09/02/2016 – 05h45 Rennes (Breizh-info.com) – Par l’intermédiaire de Bertrand Plouvier, conseiller municipal de la ville de Rennes (LR), les élus de la droite rennaise ont interpellé Nathalie Appéré, maire (PS) de la capitale bretonne. Ils demandent que des mesures soient prises après les violences qui ont émaillé, samedi 6 février, la manifestation contre l »aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ce lundi, trois individus, dont deux SDF, ont été condamnés à de la prison ferme (deux mois pour deux d’entre eux et sept mois pour le plus jeune, récidiviste), avec mandat de dépôt à l’issue de l’audience, signe que la justice a voulu frapper fort. Ils étaient jugés, non pas pour les dégradations, mais pour des faits de violences et de rébellion à l’encontre des forces de l’ordre,

Que ce soit à Rennes ou à Nantes, lors des manifestations contre l’aéroport organisées par l’extrême gauche ces dernières années,  de violents incidents ont éclaté à chaque fois – vitrines cassées,  policiers agressés, mobilier urbain dégradé. Pas suffisamment graves, apparemment, pour que les préfets prennent la décision de les interdire pour « risque de trouble à l’ordre public ». Les consignes de l’État semblent donc différer que l’on soit en Ille-et-Vilaine ou dans les Côtes d’Armor, selon qu’il s’agisse d’une manifestation d’extrême gauche ou d’une manifestation identitaire.

« Les événements de samedi exigent de nous tous une réponse rapide et claire. Les Rennais ne peuvent plus se contenter de simples déclarations dans lesquelles vous vous dites scandalisée. En effet la gravité des événements du week-end dernier vous oblige à faire preuve de clarté et de fermeté sous peine de « non-assistance à ville en danger » », indique Bertrand Plouvier qui rappelle que ça n’est pas la première fois que des groupuscules sont à l’origine de dégâts dans la commune, sans toutefois mentionner leur étiquette politique. « Tout dernièrement ils se sont attaqués à l’un des symboles de notre République, notre Hôtel de Ville.» indique M. Plouvier qui s’étonne «du manque d’efficacité de vos amis (NDLR : ceux de Nathalie Appéré) qui pourtant ont tous les moyens d’agir pour faire assurer la sécurité des Rennais, faire respecter l’ordre et appliquer les décisions de justice. Vous n’êtes pas sans savoir que les ministres en charge de la Justice, de la Défense et des Collectivités locales sont trois ministres bretons, ils devraient pouvoir vous appuyer..

Bertrand Plouvier conclut son communiqué en formulant  plusieurs revendications. Il souhaite notamment que les casseurs soient poursuivis pénalement ( « au moins ceux interpellés ») et qu’ils réparent les dégâts occasionnés. Il souhaite également l’interdiction de toute nouvelle manifestation contre NDDL invoquant l’état d’urgence ou encore les interdictions de manifester à Calais. Il demande enfin l’expulsion de la ZAD, la condamnation des zadistes par l’extrême-gauche de la majorité rennaise, et la tenue d’un conseil municipal anticipé.

Bertrand Plouvier possède un allié de poids concernant la défense de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes;  il s’agit de Bruno Retailleau, président du conseil régional des Pays de la Loire, qui demande lui aussi l’expulsion de la ZAD et qui a lancé une pétition controversée pour parvenir à ses fins. Une pétition qui aura entrainé des activistes pro-ZAD à pirater le site Internet du conseil régional et à se procurer la liste de tous les signataires de la pétition en faveur de l’expulsion.

Matthieu Theurier, conseiller municipal EELV et proche de l’extrême gauche, visé par les attaques de M. Plouvier, se défend sur sa page facebook – en faisant référence notamment aux agriculteurs qui n’ont pas connu le même « lynchage médiatique » lors de leurs actions dures : « Je déteste la violence sous toutes ses formes et refuse ce type d’agissement stupides. Ils sont allés trop loin, ils le paient, ok, c’est normal. Mais que je n’entende plus dire que le mouvement anti-NDDL agit en toute impunité et de façon irresponsable alors que l’on est systématiquement serré de près par les gendarmes mobiles, que les paysans se font saisir leurs tracteurs après les manifs, que les RG sont toujours sur les dents avec nous et qu’ils donnent souvent des consignes contradictoires sur les manifs, au risque parfois de provoquer des affrontements. J’attends aussi désormais les conclusions des poursuites contre les militants de la FNSEA, notamment pour qu’ils remboursent les 4 millions d’euros de dégâts estimés par la préfecture suite aux récentes mobilisations en Ille et Vilaine. J’attends aussi toujours que droite et gauche condamnent avec la même fermeté les débordements scandaleux de la FNSEA ces derniers jours.»

Entre la crise agricole qui se tend, le conflit autour de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes qui sent la poudre et enfin la fracture grandissante entre pro et anti immigration, la Bretagne pourrait connaître des mois agités. D’autant plus que le gouvernement semble incapable de répondre aux attentes de la population …

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