« L’UDI milite pour la réunification de la Bretagne ». Entretien avec Michel Canevet, sénateur du Finistère

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05/02/2015 – 09H00 Plonéour-Lanvern (Breizh-info.com) – Alors que la campagne pour les élections départementales a déjà commencé officieusement, nous avons souhaité interrogé Michel Canevet, maire de Plonéour-Lanvern (29), sénateur du Finistère depuis 2014 et conseiller général sortant . Il a été désigné officiellement par son parti, l’UDI, pour être tête de liste UDI aux prochaines élections régionales si aucun accord n’était trouvé avec l’UMP.

Breizh-info.com : Dans quel état se trouve l’UDI Bretagne à quelques mois d’échéances électorales importantes ?

Michel Canevet : L’UDI est un parti récent, lancé à l’automne 2013. Il se porte bien, ayant réussi à fédérer les micro-partis centristes créés depuis 2002. Car aujourd’hui, la vie politique ne peut se satisfaire de petits partis.
La démarche de rassemblement initiée par Jean louis BORLOO était donc pertinente. L’UDI se renforce progressivement en Bretagne et cela s’est traduit en septembre 2014 par l’élection de deux sénateurs UDI sur les 5 sénateurs du centre et de droite dans la région, conséquence des évolutions politiques intervenues lors des élections municipales de mars 2014.

Breizh-info.com : Quel bilan tirez-vous de l’année 2014, pour la France, la Bretagne, le Finistère mais aussi pour l’UDI ?

Michel Canevet : En 2014, l’UDI s’est consolidée lors des élections municipales de mars, et surtout a été le groupe ayant le plus progressé au Sénat lors des élections de septembre 2014 (+ 30% des effectifs),  permettant de faire changer la majorité sénatoriale.  En Bretagne, l’UDI est maintenant un acteur politique très présent et notamment en Finistère où l’UDI détient l’un des 2 postes de parlementaires du Centre et de la Droite.

Breizh-info.com : Allez-vous jumeler la campagne des cantonales et des régionales ?  Quelles seront les thématiques principales ?

Michel Canevet : Hélas, les élections ne sont pas jumelées, comme cela était envisagé. C’était la logique, mais les calculs électoraux ont prévalu sur le calendrier.

Parmi les thématiques principales à aborder lors de ces échéances, il y aura notamment celle relative  à la dimension de la Région. L’UDI milite pour la réunification de la Bretagne, car il s’agit de donner du sens et de la cohérence à la politique régionale.
L’UDI souhaite aussi poursuivre les programmes de désenclavement de la Bretagne, par une action soutenue sur le ferroviaire au-delà des travaux en cours entre RENNES et PARIS.
La dénivellation des passages à niveau est, de ce point de vue, une priorité d’action afin de permettre d’élever les vitesses de circulation et de sécuriser  les circulations ferroviaires et automobiles. L’aménagement numérique est aussi au cœur des thématiques de l’UDI en donnant la priorité à l’équipement de l’ouest de la Bretagne.
D’autre part, le développement économique doit être intensifié afin de répondre aux enjeux de l’emploi en région et de favoriser l’émergence de projets dans un contexte de frilosité des établissements bancaires. A cet égard, le recours à l’épargne populaire et la mobilisation des établissements mutualistes seraient de nature à permettre le financement des projets économiques en utilisant en priorité les dispositifs de prêts sans intérêt plutôt que les subventions.

Breizh-info.com : Alors que la société française, inquiète pour son avenir et son identité, se tourne vers sa droite, quel est le rôle du centre aujourd’hui ? N’y a t-il pas une forme d’angélisme, notamment sur les  questions d’immigration, de sécurité, thématiques qu’on a l’impression que vous n’abordez pas ?

Michel Canevet : Le Centre est le seul mouvement politique à même de sortir notre pays de la situation dégradée dans laquelle il se trouve. Parce que nous devons rassembler toutes les forces politiques souhaitant faire avancer la France.  Les questions sécuritaires demeurent bien entendu dans nos préoccupations car la République a besoin de citoyens libres, mais protégés dans leurs libertés.

S’agissant de l’immigration : de par ses traditions, la France demeure une terre d’accueil. Pour autant, nous ne devons pas nous cantonner à une gestion quantitative des flux migratoires. C’est pourquoi l’UDI promeut une politique d’immigration lucide, qui s’interroge sur l’origine des flux, les anticipe, et propose des solutions concertées au niveau national et européen.  Tout en garantissant la dignité humaine, la formation centriste est favorable à une application stricte des objectifs de lutte contre l’immigration clandestine.

