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07/11/2014 ‑ 09H00 Saint-Nazaire (Breizh-info.com) – Depuis plusieurs jours une tempête politique locale est en train de faire rage autour de la modeste ville ouvrière de Trignac, d’où l’UMP a réussi à virer les communistes après 99 ans de domination sans partage aux dernières municipales. Beaucoup de monde semble découvrir l’évidence : l’UMP n’a pu y arriver sans le soutien du FN qui pèse un bon cinquième de l’électorat local.
La tempête a été provoquée par l’officialisation de la candidature de l’adjointe trignacaise Lydia Poirier aux côtés du chef de file du FN nazairien Jean-Claude Blanchard pour les cantonales de Saint-Nazaire Est. L’UMP locale a crié à la collusion, en reprenant les cris d’orfraie de la gauche (PS et PCF), le tout relayé avec complaisance par une certaine presse locale. Le bureau politique de l’UMP a voté à l’unanimité l’exclusion du maire David Pelon.
Contacté, ce dernier refuse de se départir de sa sérénité : « L’exclusion, ce n’est pas fait. Il faut que ça remonte aux instances nationales, c’est un processus long ». Cela dit, il fustige « le manque de courage de Gatien Meunier et ses mensonges : m’apprendre mon exclusion par la presse, ça c’est courageux ! Nous, on est des élus de barricades, on est sur le terrain et on s’adapte, alors que Meunier c’est un élu de salon. Qui est un vrai pro de la com’ en plus car il vient de faire une méga-pub au FN ».
Autre reproche du maire de Trignac : « Gatien Meunier et François Pinte étaient tout à fait au courant que pour gagner Trignac, il y avait des membres FN, mais aussi PS, EELV et front de gauche sur la liste. C’est eux qui m’ont obligé à me mettre UMP et donc ont menti aux militants. A l’époque, ils étaient bien d’accord de faire avec le FN» . Comme ils ont menti en annonçant de David Pelon, responsable de la 8e circonscription, était sous tutelle depuis six mois alors que la demande de mise sous tutelle n’a été faite qu’aujourd’hui.
Aux municipales, Gatien Meunier n’a pas hésité à négocier avec le PCF. « Le deal c’était David Pelon ferme sa gueule à Trignac et suscite des listes de droite à St Malo de Guersac et Saint-André des Eaux pour que le PCF garde Trignac et reprenne deux de ses anciens bastions », explique le maire de Trignac. « En échange, Pontchâteau restait à droite ». David Pelon a refusé, et l’UMP-44 est passée au plan B : prendre Trignac, fusse avec le soutien du FN. Cela dit, « marchander des militants si c’est de l’intégrité politique ça ! » s’émeut David Pelon. « C’est surtout une faute politique d’ampleur, donc si je dois être exclu, lui aussi doit être sanctionné avec moi, sinon ça fait deux poids deux mesures ». Une différence de traitement qui pourrait trouver son origine dans un règlement de comptes lié à l’avenir de l’UMP : si la direction de l’UMP 44 à Nantes (avec Pinte et Meunier) est un bastion filloniste, la droite dans le pays de Saint-Nazaire, dont David Pelon, est plutôt sarkozyste.
Selon nos informations, les instances départementales de l’UMP auraient même voulu voir cinq frontistes sur la liste à Trignac, mais le FN local n’a trouvé que deux volontaires. Par ailleurs, selon un habitué de la vie politique nantaise, « les instances UMP ont fermé les yeux sur la présence de frontistes dans plusieurs listes UMP du Vignoble. Même s’ils n’ont pas avisé le FN de leur choix et n’ont pas fait état de leur réelle appartenance, ils sont maintenant élus et c’est une véritable bombe à retardement ».
Dans les jours qui viennent, Lydia Poirier devrait retirer sa co-candidature aux cantonales FN sous l’étiquette FN. Jean-Claude Blanchard nous précise qu’il « trouvera quelqu’un d’autre. Cependant, elle ne s’attendait pas à cet ouragan de réactions ». Il s’empresse de préciser que « si elle est virée de son poste d’adjoint, je la reprends et on part au combat ensemble aux cantonales ». Une perspective qui semble chaque jour moins probable. Pour l’heure, David Pelon reste calme : « Au-delà de toute cette tempête superficielle, il y a Trignac. Et ici, elle n’est pas FN, elle est trignacaise. Comme moi je ne suis pas UMP, mais maire de Trignac. On est attachés à faire avancer la ville, ce qui n’est pas simple. On s’occupe du quotidien. Et puis à l’UMP, l’eau a le temps de passer sous les ponts d’ici les cantonales ».
Avec le retour probable de Sarkozy à la tête du parti, les jours de Gatien Meunier à la tête de l’UMP-44 ainsi que de toute son équipe qui n’a fait qu’accumuler les défaites depuis quinze ans semblent comptés. Ne serait-ce que parce qu’ils sont des soutiens fidèles à François Fillon.
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.
3 réponses à “Trignac : le maire David Pelon maintient Lydia Poirier (FN) à son poste d’adjointe”
ah ce FN ça fait parler, en avant tout doucement, mais surement,
Tant que les Bretons feront le jeu de la politique franco-parisienne, ils se feront avoir par l’état français! Votez breton, ou nous mourrons!
Les partis magouilleurs sont toujours là et on est loin des préoccupations des français! Il s’étonne ensuite que les français ne veulent plus d’eux au pouvoir. On comprend mieux le succès du FN qui n’a pas trempé dans ces magouilles.