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Jean-Paul Brighelli, normalien, agrégé de lettres et militant pour une refondation de l’école, publie un nouvel ouvrage intitulé « Tableau noir ». Il y a dix ans, son livre « La fabrique du crétin » avait marqué les esprits sans susciter de prise de conscience au niveau de l’Education nationale. Cela incite à se demander quelles dispositions permettraient de mettre fin à la défaillance de l’Education nationale et de sauver les générations à venir d’un échec programmé.
Quelle est la situation actuelle de l’enseignement en France?
La langue française, les mathématiques, la grammaire et l’orthographe ne sont plus enseignées correctement. Cela donne des générations « écriture SMS ». Nombre d’élèves ne comprennent plus un texte ancien, méconnaissent l’ histoire et la géographie. Pour situer le niveau, il était demandé cette année au brevet des collèges professionnel quelle était la capitale de l’Italie, ce que presque tout le monde savait – y compris ceux qui allaient échouer à l’examen d’entrée en 6ème – en fin de primaire.
L’enseignement n’est plus basé sur le savoir et son acquisition. C’est le règne d’une certaine « Pédagogie », sorte de vérité révélée et imposée à tous. Il faut que l’élève se « sente bien », « progresse », « définisse son choix de vie », « évolue ». Ceci aboutit au règne de « l’enfant-roi » et au final du névrosé quand il sera confronté au vrai monde, impitoyable celui là.
L’apprentissage professionnel est dévalorisé alors que dès 12-14 ans, un enfant pourrait être orienté. Ceci ne l’empêcherait pas de poursuivre des études « tout au long de la vie », à l’exemple du système allemand.
Les diplômes sont dévalorisés. Il n’y a plus de classement voire même de note. Seul le « positif » doit être retenu (ce qui empêche toute progression).
L’idée de l’uniforme à l’école n’est-elle pas aussi à reprendre? Elle éliminerait toutes distinctions sociales apparentes. Il est de notoriété publique que l’apparence joue un rôle primordial chez les enfants.
Le respect du professeur et la sanction ont totalement disparu pour laisser place aux « profs potes » et au « tutoiement ». Comment les rétablir, quitte dans un premier temps à « secouer le cocotier ». On ne peut pas demander à des générations d’adultes de bien se comporter et d’être civilisé si on n’a rien exigé d’eux dans leur enfance. Ce qui ne signifie pas laisser le champ libre à l’autoritarisme, qui est le contraire de l’autorité.
Un ministère de l’Education nationale censé devrait travailler de concert avec les autres ministères pour choisir les filières à développer. Pour cela, il faut prévoir à long terme pour évaluer le nombre de scientifiques, de sociologues, de mécaniciens, d’historiens, de jardiniers, de professeurs etc…dont le pays va avoir besoin. Pourquoi ? Tout simplement pour éviter que des milliers de jeunes adultes arrivent à l’université en faculté de sociologie ou autres avec le chômage comme seul débouché. Sans oublier l’argent perdu par les familles et par le contribuable …
On devrait pouvoir mettre ses enfants dans une école confessionnelle, dans une école « sans discipline imposée », dans une école « stricte », dans une école « bilingue », dans une école « autogérée », dans une école « européenne »…ou dans toute sorte d’autres écoles. Elles pourraient au final remplacer les écoles dites « publiques » et permettre à chaque enfant et à chaque famille d’avoir l’enseignement qu’il/elle souhaite, du moment que les bases et les principes généraux d’apprentissage soient respectés.
Tel n’est pas le cas aujourd’hui. Les écoles dites « hors contrat » sont marginalisées au profit de l’enseignement public. Elles sont donc difficiles à trouver sur tout le territoire, même si la colère de nombreux parents à l’égard de l’Education nationale les pousse à fonder de plus en plus d’écoles libres.
L’élève est là pour, en harmonie avec sa famille, devenir un homme ou une femme, pas un robot au service d’un Etat, d’une économie ou d’une idéologie.
Une réponse à “Pour une autre Education Nationale [tribune libre]”
En effet, Mr Brighelli a raison sur tous les plans. voici en substance ce que nos formateurs et inspecteurs nous enseignent dans nos formations chèrement payées par le contribuable: « l’élève sait tout, il a une culture innée, ou acquise depuis qu’il lit des mangas, Harry Pother…, regarde la télé, écoute des documentaires, etc. » Il a des « compétences innées ». Pour se justifier, nos formateurs nous disaient qu’ il sait utiliser les mots de la langue française quand il parle, sait construire des phrases avec des COD, COI, etc.; donc, ça ne sert à rien de lui apprendre ces notions grammaticales.
On n’a pas besoin de lui apprendre le vocabulaire parce que le sien s’enrichira avec le temps. On n’a pas à lui faire voir comment est organisée la phrase française de base et comment celle-ci peut devenir complexe. Je me souviens d’une IPR de notre académie qui nous disait de ne pas corriger la mauvaise conjugaison des passés simples, qu’elle appelait: « passés simples folkloriques ». Elle mettait cela sur le compte de l’avancée inéluctable de la langue française. Nous étions tout simplement conviés à trouver des supports littéraires et artistiques ( images, films,…) qui devaient susciter la parole spontanée, émouvoir les élèves, etc. La conséquence de cette mascarade est que, les élèves n’étant plus cadrés intellectuellement, ils font n’importe quoi, bavardent, s’agitent,… En effet, le cadrage intellectuel induit un cadrage des attitudes; et si nos classes sont devenues invivables, c’est à cause de la pédagogie laxiste imposée des nos inspecteurs et formateurs de l’Education nationale.
Nos inspecteurs et formateurs mènent une lutte acharnée contre le savoir dont les objectifs à atteindre sont pourtant fixés dans les BO. Ces gens-là sont hors-la-loi et anti-républicains. Ce qui est révoltant, c’est qu’ils agissent en autonomie, sans rendre compte à personne.