Immigrés. En 15 ans, leur nombre a doublé en Bretagne

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13/05/2015 – 09H00 ‑ Bretagne (Breizh-info.com) ‑ L’INSEE vient de publier ce mois-ci un dossier consacré à l’immigration en Bretagne. Si la dernière étude remontant à 1999 montrait déjà que la Bretagne devenait une région attractive pour les immigrés, les chiffres de 2012 parlent d’eux-même : la proportion de population immigrée (93 300 en 2011) a doublé depuis 1999 passant de 1,6% à 2,9% de la population bretonne (B4), qui n’a elle progressé que de 11% depuis la même date. Un chiffre qui serait sûrement plus élevé si la Loire-Atlantique était incluse dans les statistiques.

Ces chiffres ne reflètent d’ailleurs pas la réalité de l’immigration, puisque, comme le définit l’INSEE :  « Un immigré est une personne née de nationalité étrangère à l’étranger. Ainsi, ne sont pas considérées comme immigrées les personnes qui, nées françaises à l’étranger, choisissent de s’installer en France. Il en va de même pour les personnes nées en France de nationalité étrangère, principalement des descendants d’immigrés». Les enfants d’immigrés arrivés il y a une, deux ou trois générations ne sont donc pas pris en compte par l’INSEE, ce qui minore notablement la réalité du phénomène migratoire.

50% de l’immigration en Bretagne vient d’Afrique et d’Asie.

Sur ces 93 300 immigrés répertoriés, 1/3 ont acquis la nationalité française depuis, et la donneront de facto, pour ceux qui en auront, à leurs enfants. Seuls les Britanniques conservent généralement leur nationalité.

Malgré ce doublement des chiffres la Bretagne est une des régions les plus préservée pour le moment : elle se situe en effet en avant dernière position devant la Basse-Normandie (2,8%).

Concernant l’origine de l’immigration, à 50%, elle provient d’Afrique et d’Asie (44% d’Europe et 6 % d’Amérique) avec majoritairement des ressortissants issus des pays du Maghreb, mais aussi de Turquie et, de manière croissante, des pays d’Afrique subsaharienne – phénomène appelé à s’amplifier avec les arrivées massives liées notamment à l’instabilité de la Libye.

Concernant les Européens présents en Bretagne, ils proviennent majoritairement du Royaume-Uni, ce qui n’est guère étonnant quand on connait l’histoire qui lie les deux Bretagne.

Fait significatif qui démontre une accélération de l’immigration en Bretagne : « en 2011,

9 300 nouveaux immigrés sont arrivés en Bretagne. Ils représentent ainsi 10 % des immigrés déjà présents dans la région, une part deux fois plus élevée qu’en moyenne nationale. Sur ce critère, la Bretagne se place en tête des régions métropolitaines juste devant la région des Pays-de-la-Loire et celle de Poitou-Charentes.». Ces arrivées proviennent pour deux tiers directement de l’étranger, pour un tiers de l’Ile-de-France ou des Pays-de-la-Loire.

L’immigration européenne n’est pas du même type que l’extra-européenne

La différence d’apport et de comportement entre les deux types d’immigration – européenne et extra-européenne –  apparait nettement si l’on examine plusieurs critères :
– géographique tout d’abord, avec une forte concentration des immigrés hors Union Européenne dans les pôles urbains (Rennes, Brest, Saint-Brieuc, Vannes, Quimper pour les 3/4 des immigrés en provenance d’Afrique et d’Asie) : « Cette présence dans les grands pôles urbains va souvent de pair avec des taux élevés de résidents en logement HLM (Comores, Turquie, Congo par exemple) ou d’étudiants (Chine) ». Il y a, selon l’Insee, une proportion plus importante d’immigrés en logement HLM par rapport à la population locale, à qui certains souhaitent qu’ils soient prioritairement réservés. Une plus forte concentration des Européens, et particulièrement des Britanniques, est observée en zone rurale. Ces derniers sont d’ailleurs – autre fait distinctif – essentiellement propriétaires.
– économiquement ensuite, puisque « les immigrés originaires d’Europe, à l’exception du Portugal, sont davantage cadres ou exercent plus fréquemment une profession intermédiaire » alors que « les hommes originaires du Maghreb, de Turquie ou du Portugal sont très fortement représentés chez les ouvriers.» et que « les immigrés venus d’Afrique subsaharienne sont plus souvent employés (41 %) », le taux de chômage – Européens hors France (23%), non- Européens (20%)  – étant quant à lui sensiblement le même, plus élevé que le reste de la population (12%).

Selon Pôle Emploi, près de la moitié des demandeurs d’emploi étrangers sont des Africains (48,4%) contre 33,8% pour les Européens et 13,4% pour les Asiatiques.

Concernant l’accueil de cette immigration, l’Insee explique le rôle de l’Etat et des associations dans la mise en place et la gestion de cette politique : « les métropoles, agglomérations, villes mettent en œuvre des politiques locales visant à faciliter l’intégration de leurs citoyens immigrés. Des moyens sont dégagés, dans le cadre de la politique de la ville en complémentarité avec l’État, mais aussi sur leurs propres actions. Les associations et leurs bénévoles sont des acteurs majeurs de l’intégration. Elles interviennent sur le terrain, dans les quartiers au plus près des personnes et de leurs besoins : aide dans les démarches administratives, organisation de cours de français, soutien scolaire, médiation sociale et culturelle, interprétariat, histoire et mémoire de l’immigration, accompagnement des personnes vers le droit commun … Dans le domaine de l’intégration, elles sont le relais entre la politique publique et les populations concernées ».

