Polype nasal

10/03/2015 – 07h00 Bretagne (Breizh-info.com) – Dès l’adolescence, le Breton Bertrand Waterman a régulièrement des problèmes de sinus qui sont alors attribués à sa pratique intensive des sports nautiques. Mais à 28 ans, le diagnostic de la polypose nasale est établi. A 32 ans, Il se fait opérer dans une grande clinique parisienne par un professeur renommé.

Bertrand est alors dans la force de l’âge. Marié et père de 2 enfants, il consacre du temps à sa vie de famille. Il est également cadre supérieur dans une entreprise multinationale. Un travail exigeant pour lequel il voyage, rencontre des cultures différentes, analyse et résout des problèmes complexes tous les jours. Dès qu’il le peut, il s’adonne à sa passion pour les sports nautiques.

A 37 ans, Il rechute lourdement. Epuisé, atteint en stade 4 aux 4 sinus, il perd le sommeil pendant 6 mois ainsi que 10 kg. Mais il refuse une 2ème opération et se lance dans des recherches personnelles approfondies. Il fait appel à sa ténacité et à son esprit critique pour explorer toutes les options qui se présentent à lui. Il utilise sa force de conviction pour avoir des échanges approfondis avec les médecins. Il lit de nombreux livres et témoignages, en Français et en Anglais.

Le résultat de ses enquêtes est publié dans deux ouvrages disponibles en format e-book, le premier consacré à la polypose nasale et le second consacré au problème des sulfites, largement mis en cause par les personnes atteintes de polypose nasale, mais aussi d’autres maladies.

Nous avons interrogé Bertrand Watermann à propos de son enquête, de ses recherches et de la fiabilité de ce qu’il avance.

Breizh-info.com : sur Internet fleurissent les sites ou les ouvrages faits par des particuliers, ni scientifiques, ni médecins, ni techniciens, sur des sujets pourtant bien techniques et scientifiques.
Quelles ont été vos sources pour vos recherches , qui sont quasi universitaires ? Comment prouver le sérieux de vos deux études ?

Bertrand Waterman : Je ne qualifie pas mon travail d’étude, et encore moins de scientifique. Mon travail est un témoignage approfondi de patient.
Si les médecins connaissent des centaines de maladies, nous patients en connaissons une en profondeur car nous vivons avec tout le temps, c’est la nôtre.
Cette expérience, couplée à une bonne écoute et à un esprit rationnel, m’a fait mettre en résonance pas mal de sujets, pour produire ce travail
Ce dernier est  une coupe horizontale de plusieurs sujets (alimentions, allergie, protocoles de la médecine, comportement, industrie agro alimentaire, lois et réglementation …) qui vient compléter le travail des médecins qui sont plutôt focalisés sur l’analyse en profondeur d’un sujet étroit.
Je prends soin dans mes livres de bien préciser que je ne suis pas médecin mais un simple patient.
Mon travail n’a pas vocation à être une étude scientifique et statistique, mais une exploration transversale dans le but d’ouvrir des portes. Mont travail est aussi éducatif pour expliquer des choses à faire que les médecins n’ont plus le temps d’expliquer en 10 minutes de consultation.

Breizh-info.com :  Comment expliquez-vous la volonté des médecins généralistes ou spécialistes de s’en tenir souvent aux conséquences, sans chercher à traiter les causes. N’est-ce pas là en contradiction totale avec la recherche de la santé ?
Dans le cas de la polypose nasale, pouvez vous nous expliquer brièvement ce qu’est cette maladie, comment elle se soigne .

Bertrand Waterman : Il y a deux types de médecins: ceux qui cherchent et ceux qui exécutent. Tous évoluent dans un système de santé dans lequel la maladie est une opportunité pour tout le monde de gagner sa vie, sauf pour le patient.
Les dépenses de santé font d’ailleurs partie du PIB. Notre système, qui fait certes des miracles, tourne quand même autour d’un principe assez bizarre: c’est très bien d’être malade tant qu’il existe une pilule pour vous soigner.
Maintenant, un ORL qui a 10 minutes à vous consacrer pendant une consultation ne va pas les utiliser pour vous expliquer le rôle de l’alimentation et vous convaincre de changer, ce serait trop long. Il va vous prescrire des médicaments.
Je cite wikipedia:  La polypose naso-sinusienne (PNS) est une maladie affectant les sinus du visage. C’est une maladie inflammatoire chronique. Elle se traduit par une congestion des muqueuses nasales et sinusiennes : pour des raisons mal connues qui peuvent être liées à une allergie, la muqueuse des sinus s’épaissit par multiplication anormale de cellules, (comme dans la maladie asthmatique), pouvant entraîner selon le stade évolutif une gêne respiratoire, voire une perte d’odorat (anosmie) si la fente olfactive est atteinte. De multiples polypes peuvent apparaître, réalisant de véritables grappes muqueuses se développant dans les cavités nasales.

