Pour l’UDB, avoir quelques adjoints permet de récupérer des indemnités. Ce qui permet de professionnaliser quelques cadres du parti. Ces élections municipales sont donc importantes pour ce petit parti qui n’est pas riche.
En 2024, à Brest, l’UDB discutait avec les Insoumis en vue des élections municipales de mars 2026. C’est ce qu’expliquait Fragan Valentin-Leméni, le sectaire de la section brestoise de l’UDB : « A Brest, nous travaillons en bonne intelligence avec les Insoumis au sein de plusieurs collectifs. Par ailleurs, lors des législatives, Pierre-Yves Cadalen [le député LFI de Brest] a su prendre de la distance avec l’idéologie jacobine. Il a soutenu l’enseignement bilingue dans l’école publique, l’organisation d’une réflexion pour l’inclusion de Diwan et d’un référendum en Loire-Atlantique. Toutefois, au vu du fonctionnement interne de LFI et des outrances de sa ligne incarnée par Mélenchon, on se pose des questions. » (Le Télégramme, Brest, mardi 15 octobre 2024). Donc l’UDB louche du côté de LFI… Un attelage régionaliste-jacobin qui étonne… Mais, si on raisonne politique politicienne, il s’agit d’un message envoyé au maire François Cuillandre (PS) : si le PS ne nous prend pas en considération, on peut aller voir ailleurs…
L’UDB cire les pompes du PS
Mais le réalisme – c’est-à-dire la promesse de places éligibles et de postes d’adjoints – l’emporte un an plus tard. Or, le « réalisme » s’appelle Parti socialiste et François Cuillandre, le maire sortant. Cette fois, la discussion a lieu avec le PS et débouche sur une alliance. Selon l’UDB, « cet accord prévoit des propositions ambitieuses qui concernent notamment les solidarités, la santé, la lutte contre les discriminations et contre le racisme, l’inclusion des personnes en situation de handicap ou encore la culture et la langue bretonne » (Le Télégramme, Brest, mardi 16 septembre 2025). Un programme qui ressemble davantage à celui d’un parti de gauche parisien qu’à une formation autonomiste. Afin que François Cuillandre comprenne tout le bien que l’on pense de lui, l’UDB souligne que « le Parti socialiste a l’expérience et la capacité à rassembler l’ensemble des composantes de la majorité municipale au sein d’une liste d’union de la gauche démocratique. » (Le Télégramme, Brest, mardi 16 septembre 2025) Bref, l’UDB ne demande qu’à se ranger sous la bannière de Cuillandre. Un mois plus tard, Tristan Foveau (PS), directeur de campagne, annonce que l’UDB rejoint « la gauche unie pour Brest avec François Cuillandre » (Le Télégramme, Brest, vendredi 19 décembre 2025)
L’UDB est mieux servie à Brest qu’à Saint-Nazaire
Il ne reste plus qu’à attendre la composition de la liste pour voir comment l’UDB sera récompensée de sa bonne volonté. Elle obtient trois places, alors que le PS hérite de 42 places éligibles – la liste compte 55 candidats. C’est le rapport de force qui décide… En n° 9, on trouve Fragan Valentin-Leméni, 43 ans, enseignant. En n° 28, Sandrine Migerel, 44 ans, monitrice éducatrice. En n° 54, Béatrice Le Bel, 67 ans, cadre administrative à la retraite (Le Télégramme, Brest, jeudi 15 janvier 2026). En cas de victoire, Valentin-Leméni a donc toutes les chances de devenir adjoint et Migerel conseillère municipale.
A Saint-Nazaire, les choses sont moins compliquées. Le maire sortant David Samzun ne présente sa liste « Saint-Nazaire, fraternelle, responsable et créative » que le 10 janvier. D’abord, pour ces élections municipales, il ne se déclare pas « PS » mais « divers gauche » – ainsi il n’a pas à réclamer l’investiture du parti et il fait ce qu’il veut. Ensuite, sur les 49 candidats, le PS en truste 20, tout en sachant que David Samzun et Chloé Le Bail sont des ex-PS. Les autres appartiennent à Place publique, au Parti radical de gauche et au Parti radical, ou bien sont sans étiquette. A la 37e place, on trouve Emmanuel Guéno, 29 ans, professeur de breton et surveillant de collège – c’est tout pour l’UDB. Avec le dossard 44 apparaît Patricia Crénéguy-Duval, 65 ans, fonctionnaire territoriale à la retraite, qui est étiquetée « association Avenir Bretagne » – appartient-elle au Mouvement breton ? Et comme les professionnels de la politique méritent de figurer sur la liste, la vingtième place est attribuée à Sophie Normand-Couder (PS), collaboratrice parlementaire du sénateur Philipppe Grosvalet.
A Nantes et à Rennes, l’UDB est obligée d’attendre
Pendant ce temps, à Nantes, Johanna Rolland (PS), n’a pas encore dévoilé la composition de sa liste. On sait seulement que l’union se fait dès le premier tour autour du Parti socialiste : Les Ecologistes, le PCF, Territoires 44, l’Après (Association pour une république écologique et sociale), le Parti radical de gauche, Génération écologie, le Parti animaliste, Debout !, Place publique et l’Union démocratique bretonne. Leurs adversaires communs : la droite et l’extrême droite. « Personne n’ignore que le Rassemblement national progresse et grignote du terrain élection après élection. Certaines des communes de la métropole n’y son pas étanches. On ne peut pas fermer les yeux sur les digues en train de sauter », souligne Johanna Rolland (Ouest-France, Nantes, vendredi 14 novembre 2025). Notons qu’habituellement, l’UDB dispose de quelques sièges dans la cité des ducs.
A Rennes, Nathalie Appéré (PS) s’est contentée d’annoncer officiellement qu’elle était candidate : « Je n’ai jamais fait mystère de mon envie de travailler pour les Rennais et les Rennaises. Mon énergie et ma détermination sont intactes, comme au premier jour(…) Cette liste compte des membres de douze formations politiques qui la composent, ainsi que des personnalités non encartées, représentant les différentes sensibilités de la gauche et de l’écologie à travers leur engagement associatif, professionnel ou citoyen. Des personnes qui ont des convictions solides » (Ouest-France, Rennes, jeudi 22 janvier 2026) L’équipe et le programme seront présentés le 2 février lors d’un meeting au Liberté. Bien qu’à Rennes, l’UDB soit très discrète sur le plan médiatique, il est impensable qu’elle ne figure pas parmi les « douze formations politiques ». D’habitude, elle obtient quelques élus sur la liste de la “gauche officielle“.
Bernard Morvan
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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