avant un abandon volontaire ou idéologique.
Près de 40 % des personnes interrogées affirment d’ailleurs constater concrètement cette restriction, que ce soit pour elles-mêmes ou dans leur entourage. Renoncement à l’achat, report du remplacement d’un véhicule, réduction de l’usage, dépendance accrue à des alternatives parfois peu adaptées : la fracture se creuse entre ceux qui peuvent absorber ces coûts et les autres.
Politiques publiques et décalage avec le pouvoir d’achat
Interrogés sur les politiques publiques en matière d’automobile, les Français expriment un regard critique. Une majorité estime qu’elles ne vont pas suffisamment dans le sens du pouvoir d’achat, et qu’elles privilégient certaines orientations technologiques sans répondre aux contraintes économiques immédiates des ménages.
Là où le débat public met l’accent sur la transition écologique et les choix industriels, l’étude Leocare souligne une autre réalité : pour une part croissante de la population, la question n’est plus celle du type de motorisation, mais celle de la capacité à continuer à se déplacer tout court.
Comme le résume Christophe Dandois, cofondateur de Leocare, le coût total de détention d’un véhicule est devenu un élément structurant du budget des Français. Selon lui, redonner de la lisibilité et de la maîtrise aux automobilistes, notamment sur l’assurance, constitue un premier levier pour desserrer l’étau financier.
Au fil des réponses, un constat s’impose : la voiture n’est pas seulement devenue chère, elle est devenue un marqueur de tension sociale. Indispensable pour travailler, se soigner, vivre hors des centres urbains, elle pèse de plus en plus lourd sur des budgets déjà contraints par le logement, l’énergie et l’alimentation.
Derrière les chiffres, l’étude Leocare dresse ainsi le portrait d’une France automobile fatiguée, coincée entre dépendance et renoncement, et confrontée à une équation de plus en plus difficile à résoudre.
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4 réponses à “Automobile : pour neuf Français sur dix, la voiture est devenue un coût insoutenable”
Avec des réglementations de plus en plus contraignantes , des taxes de plus en plus importante, des interdictions de circulations dans les villes , grandes et petites ; le but des écologistes de voir disparaitre la voiture individuel (sauf pour les plus riches et la classe dirigeante) est en passe de ce réalisé ; la France est en train de faire un bon en arrière de plusieurs années.
De même cela participe aux contrôles de déplacement des populations qui a ce rythme devront posséder sur eux un ausweise les autorisant de ce déplacer uniquement vers le lieu de destination et pour une durée fixe, tout écart sera passible de mauvais point sur sont carnet de citoyen.
Ce n’est pas près de s’arranger vu que l’Etat pioche dans les finances des français pour combler la dette que macron a fait enfler , au lieu d’agir sur les dépenses !
Dans les centres des grandes villes, les riches bobos (de gauche bien sûr ) se vantent de pouvoir se passer d’une auto, les bourgeoises allant acheter leur baguette en vélo électrique et accompagner à l’école leur gosse en cargo ! Les banlieusards et la Province sont obligés de se déplacer pour tout ( santé, écoles, Poste etc..) La voiture est souvent ancienne, rarement électrique voire diesel…En dehors du prix d’achat, l’auto , jadis symbole de liberté, est devenue une pompe à fric de l’ Etat sous forme de taxes, d’amendes, de pièges radars, de contrôles techniques etc…Le train est hors de prix et les RER ne sont plus fiables avec les pannes et les suppressions de rames.
dans mon village du morbihan, les vieux (dont je suis) doivent prendre leur vielle diesel pour aller aux points de collecte des ordures, situés trop loin pour y aller à pied, d’autant que si on (doit) trier, il faut en faire plusieurs, youpi ! et après, on doit rouler pour recharger la batterie qui n’aime pas les trajets courts…..insensé !