Par ailleurs, nous restons convaincus que l’immigration doit s’accompagner d’une intégration réussie et durable. Or nous savons que la France a encore beaucoup à faire sur la question de l’intégration.

Breizh-info.com : La réunification bretonne sera également au centre de votre campagne visiblement : quels engagements prenez vous auprès des Bretons ?

Michel Canevet : Dans un contexte de réforme territoriale, la majorité socialiste a raté l’occasion de créer des régions ayant du sens pour leurs habitants. Car en organisant une consultation de la population, on aurait constaté une volonté de faire évoluer nos frontières régionales tout en conservant un périmètre territorial permettant de mener des politiques d’aménagement et de développement avec une certaine proximité. Au lieu de cela, c’est un schéma purement théorique qui a été décidé.

A l’occasion des prochaines échéances électorales, nous devrons être mobilisés pour faire avancer cette idée de l’évolution de nos frontières régionales, par l’exercice du droit d’option ouvert par la loi.

Breizh-info.com : Pensez-vous que l’hégémonie du Parti socialiste en Bretagne touche à sa fin en ce début d’année 2015 ?

Michel Canevet : L’hégémonie socialiste demeure forte en Bretagne, où ce parti contrôle les principales agglomérations, Rennes, Brest et Lorient par exemple.
Dans le Finistère, il est clair que l’on arrive au terme d’un exercice du pouvoir relativement long – 17 années – durant lesquelles notre département ne s’est pas suffisamment préparé et adapté aux défis qui nous  touchent.

Breizh-info.com : Nous enquêtons beaucoup sur les subventions liées aux associations distribuées par les mairies, les conseils généraux ou départementaux : pensez-vous que les associations – dont le fondement est pourtant le bénévolat ou l’autofinancement – doivent être subventionnées par le contribuable, y compris lorsqu’elles servent des intérêts particuliers ? (association culturelles, associations religieuses, association de défense des clandestins …) ?

Michel Canevet : Le soutien à la vie associative est important, a fortiori dans une société de plus en plus individualiste, car les associations permettent d’organiser des activités pour la population et favorisent la vie en collectivité. Elles assurent donc un rôle social et humain important qui justifie leur financement par la collectivité et ce dès lors qu’elles sont ouvertes et accessibles à tous.

En revanche, dès lors qu’elles servent des intérêts particuliers, il n’appartient pas aux collectivités publiques de les financer.

Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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2 Commentaires

  1. Le droit d’option ? Une parodie de démocratie et tout le monde en est conscient, y compris les politiques. L’UDI favorable à la réunification ? Allez demandez aux candidats UDI qui vont se présenter dans les Pays de la Loire (fausse région) ce qu’ils en pensent ? Cet interview est beaucoup trop politique pour être honnête.

  2. Il faudra que Mr Canevet nous explique comment notre système économique pourra intégrer des millions d’immigrés (300000 par an environ; depuis 1983 la population a augmenté de 10 millions de personnes alors que le taux de fécondité est resté inférieur ou égal au seuil de remplacement de 2,1; l’augmentation de la population est donc liée aux seuls immigrés), dans une économie qui se robotise et qui se robotisera de plus en plus. Les sociétés occidentales ne génèrent plus d’emplois nécessitant qu’une faible qualification et, désormais, de nombreux emplois qui étaient occupés par des gens qualifiés voire très qualifiés sont de plus en plus fréquemment robotisés. Aux Etats-Unis, l’économie en croissance depuis plusieurs années ne génère plus d’emplois; il n’y a jamais eu aussi peu de personnes au travail dans ce pays depuis cinquante ans alors que la population a augmenté considérablement (d’où la marginalisation croissante de dizaines de millions d’américains qui comptent sur les soupes populaires et les tickets d’alimentation pour survivre).
    La disparition du travail du fait de la robotisation (les robots coûtent désormais beaucoup moins cher que les hommes et travaillent sans relâche) va nous poser un très gros problème parce que le travail était la clef de répartition des richesses; il va nous falloir inventer un nouveau modèle social et économique.
    Le travail va devenir une denrée rare et il n’y a plus du tout de place pour les immigrés dans notre système économique. Mr le Sénateur Canevet se berce d’illusions.

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