Halalgate et faux halal. Doux et les volaillers bretons en première ligne

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25/02/2015 – 07H00 Châteaulin (Breizh-info.com) – Alors que Charles Doux, fondateur du groupe du même nom, s’est éteint il y a une semaine, voilà une affaire qui pourrait à nouveau bouleverser l’économie bretonne dans les prochaines années : le site d’information musulmane Al Kantz a révélé le 22 février dernier que le groupe Doux serait impliqué dans une tromperie massive du consommateur musulman au faux halal. S’appuyant sur le livre de Bernard Godard – un ancien policier des Renseignements généraux devenu le «Monsieur islam» du ministère de l’Intérieur – intitulé « la question musulmane en France »  paru chez Fayard cette semaine, Al Kantz voit ainsi ses nombreuses enquêtes sur le « Halalgate » se confirmer, jours après jours.

« Dans un passage du livre, en librairie dès demain, Bernard Godard aborde donc la question du marché du halal, évoque l’association Asidcom, AVS et d’autres. Il cite alors l’exemple de Doux et un extrait d’une note confidentielle qui sonne comme un aveu cinglant de la fraude massive que le géant français de la volaille entretient depuis près d’un demi-siècle en toute impunité. » explique Al Kanz, extrait à l’appui.

« De son côté, Doux, dans une note confidentielle, souligne sans ambages les conséquences de l’abandon de l’électronarcose et de l’abattage mécanique (particuliers aux volailles) : « La mosquée de Lyon accepte l’anesthésie réversible qui est pratiquée chez Doux (pas AVS), mais pas l’abattage mécanique (AVS non plus) ; or il apparaît extrêmement compliqué de faire du saignage manuel aux cadences industrielles pratiquées chez Doux, en dehors du fait que le saignage serait certainement mal réalisé (ce qui est contraire au halal), qu’il n’y a pas la place physique de placer les sacrificateurs, qu’il faudrait recruter 160 sacrificateurs sur l’ensemble du groupe (30 par équipe à Châteaulin sur 3 équipes, 16 équipes à Chantonnay, et 11 par équipe à Plouray). […] Soit 9 et 20 millions d’euros de surcoût annuel, ce qui serait délirant mais suicidaire, car financièrement insupportable : donc la mort de tout l’export français. » Source : La Question musulmane en France, Bernard Godard, février 2015, Fayard.

Tilly Sabco impliqué ?

A noter qu’Al Kantz cite également Tilly Sabco parmi les entreprises qui tromperaient le consommateur. « Nous n’avons cessé d’alerter les autorités, notamment sur le retour de bâton dévastateur sur la filière viande française si les consommateurs des pays musulmans prenaient réellement conscience qu’ils étaient trompés par Doux, mais aussi Tilly-Sabco, Sabvel et bien d’autres pour les autres secteurs bovins, ovins, etc. Le couperet tomberait immédiatement sans sauvetage possible : les consommateurs musulmans cesseront d’acheter Doux, mais aussi français, et c’est tout un pan de l’agriculture française qui sombrerait dans un marasme jamais connu. »

L’économie du Halal prend de telles proportions en France et en Europe qu’une véritable guerre économique, mais aussi idéologique s’est progressivement mise en place. D’un côté, des producteurs de volaille prêts à tout pour sauver des emplois au sein de leurs entreprises – Doux et Tilly Sabco sont dans l’oeil du cyclone, et cela malgré les reprises et les changements de cap – de l’autre, un consommateur musulman qui attend – à juste titre – une transparence sur ce qu’il y a dans son assiette.

« Un morceau sur deux est abattu de manière rituelle »

Une transparence que les consommateurs français non-musulmans sont également en droit d’attendre de la part des industriels et de l’Etat. La journaliste d’investigation Anne de Loisy, qui vient de publier un ouvrage choc intitulé « Bon Appétit » sur les sombres réalités de l’industrie de la viande en France et notamment sur l’ampleur que prend l’abattage rituel en France, affirme « Suivant certains endroits, les éleveurs n’ont pas d’autres choix que de faire abattre leurs bêtes de manière rituelle : halal ou casher. Si un éleveur d’Ile-de-France veut faire étourdir ses bêtes, il devra sortir du département et parcourir 380 kilomètres de plus. Désormais, quand on mange de la vache, un morceau sur deux est abattu de manière rituelle. C’est 95% pour l’agneau et entre 20 et 40% pour le poulet . » ( Paris_Match )

Et la journaliste de confirmer le rapport confidentiel sorti en 2012 sur les réalités de l’abattage rituel en France. Une forme d’abattage que des associations, comme la fondation Brigitte Bardot ou encore Vigilance Halal, veulent voir interdire en France.

Au final, consommateurs musulmans et consommateurs non-musulmans se retrouvent tous pris en otage de la féroce concurrence que se mènent les tenants de l’industrie de la viande à travers le monde. Des otages qui – ne partageant pas les mêmes valeurs culturelles et spirituelles – ne peuvent se retrouver sur le mode d’abattage unique, faux halal universel mais vraie tromperie mondialisée.

 Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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2 Commentaires

  1. « ….le consommateur musulman est lésé »….elle est bien bonne et nous on est pas lésé peut être par tous ces envahisseurs qui imposent leur méthodes barbares sur notre sol?le pire est dans l’autre sens :que se soit nous qui achetions du hallal non étiqueté hallal,rien n’est décidément compatible même la bouffe!

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