Les révélations se succèdent autour de l’affaire des crimes pédocriminels commis à Oudon, à une vingtaine de kilomètres de Nantes. Au cœur du dossier : Pierre‑Alain Cottineau, ancien militant de La France insoumise, assistant familial agréé et aide-soignant, aujourd’hui mis en examen pour des faits d’une extrême gravité. L’enquête met en évidence une série de dysfonctionnements institutionnels, notamment dans le traitement des signalements et les procédures d’agrément, alors que plusieurs alertes existaient bien avant son arrestation en septembre 2024.
Un signalement resté sans suite avant l’arrestation
Selon plusieurs éléments désormais versés au dossier, un signalement a été effectué auprès de la police dès juillet 2024, soit plus de deux mois avant l’interpellation du suspect. Un ancien compagnon de Pierre-Alain Cottineau avait alors indiqué avoir visionné une vidéo montrant des agressions sexuelles sur un très jeune enfant hébergé par l’intéressé dans le cadre de son activité d’assistant familial.
Ce signalement, enregistré dans un commissariat du Morbihan, n’a pas débouché sur une intervention immédiate. Quelques tentatives de contact auraient été effectuées, sans suite opérationnelle. Le dossier n’a été transmis à la gendarmerie de Loire-Atlantique qu’à la mi-octobre, soit après l’arrestation du suspect. Entre-temps, selon les enquêteurs, de nouvelles agressions auraient été commises.
Les faits reprochés à Pierre-Alain Cottineau concernent notamment des violences sexuelles commises sur plusieurs enfants très jeunes, parfois en réunion, avec des actes qualifiés par les magistrats d’« actes de torture ou de barbarie ». Une expertise psychiatrique réalisée dans le cadre de l’instruction décrit des faits correspondant à des orgies pédocriminelles, commises sur des victimes âgées de quelques mois à trois ans.
Les investigations ont révélé l’existence de vidéos de ces exactions, diffusées sur des réseaux pédocriminels en ligne. L’identification de certains contenus a été rendue possible grâce à une coopération avec Europol, permettant de relier des images à des victimes précises et de remonter jusqu’au suspect.
Un passé déjà marqué par des alertes anciennes
L’enquête révèle également l’existence d’un signalement bien plus ancien. À l’adolescence de Pierre-Alain Cottineau, sa mère avait alerté les services de protection maternelle et infantile après une agression sexuelle commise sur un enfant. Ce signalement n’avait pas donné lieu à une plainte formelle, ni à une procédure judiciaire. Aucune trace exploitable de cet épisode n’aurait été retrouvée lors de l’instruction de sa demande d’agrément comme assistant familial, instruite en 2023.
Cet agrément lui a permis d’accueillir à son domicile, dès décembre 2023, des enfants confiés par l’Aide sociale à l’enfance, dont une fillette handicapée, identifiée comme l’une des victimes dans ce dossier.
Le rapport psychiatrique versé à la procédure décrit un individu ne souffrant pas de maladie mentale au sens clinique, mais présentant un trouble de la préférence sexuelle avec pédophilie et sadisme, assorti d’une dangerosité qualifiée de majeure. Les experts concluent à une absence d’altération du discernement au moment des faits, excluant toute irresponsabilité pénale.
Lors des auditions, le suspect a reconnu progressivement certains faits, évoquant des pulsions anciennes et une absence d’empathie réelle pour ses victimes. Il aurait également tenté de mettre fin à ses jours en détention au printemps 2025.
Un réseau structuré et plusieurs mis en examen
L’enquête a permis d’identifier plusieurs complices, dont un ressortissant belge déjà condamné pour des faits similaires. Quatre autres hommes ont été mis en examen pour des chefs d’accusation comparables : viols aggravés sur mineurs, traite d’êtres humains en bande organisée. Les faits reprochés s’inscrivent dans une logique collective, organisée via des réseaux numériques.
À ce stade de l’instruction, au moins trois victimes ont été formellement identifiées, la plus jeune étant âgée de cinq mois au moment des faits.
Au-delà des faits criminels, l’affaire soulève des questions majeures sur les mécanismes de contrôle, la circulation de l’information entre services, et l’évaluation des risques dans les procédures d’agrément. Le profil public du suspect – militant associatif, ancien candidat politique, professionnel du secteur médico-social – n’a pas déclenché de vigilance particulière, malgré l’existence de signaux antérieurs.
L’instruction se poursuit sous l’autorité de l’Office mineurs. Les mis en examen encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Le dossier met en lumière, une fois encore, les conséquences concrètes de défaillances institutionnelles lorsqu’il s’agit de la protection des plus vulnérables.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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