14/12/2013 – 15H00 Le Poiré-sur-Vie (Breizh-info.com) – L’image se veut éloquente. Le ballon de l’économie vendéenne ne peut s’envoler comme il le pourrait si les chefs d’entreprise qui le pilotent n’étaient pas alourdis par les poids qui les freinent et risquent de les  jeter à terre : taxes, TVA, charges et impôts. Les associations patronales du département avaient donc appelé les chefs d’entreprise à se rassembler pour demander au gouvernement de « lâcher du lest » , suite à la multiplication des charges, taxes et impôts  supplémentaires qui se sont multipliés depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande. Une première en Vendée.
700 entreprises avaient répondu à l’appel,  le 29 novembre dernier, chiffre important quand on sait l’emploi du temps très chargé de leurs dirigeants. « Il en faut beaucoup pour les mobiliser dans une manifestation, mais de l’artisan au commerçant, du buraliste  à l’industriel, la situation leur a paru assez grave pour qu’ils viennent sacrifier quelques heures pour lancer ce cri d’alarme » dira un participant.
Pour l’occasion, la Chambre de commerce et d’industrie, le Medef, la CGPME , la FNSEA, la chambre des métiers et artisans, la chambre d’agriculture, L’Union des Industries Mécaniques de Vendée, la Fédération Nationale des transports routiers, la Fédération Française du Bâtiment, la Fédération des Travaux publics, l’Union des Métiers et des Industries de l’Hotellerie, les buralistes de Vendée s’étaient donc unis d’une même voix pour dénoncer les « dangers du matraquage fiscal et réglementaire », réclamer une baisse des charges et plus de liberté.
Au Poiré-sur-Vie, le ballon s’est élevé à plusieurs reprises symboliquement avec dans la nacelle, à tour de rôle, les différents représentants de toutes ces professions. Et à chaque fois étaient lâchés sous les applaudissement 4 sacs de lest aux intitulés symboliques : taxes, TVA, charges, impôts. Tous se sont retrouvés ensuite dans une salle voisine où chaque organisation disposait de quelques minutes pour évoquer un aspect des mesures qui, selon eux, handicapent les entreprises.
Ouvrant le feu, Philippe Bellate, du Medef Vendée, exposera l’inquiétude générale qui amène les forces vives du département à lancer « ce signal fort aux autorités, dans un geste citoyen pacifique mais grave ». Après une lecture de la lettre adressée au Préfet après l’entretien avec celui-ci du 18 novembre, il rappellera que si la Vendée a conservé jusqu’à présent le même taux de chômage depuis 2007, le nombre de dépôts de bilan a été multiplié par deux. La  forte détermination des dirigeants pour assurer l’avenir des entreprises – donc des emplois – se heurte en effet, selon lui, à un environnement administratif défavorable. Après avoir préconisé une réduction des dépenses publiques – selon lui « seule la création de richesses  procure des emplois » – le patron des patrons vendéens rappellera qu’à cause des mesures gouvernementales 12 points de compétitivité ont été perdus. Et de citer en exemple le coût horaire en France qui est de 35€ contre 21 en Grande Bretagne ; le taux de marge qui est de 28% en France contre 41% en Allemagne. Le coût, donc le prix des produits français est trop élevé, pas du fait de la productivité interne compétitive, mais du fait de toutes les charges et contraintes qui pèsent sur eux, affirme Philippe Bellate avant de conclure : « Il faut lâcher du lest ! ».
Isabelle Enfrin, de L’UIMV, prit ensuite la parole. Pour cette dirigeante d’une entreprise de mécanique de 20 personnes, une baisse du coût du travail est nécessaire. En 10 ans, alors que l’inflation progressait de 19%, le Smic a augmenté de 38%, soit le double. L’augmentation des charges aggrave cette situation : la « sécurisation de l’emploi »  représente à elle seule  4.4% de charges auxquels il faut ajouter le forfait social, la généralisation de la Prévoyance, la baisse des exonérations Fillon, la suppression des exonérations  sur les heures supplémentaires. La CGPME insiste sur les conséquences dramatiques des 35 heures et la difficulté pratique à l’appliquer dans des petites entreprises.
La FNSEA rappellera de son côté que l’Ecotaxe qui révolte les agriculteurs est la partie visible de l’iceberg des charges supplémentaires. Les productions agricoles sont compétitives mais dès qu’on transforme, on ne l’est plus. Les réglementations environnementales sont un étau qui serre de plus en plus fort. Alors que la demande de nourriture s’accroit dans le monde, la production française régresse car il faut produire moins pour respecter les règles environnementales.
Au nom des transporteurs, Philippe Rautureau crie halte au « mammouth administratif aggravé par le Grenelle de l’environnement ». Il rappelle que la part de marché longue distance  des transporteurs français diminue sensiblement face aux  transporteurs et chauffeurs étrangers qui envahissent nos routes.
Jacques Venant, du Bâtiment, évoquera les conséquences néfastes de la loi sur la pénibilité pour l’image et les contentieux  et réclame un retour à la réalité plutôt qu’à la doctrine. « Est-il plus pénible de travailler que d’être au chômage ? ».
Les autres intervenants poursuivront en apportant les exemples concrets des conséquences négatives de l’entassement des taxes, charges et réglementations. Certains comme Pascal Micheneau, représentant  les Travaux publics, alertent sur la baisse de chiffre d’affaires de 20 à 25% avec ses conséquences  sur l’emploi d’un secteur qui représente 3 500 salariés dans le département.
La manifestation se terminera autour d’un pot amical. On est en Vendée, artisans comme  industriels  échangent cordialement. Ils partagent les mêmes  préoccupations, ils feront tout pour maintenir leur dynamisme. Pour eux  il est temps, manifestement, que le gouvernement « lâche du lest ». Seront-ils entendus ?

Photo : Breizh-info.com
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