A Trignac, l’ancien maire David Pelon – qui a viré les communistes en 2014 dès le 1er tour mais a lui-même été débarqué en cours de mandat et battu aux partielles de 2017 par un socialiste – souque dur pour rattraper le sortant PS Claude Aufort et reprendre sa mairie.

Le 15 mars, le socialiste Claude Aufort, maire sortant, a atteint 45.69%, talonné par David Pelon (23.77%) et deux autres listes de gauche dont les communistes planqués sous l’étiquette divers gauche (12.13%) en queue de peloton ; il y a eu 41.14% de participation, contre 56.1 au 1er tour en 2014. Quatre listes se représentent ce 28 juin. Nous avons interviewé David Pelon.

Breizh Info : David Pelon, avec quelle étiquette vous présentez-vous et sur quel programme ?

David Pelon : Pour reprendre Trignac à la gauche, avec une liste divers droite et avec comme objectif d’aménager le centre-bourg, sans oublier les quartiers bien sûr.

Breizh Info : Avez-vous adapté votre programme au Covid 19 ?

David Pelon : En plus du plan technique normal, je ferai un plan de gestion communal de crise, car nous avons eu deux mois et demi chaotique avec Claude Aufort ; par exemple, nous sommes 7000 habitants, on a eu 12.000 masques mais la mairie n’a fait aucune publicité et n’en a distribué que 3000 ; la municipalité reste assise sur un stock impressionnant de masques.

Breizh Info : Que pensez-vous de la gestion d’Aufort, qui semble favori suite à son score du 1er tour ?

David Pelon : Il a misé sur le Covid et la non-participation en espérant être réélu, mais il est passé à côté, du coup il a fait la tête après. Ici, beaucoup de gens l’appellent OuiOui ou Fantomas, c’est dire ; ils regrettent un peu M. Pelon, très extravagant dans ses paroles parfois, mais en action. Aufort, il fait des conneries mais il s’en fiche, il ne sait même pas ce qui se passe dans sa commune dont il a délégué la gestion au DGS et au directeur des services techniques ; il ne répond pas aux recommandés, il fait lambiner parfois depuis deux ans des gens qui ont demandé un rendez-vous pour des questions de voisinage ou de haies… moi je venais dans la semaine avec un agent, ça prenait une demi-heure et c’était réglé. Les gens se disent « on s’est fait couillonner en 2017 quand on s’est laissés convaincre de virer Pelon ».

Breizh Info : Mardi 23, 25 agents de la ville ont débrayé à l’appel de FO, comme quoi vous n’êtes pas le seul à connaître des déboires avec les agents municipaux…

David Pelon : Claude Aufort est odieux avec eux ! Il en a fait fuir ou dégoûté 12 ou 14 – moi en trois ans, j’en avais recruté 16. Il a viré aussi en 2020 les primes des agents en arrêt maladie, qui ont littéralement peur du DGS ; moi on m’a embêté avec ça, Aufort est socialiste, et hop ! ça passe comme une lettre à la poste. Il a même réussi à faire fuir le clan des cégétistes du comité technique paritaire, tout simplement en ne répondant pas à leurs questions – il y en a 25 ou 30 en attente, certaines depuis deux ans, ils en ont eu ras le bol, ils ont démissionné en bloc. Les chefs sont recrutés à la tête du client, les agents n’ont eu que des miettes.

Breizh Info : A Saint-Nazaire, certains ont du mal à comprendre que ce qui sert de droite et les centristes lâchés par LREM soutiennent la liste d’extrême-gauche de Pascale Hameau ; comment l’expliquez-vous ?

David Pelon : Si Mme Hameau passe, elle ne finira pas son mandat ; vu la composition de la liste, ils vont s’entretuer, c’est extrême sur extrême… il faut quand même gérer 1800 agents, la CARENE, et de toute façon ça ne peut pas être pire que Samzun…

Breizh Info : A Trignac, les communistes semblent avoir définitivement perdu la partie, avec à peine 12% au premier tour. Votre avis ?

David Pelon : Ils sont quatrièmes, Trignac a tourné la page ; je me souviens qu’ils avaient laissé des emprunts à taux variable que j’avais liquidé dès 2015. Avec 12% et 240 voix, c’est la fin du communisme. D’autant que ce sont des vieux de la vieille qui sont sur la liste, dont deux anciens maires, le Corre et Sabine Mahé, c’est leur dernier tour de piste.

Breizh Info : Après s’être planté à Saint-Nazaire après une campagne des municipales calamiteuse qui le laisse quand même en tête des listes de droite (7%), Gauthier Bouchet (RN) s’engage en vous soutenant, qu’en pensez-vous ?

David Pelon : On n’a pas d’encarté RN sur notre liste, mais Gautier, on s’entend bien à la CARENE, on essaie de porter le même combat, c’est-à-dire foutre à la porte les gauchos bobos. Je n’ai rien demandé, mais je le remercie, c’est sympa.

Breizh Info : en 2014 sur votre liste il y avait Roland Stal et Lydia Poirier, un temps adjointe au maire, que sont-ils devenus ?

David Pelon : Roland Stal n’habite plus la commune, il me semble, quant à Lydia Poirier n’est même plus adhérente du RN.

Breizh Info : Autre élection très disputée, la Baule, ou contre toute attente la plupart des élus de droite locale, notamment André Trillard ou le maire actuel Yves Métaireau soutiennent l’alliance entre Jean-Yves Gontier et le général de Zuchowicz. Qu’en pensez-vous ?

David Pelon : Gontier, on ne peut plus dire qu’il n’est pas de droite, vu sa photo bras dessus, bras dessous avec Edouard Philippe ; puis c’est aussi l’alliance de l’ancien et le jeune [Gontier] pour lui mettre le pied à l’étrier pendant un mandat, pourquoi pas ? Disons que Louvrier est un parachuté aussi, comme Alain Doré qui a été expédié au Pouliguen avec l’objectif de le récupérer dans le giron baulois, car c’est le port du Pouliguen qui est l’enjeu du débat – mais ce n’est pas sûr qu’il gagne [le centriste Norbert Samama est en tête du 1er tour, Alain Doré n’a pas su nouer d’alliance], les gens du Pouliguen ne sont pas dupes au sujet de Doré.

Breizh Info : Vous avez dénoncé pendant votre campagne la collusion entre la liste Aufort et certains élus nazairiens, voire la presse locale. Qu’en est-il ?

David Pelon : La cabale de la presse locale contre moi de 2014 à 2017 n’était pas un hasard : sur la liste de Claude Aufort, il y a notamment le correspondant local de l’Echo de la Presqu’île, Stanislas Fonlupt [13e place] qui est gestionnaire au collège de Trignac et dispose de ce fait d’un logement de fonction sur la commune… alors qu’il habite à 1 km de là à Penhoët [où il a ouvert une maison d’hôtes, dont l’Echo de la Presqu’île a largement fait la pub en 2015] De même, en 2017 Claude Aufort a pris sur sa liste Capucine Hauray, qui est certes infirmière sur la commune, mais qui habite Saint-Marc à 11 km d’ici, de l’autre côté de Saint-Nazaire, et est candidate sur la liste de Pascale Hameau maintenant à Saint-Nazaire [en 7e place] A Trignac, elle a été adjointe et élue à la CARENE pendant deux ans, merci les contribuables ! On peut quand même trouver assez de trignacais pour monter une liste… mais Aufort préfère des gens qui ne vivent pas à Trignac et qui ne défendent pas notre ville car ils n’en ont rien à faire…

Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe

Illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine