Invité d’un long entretien diffusé sur Ligne Droite en partenariat avec Omerta, l’avocat marseillais Michel Amas a livré un réquisitoire d’une rare violence contre le fonctionnement de l’Aide sociale à l’enfance (ASE).
Pénaliste de formation, il affirme être devenu, au fil des dossiers, l’une des figures les plus exposées de la défense des parents et grands-parents confrontés au placement de leurs enfants. Mais au-delà des contestations de décisions administratives, l’avocat va plus loin : il évoque un système « défaillant », générateur de drames humains et, selon lui, incapable de protéger les mineurs les plus vulnérables.
Des placements jugés abusifs
Selon Michel Amas, une large part des placements ne concernerait pas des situations de maltraitance grave ou d’abus sexuels intrafamiliaux, mais des conflits parentaux, des séparations conflictuelles ou des situations de précarité.
Il affirme que nombre de familles qu’il défend – y compris issues des classes moyennes ou de milieux favorisés – se retrouvent confrontées à des décisions qu’il juge disproportionnées.
L’avocat dénonce également un fonctionnement qu’il estime opaque : rapports transmis tardivement, impossibilité pour les familles d’obtenir rapidement des réponses judiciaires, absence de contradictoire effectif, et difficulté pour les grands-parents d’obtenir la garde des enfants placés.
Il plaide pour une réforme procédurale profonde : délais contraints pour les juges, accès anticipé aux rapports sociaux, possibilité d’imposer des thérapies familiales, et priorité systématique au placement intrafamilial.
Des accusations graves sur la protection des mineurs
Mais c’est sur un autre terrain que l’entretien prend une dimension explosive.
🔵 « On a 20.000 enfants qui sont livrés aux pédophiles, ça fait 400.000 consommateurs. Ils prennent un enfant, le mettent dans un AIRNB et le vendent. La plupart des consommateurs n’ont rien »
📲Entretien complet avec @michel_amas : https://t.co/fkDJh2uiSN pic.twitter.com/rBN9VOaHeN
— Radio Courtoisie (@radiocourtoisie) February 23, 2026
Michel Amas affirme que des mineurs placés seraient régulièrement victimes de violences physiques et sexuelles dans certains foyers. Il évoque également un phénomène de prostitution de mineurs issus de l’ASE, qu’il estime massif et structurel.
Selon lui, des réseaux criminels profiteraient de la vulnérabilité de jeunes placés, parfois en situation de fugue ou de rupture familiale, pour les exploiter sexuellement. L’avocat avance des chiffres élevés et parle d’une responsabilité politique et administrative engagée, estimant que les départements, compétents en matière d’ASE depuis la décentralisation, ne rempliraient pas leur mission de protection.
Ces affirmations, extrêmement lourdes, renvoient à un débat déjà ouvert par plusieurs rapports parlementaires et enquêtes journalistiques ces dernières années sur les défaillances du système de protection de l’enfance.
Michel Amas met directement en cause la gouvernance départementale de l’ASE, estimant que le système actuel manque de contrôle externe et d’évaluation indépendante.
Il annonce avoir engagé des procédures visant la responsabilité de certains présidents de département et appelle à un retour partiel de la compétence à l’État afin d’harmoniser les pratiques.
Parallèlement, il réclame un durcissement des poursuites contre les clients de prostitution de mineurs, estimant que la réponse pénale actuelle serait insuffisante et trop souvent réduite à des procédures rapides.
Un débat explosif mais nécessaire
Les propos tenus lors de cet entretien sont d’une gravité exceptionnelle. Ils devront être confrontés aux chiffres officiels, aux réponses des autorités concernées et aux travaux parlementaires en cours. Mais une chose est certaine : la protection de l’enfance reste un angle mort du débat public. Entre impératif de protection des mineurs réellement en danger et respect des droits des familles, l’équilibre apparaît fragile.
Les témoignages évoqués, qu’ils concernent des placements contestés ou des mineurs victimes d’exploitation, soulignent la nécessité d’un contrôle rigoureux, transparent et indépendant du système.
Dans un pays où près de 300 000 enfants sont concernés par des mesures de protection, la question ne peut être éludée.
Le débat est désormais ouvert.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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