Pour la première fois depuis près de 2 000 ans, les visiteurs peuvent à nouveau emprunter l’ancienne route des Pèlerins de Jérusalem, axe majeur de la ville à l’époque du Second Temple. Longtemps enfouie sous terre, cette artère monumentale reliant le bassin de Siloé au mont du Temple est désormais accessible dans son intégralité au cœur de la Cité de David.
Une artère centrale du Jérusalem antique
Datant du Ier siècle avant notre ère, la route des Pèlerins constituait l’axe principal par lequel affluaient des millions de fidèles venus célébrer les grandes fêtes juives au Temple de Jérusalem. Pavée de larges dalles de pierre, cette voie structurait la ville basse et accompagnait la montée spirituelle vers l’esplanade sacrée.
Les fouilles archéologiques ont révélé un espace intensément fréquenté, marqué par une activité commerciale dense. Pièces de monnaie, poids de marchands et tables de mesure en pierre témoignent de l’existence d’un vaste marché, où échoppes et étals bordaient la route. Cette « rue du marché » antique jouait un rôle essentiel dans la vie économique et religieuse de la cité.
Sous le pavement de la route, les archéologues ont mis au jour un canal souterrain initialement conçu pour l’évacuation des eaux. Ce passage fut réutilisé comme refuge lors de la Grande Révolte juive contre Rome, au Ier siècle.
Les vestiges retrouvés dans ce canal offrent un éclairage saisissant sur cette période dramatique : vaisselle domestique, lampes à huile en terre cuite, centaines de pièces antiques et même une épée de soldat romain. Autant d’indices des derniers jours de Jérusalem avant sa destruction par les légions romaines en l’an 70.
Une élite urbaine et un bâtisseur inattendu
Contrairement aux hypothèses anciennes, les recherches récentes montrent que ce quartier n’abritait pas une population modeste. Les habitations découvertes, ainsi que la qualité des infrastructures, indiquent que la route des Pèlerins traversait un secteur occupé par l’élite fortunée de Jérusalem.
Plus surprenant encore, les études archéologiques récentes attribuent désormais l’initiative de ce vaste projet urbain non pas au roi Hérode, comme on l’a longtemps pensé, mais à Ponce Pilate, gouverneur romain de Judée. Une conclusion qui renouvelle profondément la compréhension du rôle des autorités romaines dans l’aménagement de la ville sainte.
Une ouverture au public chargée de sens
Inaugurée officiellement en septembre 2025 lors d’une cérémonie réunissant de hautes personnalités israéliennes et internationales, la route des Pèlerins est ouverte au grand public depuis janvier 2026. Des visites guidées permettent désormais de parcourir ce chemin historique, offrant une immersion rare dans le Jérusalem du temps du Christ et des pèlerinages antiques.
Cette réouverture marque une étape majeure pour l’archéologie biblique et pour la compréhension de l’histoire religieuse et urbaine de Jérusalem, en reconnectant le présent à un itinéraire sacré emprunté pendant des siècles.
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Crédit photo : Koby Harati, archives de la Cité de David |
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