Uwe Junge (AfD) : « En Allemagne, nous n’avons plus de sentiment patriotique. Nous devons le redécouvrir ! » [interview]

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15/03/2016 – 05h00 Cologne (Breizh-info.com) – Uwe Junge est un personnage important au sein de l’AfD (Alternative für Deutschland – Alternative pour l’Allemagne), le parti patriotique allemand qui est entré ce 13 mars 2016 au sein de trois parlements régionaux. Il a réalisé sa carrière professionnelle à l’armée et est officier. Pendant trente ans, Uwe Junge a été  membre de la CDU, le parti de centre-droit de l’actuelle Chancelière Angela Merkel, et l’a quitté en 2009. Il a rejoint en mars 2013 l’AfD. Il était tête de liste de ce parti en Rhénanie-Palatinat lors du scrutin de ce dimanche. Le journaliste Lionel Baland l’a rencontré en exclusivité pour Breizh-info.com

Breizh-info.com : Y-a-t-il des différences sur le plan idéologique entre l’AfD en Rhénanie-Palatinat et au niveau national ?

Uwe Junge: Non, la dirigeante du parti Frauke Petry est une amie proche. Nous nous appelons fréquemment et nous sommes sur la même longueur d’onde et sur la même ligne politique.

Breizh-info.com : Oui, mais les problèmes sont différents dans chaque partie de l’Allemagne.

En Rhénanie-Palatinat, nous avons principalement des problèmes d’infrastructure et de formation. Nous désirons aussi plus de démocratie directe en abaissant le nombre de signatures de citoyens requises afin d’obtenir une consultation.

Breizh-info.com : Après les élections régionales du 13 mars 2016 en Rhénanie-Palatinat, au Bade-Wurtemberg et en Saxe-Anhalt, avec qui l’AfD va-t-elle gouverner au sein de ces trois régions ?

Uwe Junge: L’AfD restera dans l’opposition car c’est un parti encore jeune. Nous avons notre programme et nous désirons défendre les intérêts du peuple depuis les sièges de l’opposition. Nous faisons face, comme les autres nouveaux partis, à un manque de cadres politiques formés.

Uwe Junge 2

Breizh-info.com : En Saxe-Anhalt, où l’AfD obtient près d’1/4 des voix, aussi ?

Uwe Junge:  Oui, je pense qu’ils resteront en dehors du gouvernent de cette région car le parti est encore nouveau.

Breizh-info.com : Pourquoi y-a-t-il une si grande différence entre l’Est et l’Ouest de l’Allemagne pour les patriotes ? Pourquoi sont-ils forts dans l’Est – où il y avait autrefois le communisme – et nettement moins dans l’Ouest du pays ?

Uwe Junge: Dans l’Est, la population a participé en 1989 à d’énormes rassemblements de mécontentement et a une culture de la manifestation. Ils sont plus sensibles au fait que le système essaye de faire taire les gens. Ils sont aussi plus socialisés. À l’Ouest, nous restons à la maison devant la télévision.

Breizh-info.com : Pourquoi y-a-t-il autant d’attaques des gauchistes contre l’AfD ?

Uwe Junge: Les attaques ne viennent pas seulement des gauchistes. Elles émanent aussi des syndicats, des églises et des autres partis politiques.  Ils sont effrayés par le fait de perdre l’influence que l’AfD capte.

Breizh-info.com : Pensez-vous que dans le futur, une collaboration, ou un rapprochement, entre l’AfD et les autres partis ou mouvements patriotiques ou nationalistes d’Allemagne soit possible ?

Uwe Junge:  Non, nous ne travaillerons pas avec pro Köln, pro NRW, die Republikaner ou PEGIDA. Au début, PEGIDA était un mouvement rassemblant des manifestants et c’était bien. Mais les dirigeants Lutz Bachmann et Tatjana Festerling sont trop radicaux pour nous.

Breizh-info.com : PEGIDA n’est-il pas un revolver sur la tempe de l’AfD car un sondage d’opinion montre que si PEGIDA devenait un parti, il obtiendrait plus de voix que l’AfD ? [Selon un sondage Emnid, si PEGIDA devenait un parti, il obtiendrait 8% et l’AfD 6 %.]

Uwe Junge: Je ne pense pas que PEGIDA deviendra un parti politique.