Le traitement classique consiste en la prise d’antihistaminiques au long cours, éventuellement d’un spray coricide local, et la prise de coricide et d’antibiotiques 4 fois par an maximum. Quand cela ne suffit pas, c’est la chirurgie qui est proposée, avec le risque d’accélérer l’inflammation et de nécessiter de multiples chirurgies.

Breizh-info.com :  Quelles découvertes avez vous faites lors de votre enquête sur les sulfites ? N’est-ce-pas un produit néanmoins nécessaire à la conservation des aliments que nous mangeons ? Comment et pourquoi  vivre sans sulfites, dans une société où la liste d’aliments en contenant est immense ?

Bertrand Waterman : Spécifique à la France, la conversation sur les sulfites est monopolisée par les grands industriels du vin.
Ceux qui doivent exporter un vin qui a toujours le même goût aux 4 coins de la planète. C’est du très gros business, le 2 ème secteur à l’export après l’aviation ! Et cela ne peut pas marcher sans sulfites. A coté de cela, vous avez les petits producteurs locaux qui savent faire du vin avec beaucoup moins de sulfites, voire pas du tout. Malheureusement, ce sont les industriels qui disposent du plus gros budget de communication pour nous expliquer que les sulfites, c’est naturel comme le soufre. Tiens donc !
Les sulfites sont indispensables a l’industrie alimentaire, pas aux aliments. Nous ne pouvons pas nous passer des sulfites dans une logique industrielle où nos aliments voyagent sur de longues distances, sont transformés dans des usines et doivent être prêts à consommer pour l’acheteur. Maintenant, il existe un autre modèle par l’agriculture de proximité qui permet de faire  moins appel aux conservateurs et autres produits chimiques.
Je crois en Hypocrate qui disait « ton alimentation est ta première médecine ». Mangeons simple, frais, local. pour être en bonne santé.
Breizh-info.com : Pourquoi avoir publié vos livres uniquement en format ebook ? Pourquoi ne pas les faire éditer ?
Bertrand Waterman : Mes livres concernent trop peu de lecteurs pour correspondre au modèle du livre papier. L’eBook est une opportunité fantastique de faire vivre des contenus comme les miens, qui sinon ne verraient jamais le jour.
Breizh-info.com : avez vous d’autres projets par la suite ? Quels sont les retours sur vos ouvrages, y compris dans la communauté scientifique et médicale ?
Bertrand Waterman : Les retours de patients comme moi sont un plaisir immense, celui de changer la vie de quelqu’un pour le meilleur. Certains m’ont mis les larmes aux yeux. Les retours des médecins sont de deux types:
– les médecins exécutant de la connaissance médicale n’apprécient pas mon travail qui les bousculent dans leurs certitudes. Les médecins sont formatés par la pensée scientifique et traitent parfois avec mépris un travail comme le mien.
Nous savons pourtant maintenant que les bases statistiques de la pensée scientifique sont très fragiles, et leurs certitudes avec. Ils ont par ailleurs une attitude souvent condescendante avec leurs patients. Je peux vous dire que je leur ai donné du fil à retordre.
– les médecins qui font de la recherche: ils apprécient beaucoup plus mon travail car ils sont de nature curieuse et font preuve d’une grand humilité, deux qualités à mon sens indispensable pour innover et inventer. J’ai été largement félicité par le docteur Martine Drouet, chef du service allergo du CHU d’Angers, et grande spécialiste des sulfites. Je connais également trois autres médecins atteints de polypose qui m’ont aussi fait un excellent retour et recommandent mon travail.
Je continue d’animer les deux sites internet. Je projette de mettre à jour mes 2 livres une fois par an, afin de continuer de faire progresser les connaissances sur ces 2 sujets.
J’ai quelques autres projets de livre, dont l’un sur le développement personnel des jeunes de 15 a 25 ans qui me tient  à coeur.
Mais c’est un gros projet que je ne commencerais pas avant 2 ans au moins.
Photo : wikipedia
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