Merkel, le libéralisme et l’immigration

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La chancelière d’Allemagne ne change pas de cap et de façon à ce que les «migrants» comprennent parfaitement ses vœux de bienvenue, elle n’a pas hésité à faire traduire son discours en anglais et en arabe.

Cette femme, dont les gens de droite louaient les mérites immenses de sa politique économique libérale et le patriotisme, se révèle être la plus nuisible de tous les chefs d’État européens et est désormais encensée par l’oligarchie (politico-médiatico-financière) unanime. Seuls les rares médias « libéraux-conservateurs », qui ne comprennent strictement rien à ce qui se passe, critiquent les décisions de la «Dame de fer allemande» sans faire le lien entre ces dernières et le libéralisme dont elle est un vecteur essentiel en Europe.

Car c’est l’idéologie libérale qui sous-tend l’immigrationnisme d’un patronat qui exige toujours davantage de main d’œuvre à bas coût (en France, en 1963 déjà, le général de Gaulle avait reproché à Georges Pompidou sa politique d’immigration qui répondait aux demandes du grand patronat) car, comme l’a écrit le philosophe conservateur Michel Villey, le libéralisme est une idéologie dont le rôle est de justifier le comportement des prédateurs économiques. Le libéralisme économique et le libéralisme sociétal des mondialistes partisans de la suppression des États et des frontières convergent parfaitement sur la question de l’immigration (au cours des dernières élections régionales, Gattaz et Mulliez, deux représentants du grand patronat mondialisé, sont descendus de leur tour d’ivoire pour dénoncer ceux qui s’opposent à l’immigration).

Angela Merkel tire un trait sur ce qui restait du sentiment national allemand, œuvre à la dissolution de l’Union européenne dans un grand marché transatlantique, gouverne en s’appuyant sur une coalition des libéraux de droite et de gauche et noie le peuple allemand en pleine déliquescence démographique dans un raz de marée migratoire. Angela Merkel est le bras armé de l’oligarchie mondiale (la « Nouvelle Classe » analysée avec brio par le sociologue russe Alexandre Zinoviev), dont l’idéologie libérale est, contrairement à ce que pensent les « libéraux-conservateurs » admirateurs de Reagan et Thatcher, absolument incompatible avec le conservatisme culturel et les sociétés enracinées. Le comportement de Merkel illustre ce point de vue de manière particulièrement éloquente. Aussi longtemps que ceux qui continuent de fonder des espoirs sur les politiciens de droite (qui sont essentiellement des libéraux, comme, désormais, ceux de gauche ; seules des nuances permettent encore de les distinguer) n’auront pas compris cela, ils contribueront à maintenir notre pays (et les autres pays d’Europe) dans la situation dramatique dans laquelle il se trouve.

B.Guillard

Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2016, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

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2 réponses à “Merkel, le libéralisme et l’immigration”

  1. Pschitt dit :

    Je ne connais peut-être pas suffisamment l’Allemagne (et pas assez intimement Angela Merkel) pour émettre une opinion définitive, mais je ne crois pasdu tout que la motivation de la Chancelière vienne du libéralisme économique. Angela Merkel a été élevée dans un pays où les mots « guerre » et « réfugiés » désignaient des réalités récentes, tangibles et atroces. Elle a été élevée dans une Allemagne de l’Est dénazifiée au forceps où les organisations de jeunesse, dont elle a fait partie, cultivaient un idéal d’internationalisme prolétarien. Elle a été élevée dans une famille profondément religieuse (son père était pasteur protestant) où l’on ne plaisantait pas avec les valeurs chrétiennes. Mémoire populaire + propagande marxiste + éducation chrétienne : ce cocktail suffit largement à expliquer une posture morale sincère (qui n’en est pas moins catastrophique pour autant). Au risque de tomber dans la psychologie de bistro, on pourrait aussi envisager que la femme sans enfant épanche son désir de donner de l’affection et que l’Allemande éprouve une aspiration multiséculaire à dicter sa conduite au reste de l’Europe…

    • Jacques dit :

      Plutôt d’accord avec l’analyse, sauf pour la fin de la dernière phrase qui tient plus d’une intégration de la propagande française popularisée que de la réalité historique. Car si un pays en Europe a essayé et essaye encore de dicter sa conduite, c’est bien la France (ses rois francs, son centralisme, sa République, sa « Nation » étatisée et « ses » valeurs universelles autoproclamées!) La Bretagne, ancien pays européen riche et influant devenu simple territoire administratif honteux de soi, charcuté et voué à disparaître, est là pour en témoigner. Et ce n’est qu’un exemple!
      Par contre, il est intéressant de constaté que chacun va de sa critique sur le Libéralisme. L’extrême gauche est contre, les socialistes aussi, les valeurs de la Républiques aussi, la Droite également, l’extrême droite de même. Pourtant, les Libéraux sont classés généralement comme « centriste », mais pas de ça chez nous où il n’existe aucun parti Libéral réel.
      Pourquoi ? Peut-être parce que dans « Libéral » il y a le mot « Liberté »… Un truc qui fait peur à toute personne honnête! C’est sûr, la Liberté, c’est le droit de décider par soi-même : le droit du citoyens et des peuples de décider…!
      Quel est le peuple d’Europe qui a décidé démocratiquement de favoriser cette migration massive?
      Le peuple syrien a t-il décidé de cette migration massive?
      Le peuple syrien, les Kurdes, les Libyens, les Chiites, les Palestiniens, mais aussi les peuples d’Afrique, les peuples d’Europe (on peut y mettre les Bretons, mais aussi les Ecossais et Catalans que l’on menaçaient d’exclusion en cas de vote indépendantiste) décident-ils en toute liberté?
      Donc, oui, c’est fort peu probable que le Libéralisme soit à la base des décisions d’Angela Merkel. Un « patron » d’une entreprise étatique, généralement haut-fonctionnaire, n’est pas vraiment un libéral (ex: de Renault et de son besoin historique en main d’œuvre à bon marché. Se souvenir que l’actionnaire était l’Etat…).
      Angela est certainement sincère, mais elle est en train de se planter complètement sur cette question pour une seule raison : Depuis 70 ans, l’Allemagne se refuse à la politique étrangère et cela d’autant plus si cela doit impliquer des évolutions de frontières! S’interdisant d’agir sur la cause, il ne lui reste que la capacité de s’émouvoir sur la conséquence (d’autant, il est vrai, qu’un certain opportunisme démographique existe)!
      La migration que l’Europe connaît en provenance de Syrie est une conséquence directe de la décolonisation ratée qui s’est faite sans le consentement des peuples selon un schéma unilatéralement décidé par le colonisateur (les Kurdes, la frustration des Arabes et des Africains sont là pour en témoigner). Or au Moyen Orient comme en Afrique, le mot officiel n’est nullement à l’auto-détermination des peuples, mais à la décision des pays extérieurs de maintenir la continuité des Etats-Nations nés de la décolonisation.
      Ce sont les Etats-Nations, pure construction administrative, qui décident mais nullement les populations migrantes où accueillantes qui de fait sont unis dans la même négation de leur liberté!

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