Voici un nouvel extrait de La Légende de la mort en Basse-Bretagne, recueillie par Anatole Le Braz, pour accompagner jour après jour les lecteurs de Breizh-info.
Il y a deux pèlerinages qu’il faut avoir faits au moins une fois, dans sa vie.
Le premier est celui de Loc-Ronan, le jour de la Troménie ; il faut faire trois fois le tour de la montagne sainte.
Le pèlerinage est manqué si l’on tourne la tête, fût-ce une seule fois, durant le parcours.
Il importe aussi de suivre exactement et pas à pas le trajet que faisait saint Ronan, sans omettre un détour, sans se laisser rebuter par fossé, broussaille ou fondrière.
Des gens qui accomplissaient la Troménie, isolément, pour leur compte, ont souvent entendu, sans voir personne, des frôlements dans les haies ou des bruits de pas sur les sentiers. C’étaient des âmes s’acquittant, après la mort, du pèlerinage qu’elles n’avaient pas fait de leur vivant.
Il arrive parfois que le mauvais temps empêche la grande procession de la Troménie de sortir. Mais en ce cas des cloches mystérieuses se mettent à sonner dans le ciel, et l’on voit un long cortège d’ombres se profiler sur les nuages. Ce sont des âmes défuntes qui accomplissent quand même la cérémonie sacrée. Saint Ronan les guide en personne et marche à leur tête, en agitant sa clochette de fer[151].
Le second pèlerinage obligatoire est celui de Saint-Servais (en breton Sant Gelvestr-ar-Pihan).
Si on ne fait pas, de son vivant, ce pèlerinage, on est condamné à l’accomplir après la mort. On emporte en ce cas son cercueil sur les épaules, et on n’avance, chaque jour, que de la longueur de ce cercueil.
Dans le mur de l’église de Saint-Servais s’ouvre une cavité profonde. C’est par là que, leurs dévotions terminées, les défunts rentrent sous terre. Il suffit de passer la tête dans l’orifice du trou pour entendre le frôlement des cercueils le long des parois et le bruit qu’ils font en dégringolant au fond des puits[152].
Quand on a fait vœu, pendant sa vie, de visiter un sanctuaire, on est tenu d’accomplir ce vœu après la mort, si on ne l’a fait de son vivant. Mais un défunt ne peut aller seul en pèlerinage. Il faut qu’il se fasse accompagner d’une personne en vie.
Il commence donc par se rendre, à l’heure des morts, c’est-à-dire vers minuit, chez l’un quelconque de ses proches. Il le réveille ou lui parle « à travers son rêve ».[153]
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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