La mort de Quentin Deranque, étudiant de 23 ans décédé après une violente agression survenue en marge d’une conférence à Sciences Po Lyon, continue de susciter analyses et prises de position. Dans un entretien accordé à un média concurrent, le directeur du laboratoire d’idées CERU et spécialiste des mouvements antifascistes, Olivier Vial, estime que ce drame s’inscrit dans une dynamique plus large de radicalisation de certaines franges de l’ultragauche.
Selon lui, l’affaire ne relèverait pas d’un simple dérapage isolé, mais d’une évolution plus profonde des modes d’action militants.
« Une montée en intensité de la violence documentée »
Interrogé sur la portée du passage à tabac ayant entraîné la mort du jeune homme, Olivier Vial affirme que « la mort de Quentin est la concrétisation dramatique d’une montée en intensité de la violence de l’ultragauche documentée depuis plusieurs années ». Il souligne également que l’enquête judiciaire a été requalifiée en homicide volontaire, ce qui, à ses yeux, marque un seuil supplémentaire dans la violence politique contemporaine.
L’analyste insiste sur un changement de stratégie de certains groupes antifascistes, qu’il décrit comme moins spontanés qu’auparavant et davantage structurés dans leurs actions. Il évoque notamment des pratiques de harcèlement, de fichage d’adversaires ou d’actions ciblées, traduisant, selon lui, le passage d’une violence réactive à une violence plus organisée.
La question centrale de la déshumanisation politique
Dans cet entretien, Olivier Vial développe une thèse centrale : la violence extrême serait favorisée par la déshumanisation de l’adversaire politique. Il déclare ainsi que « la mort de Quentin est le résultat de la déshumanisation des adversaires voulue par les antifascistes », estimant que certains militants en viennent à percevoir leurs opposants comme des ennemis moraux plutôt que comme des contradicteurs politiques.
Cette logique, explique-t-il, s’inscrirait dans une vision idéologique où l’adversaire est assimilé à une menace existentielle, ce qui pourrait, selon lui, faciliter le passage à l’acte violent. L’analyste parle même d’une « barbarie » liée à cette représentation radicalisée de l’opposition politique.
Un climat politique jugé propice à la conflictualisation
Olivier Vial établit par ailleurs un lien entre le climat politique général et la multiplication d’actions violentes. D’après lui, il existerait une forme de dynamique réciproque : la tension politique alimente les violences, lesquelles contribuent à leur tour à durcir le débat public.
Il évoque également un tournant observé depuis les années 2010 dans certaines stratégies militantes, avec une conflictualisation croissante de la vie politique et une défiance accrue envers les voies électorales traditionnelles. Cette évolution aurait conduit une partie de la mouvance radicale à privilégier des formes d’actions directes, parfois violentes.
L’entretien revient aussi sur le traitement médiatique et politique de l’affaire. Olivier Vial critique l’usage du terme de « rixe » pour qualifier l’agression, estimant qu’il atténuerait la gravité des faits. Il considère que, dans certains milieux politiques et médiatiques, il demeure difficile de reconnaître pleinement l’existence de violences issues de l’ultragauche, en raison d’un cadre idéologique où la violence serait traditionnellement associée à d’autres camps.
Il affirme également que la qualification politique de la victime pourrait participer, dans certains discours, à relativiser le drame, alors même qu’il souligne que Quentin Deranque n’avait, selon les éléments disponibles, commis aucun acte violent.
La Jeune Garde et les interrogations politiques
Enfin, l’analyste revient sur le rôle des groupes antifascistes organisés, notamment la Jeune Garde, déjà dissoute par les autorités en 2025. Il affirme que ce groupuscule jouirait d’une image controversée, y compris dans certains milieux militants, et évoque des liens politiques qui alimentent aujourd’hui les débats publics.
Dans un autre échange médiatique, Olivier Vial estime par ailleurs que la frontière entre extrême gauche et ultragauche se serait brouillée ces dernières années, pointant des proximités idéologiques et des stratégies communes de mobilisation.
Alors que l’enquête judiciaire se poursuit pour établir précisément les responsabilités individuelles dans la mort de Quentin Deranque, ce drame s’impose désormais comme un révélateur des tensions politiques actuelles et du niveau de radicalisation atteint par certains groupes militants, dans un contexte où la violence politique redevient un sujet central du débat public.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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