Des dépenses massives en faveur des nouveaux arrivants

En 2003, la France a mis en place un Contrat d’Accueil et d’Intégration (8029 en 2003, 108 969 en 2013 dont 2131 pour la seule Bretagne) qui se définit comme suit : « Le parcours d’intégration se prépare dans le pays de résidence pour les personnes souhaitant rejoindre la France dans le cadre du regroupement familial ou de conjoints étrangers de Français par une évaluation de leur degré de connaissance de la langue française et des valeurs de la société française. Ce dispositif a été mis en place de façon progressive depuis 2009 dans les pays d’origine des migrants. Ce contrat est établi par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) et signé par le bénéficiaire et le préfet de département. Il est conclu pour une durée d’un an et peut être prolongé pour la même période, sous réserve que le signataire ait obtenu le renouvellement de son titre de séjour. Les prestations et les formations dispensées dans le cadre du CAI sont prescrites, organisées et financées par l’OFII. Chaque formation est gratuite et donne lieu à la délivrance d’une attestation. Ce contrat s’adresse aux étrangers hors Union européenne, titulaires pour la première fois d’un titre de séjour d’une durée égale ou supérieure à un an.»

Pour la Bretagne, sur les 2131 signataires en 2013, 1247 venaient d’Afrique et 315 d’Asie. Pour les Africains, « ils viennent à 85 % au titre de l’immigration familiale, dont : famille de Français 77 %, regroupement familial 9 % et vie privée et familiale 14 %».

Enfin, concernant les demandeurs d’asile, répartis  dans une autre catégorie : en 2012, 1 500 ont été recensés, entrainant une augmentation des capacités d’accueil tant les demandes explosent. Ne pouvant pas travailler durant la première année de l’instruction de leur dossier, leur principale ressource est une allocation versée par l’Etat (Allocation Mensuelle de Subsistance). Après traitement de leur dossier, « près de 30 % des sortants sont au chômage, la quasi intégralité d’entre eux est par ailleurs inscrite auprès de Pôle emploi».

Autre fait significatif : « l’allocation temporaire d’attente (ATA), l’allocation mensuelle de subsistance (AMS) et les allocations chômage sont classées ensemble sous la même modalité et sont perçues par 61 % des adultes accueillis en CADA. Les taux de personnes dans l’impossibilité administrative de travailler et de chômeurs inscrits à Pôle emploi, respectivement 66 % et 6 %, permettent de penser que la grande majorité d’entre eux perçoivent l’AMS versée par l’établissement.Un tiers des adultes ne dispose d’aucune ressource, qu’il s’agisse d’un revenu du travail ou de stage, de minimas sociaux ou de prestations familiales. Enfin, 5 % des adultes perçoivent une allocation sans précision. Interrogés sur la participation financière des personnes hébergées, les CADA déclarent que 16 % des adultes accueillis participent au financement de leur prise en charge, participation calculée en fonction de leur ressource. Deux sortants sur cinq ne perçoivent aucune ressource, 18 % bénéficient du RSA, (socle ou socle + activité), 10 % perçoivent un revenu du travail ou de stage, 11 % des allocations chômage ou ATA et 17 % une autre allocation non identifiée. L’ensemble des adultes accueillis tant en CADA qu’en CPH bénéficie de la couverture de base de la sécurité sociale et de la CMU complémentaire».

Il ressort de cette étude que le tableau de l’Eldorado européen pour les immigrés extra-européens tout comme celui d’une immigration qui serait «choisie et voulue» par les Bretons et les Français, n’est pas l’image d’Epinal que les dirigeants politiques tentent d’imposer.

Crédit photo  : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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5 Commentaires

  1. il est clair que les français d’origine depuis longtemps sont là pour financer tout ce qui attire ces migrants sans ressources et sans formation pour la grande majorité. on est la vache à lait depuis les années 1981…
    un jour ça va pêter. ceux qui payent en ont marre d’être toujours pris pour des imbéciles par les politiciens de tous bords.

    • non Monsieur ça ne pétera pas les Francais dans leurs comportements restent laxiste tant qu’ils n’auront pas à se serrer la ceinture et que la gamelle est pleine à chaque repas ils iront jusqu’au bout du chemin on se révolte quand l’estomac crie famine mais ce n’est certes pas le cas RSA CMU AIDE AU LOGEMENT AIDE AU CHOMAGE RESTO DU COEUR ALLOC etc etc de quoi vous plaignéz vous

    • Vous etes bien ignorant.
      Les migrants fuient des génocides!
      Ils paient tres cher leur voyage car ils sont instruits et occupent des emplois de cadres, médecins, ingénieurs sinon, ils ne pourraient payer.

  2. L’INSEE peut faire des statistique ethniques car commandées par le gouvernement. Mais un élu local, élu du peuple ne peut pas en faire qui concernent pourtant le territoire qu’il gère…

  3. Aucune idée. Je ne sais pas pourquoi la Bretagne a si peu d’immigrés (pourvu que ça dure) alors qu’elle vote souvent pour la gauche et son multi-kulti. Une énigme !

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