Nantes : la police municipale lâchée dans les quartiers sensibles sans rien pour se défendre

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17/03/2017 – 12H35 Nantes (Breizh-info.com) – Au début du mois de février la police municipale de Nantes s’est vu confier la mission de quadriller les quartiers «sensibles»  de la capitale de la Bretagne. Une mission qu’elle peine à assurer, faute d’effectifs… et d’armes.

La police municipale se déplace dans les quartiers sensibles tous les jours de 8 à 11 heures, puis l’après-midi jusqu’à 19 heures. « On n’est pas armés, donc si on est pris à partie, on a la consigne de s’en aller tout de suite », nous explique un policier municipal, qui affirme que « jusqu’alors, il n’y a pas eu de problème, mais on fait très attention ».

Effectivement, après des tirs dans le nord du quartier de la Bottière (Pin Sec), le 23 février les agents de la police municipale se sont vus obligés de ne plus patrouiller dans le quartier. « Quand il y a des tirs, on ne va pas dans le quartier concerné trois ou quatre jours, le temps que les esprits se calment », nous confirme Laurent Desgens, délégué FO de la police municipale nantaise. La situation s’est reproduite, notamment avec le quartier de Malakoff, à 3 km de la mairie centrale de Nantes.

Déployer la police municipale dans les quartiers sensibles : la mairie a-t-elle péché par précipitation ?

Pour lui, « la municipalité est allée trop vite en nous envoyant dans les quartiers ». Pour deux raisons : « on nous avait promis de nouveaux matériels, notamment des gilets pare-balles, des matraques télescopiques, des caméras piéton, et on devait commencer avec. On a commencé sans, puisqu’ils ne sont pas arrivés ». A cela s’ajoute le fait que les policiers municipaux ne sont pas armés. Par ailleurs 20 policiers municipaux ont été recrutés, « mais il faut les former, ça prend 7 mois, plus les deux mois d’été où il n’y a pas de formation, donc pendant ce temps on ne les voit pas sur le terrain ».

En attendant le déploiement de la police municipale dans les quartiers, à effectifs constants,  »consomme » 8 à 12 policiers municipaux (en 4 à 6 patrouilles de 2) sur la trentaine qui peut être à l’extérieur. « Et encore, au maximum du maximum, s’il n’y a pas de malades, de congés ou de stagiaires en formation », précise Laurent Desgens. Il y a en tout 115 policiers municipaux, dont 9 brigades de 9 agents en patrouille à l’extérieur, soit 81 agents qui peuvent patrouiller dans les rues.

« Il y a trop de quartiers pour qu’on les fasse tous en une journée », nous précise un policier municipal. «On va dans les quartiers un jour sur deux, en gros », confirme Laurent Desgens, qui ajoute « ceux qu’on ne fait pas un jour, on les fait le lendemain ». Mais il faudra s’y faire, « plus il y aura d’agents dans les quartiers, moins il y en aura dans le centre-ville, car on a plein de missions annexes, par exemple dans le cadre de la tranquillité publique, on peut se retrouver à verbaliser une voiture gênante, on va dans les fourrières, on fait des opérations radar dans le centre-ville… bref ça fait moins de monde pour patrouiller en ville ! », bien que l’effet dissuasif de la police municipale, notamment sur la délinquance des marchés, soit réel.

« Bref, ce n’est pas que les agents de police municipale aient peur d’aller dans les quartiers sensibles », résume Laurent Desgens, « c’est qu’on veut le matériel adéquat. Y compris des armes, car pour l’heure, c’est vrai qu’il se passe rien. Mais le jour où… ce n’est pas un agent qui risque de rester au tapis, mais deux ou trois qui tomberont faute de riposte ».

Louis-Benoît Greffe

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  • VEL

    La loi (décret de 1985 modifié) fait une obligation aux élus locaux d’assurer la sécurité des fonctionnaires placés sous leur autorité et faillir à une obligation de sécurité peut conduire devant la justice pénale et être condamné même pour un élu local le Code pénal n’opérant aucune distinction en matière de responsabilité entre employeurs privés et publics. Ainsi aucun Elu ne peut sérieusement soutenir que la délinquance, la criminalité, le terrorisme ou simplement la folie des Hommes pourraient s’arrêter aux portes de leur commune ou de tel ou tel quartier, ni même nier que les policiers municipaux à la fois de part leur mission qui est celle de protéger les autres et le simple fait qu’ils sont parfaitement identifiables en raison du port d’ une tenue d’uniforme règlementée, les désignant comme les représentant de notre République, sont sans aucun doute exposés à des risques majeurs. A Nantes comme ailleurs ces élus qui persistent dans la négation, doivent savoir que tout sera mis en oeuvre dès lors qu’un policier municipal viendrait qu’à être blessé gravement pour que la justice ouvre une information judiciaire pour déterminer l’existence ou non de manquements à une ou plusieurs obligations de la loi en matière de sécurité des fonctionnaires qui pourrait être le fait de l’employeur public. Les syndicats professionnels ne peuvent se résoudre à accepter que les employeurs public échappent à leurs responsabilités en matière de sécurité au travail au même titre que les employeurs privés.

  • Ludo22

    Prévoir loin, commander court. Cette devise de base du stratège n’ est à l’ évidence pas connue de l’ équipe municipale nantaise. Elle n’ entrevoit pas l’ avenir, elle dirige au coup par coup, dans l’ urgence et la précipitation avec toujours un train de retard.
    Pourvu que les policiers municipaux n’ aient pas à en payer le prix.

  • WAUQUIER

    de toute façon, armés ou pas, ils ne tireraient pas, car ils seraient aussitôt condamnés par la justice pourrie acquise au délinquants!si vous voulez que çà change, votez marine, et là, la peur changera de camp!