Breizh-info.com : Et une collaboration avec BIW (Bürger in Wut – Citoyens en colère) de Jan Timke, un parti patriotique « soft » ?

 Uwe Junge: Nous verrons dans le futur.

Breizh-info.com : Quelles peuvent être vos relations avec la CSU (le parti frère de la CDU), active en Bavière et nettement plus conservatrice ?

Uwe Junge: La CSU existe seulement en Bavière, une des 16 régions du pays. Ce parti n’est pas un rival de l’AfD.

Breizh-info.com : Un rapprochement avec le parti Alfa de l’ancien dirigeant de l’AfD Bernd Lucke est-il possible?

Uwe Junge: Alfa (Allianz für Fortschritt und Aufbruch – Alliance pour le progrès et le renouveau) n’est rien. C’est un très petit parti et il ne représente quasi rien d’un point de vue politique. Il n’a pas de futur. Bernd Lucke ne dispose pas de capacités sociales et ne peut pas diriger correctement. C’est un autocrate.

Breizh-info.com : Il n’est pas facile pour un nouveau parti de s’implanter. Par exemple, l’AfD a présenté des listes pour les élections municipales du 6 mars 2016 en Hesse. Or, ce parti n’a pu être présent que dans certaines municipalités. Comment pouvez-vous résoudre ce problème ?

Uwe Junge : Nous organisons des séminaires afin de former les cadres du parti. Dans le futur, nous tenterons de faire plus. Mais si nous rencontrons ce problème au niveau local, au niveau des parlements régionaux nous disposons de très bons candidats avec de bonnes connaissances notamment politiques et juridiques.

Breizh-info.com : Dans le passé, pas un parti patriotique n’a trouvé la façon de s’implanter durablement au sein du paysage politique allemand. L’AfD n’est-elle pas une étoile filante ?

Uwe Junge : Nous voulons nous implanter de manière durable au sein du paysage politique allemand parce que nous avons un programme clair, une équipe dirigeante compétente et la faiblesse de la CDU nous est favorable. « Dans ce pays, nous n’avons plus de sentiment patriotique. Nous devons le redécouvrir ! »

Breizh-info.com : Ne pensez-vous pas que si la Chancelière Angela Merkel quitte ses fonctions, son successeur au sein du parti sera quelqu’un de plus patriotique essayant de récupérer les voix de l’AfD ?

Uwe Junge :  Non, parce que ce genre de personne n’existe plus au sein de la CDU : Angela Merkel a détruit les représentants de cette tendance politique.

Breizh-info.com : La presse a-t-elle un comportement normal avec votre parti ?

Uwe Junge : Non, l’AfD n’est pas traitée correctement par la presse : de nombreux journalistes sont rouges ou verts. Mais une évolution positive peut être constatée et je peux dire qu’en Rhénanie-Palatinat, je ne rencontre pas beaucoup de difficultés avec la presse.

Breizh-info.com : Que pensez-vous des sanctions contre la Russie ? Quelles doivent être pour vous les relations entre l’Allemagne et la Russie ?

Uwe Junge : Il s’agit d’une question existentielle pour notre pays : l’Allemagne doit avoir de bonnes relations avec la Russie. Ce pays est une partie importante de l’Europe. Nous devons discuter avec la Russie. L’ancien Chancelier social-démocrate allemand Helmut Schmidt – je suis un de ses grands fans – a déclaré que tant que vous discutez avec quelqu’un, vous ne vous battez pas avec lui.

Breizh-info.com : Au Parlement européen, l’AfD siège au sein du groupe politique des Conservateurs et Réformistes européens (ECR) avec le Parti conservateur britannique. Pourtant, le samedi 13 février 2016, l’AfD a rencontré à Düsseldorf en Allemagne le FPÖ de Heinz-Christian Strache (Autriche). Ce parti siège au Parlement européen au sein du groupe Alliance européenne pour la liberté (AEL) avec le Front National (France), le Vlaams Belang (Flandre-Belgique), la Ligue du Nord (Italie), le PVV de Geert Wilders (Pays-Bas), le Congrès de la Nouvelle droite (Pologne), le Député européen roumain Laurențiu Rebega et le Député européen britannique Janice Atkinson. L’AfD va-t-elle rejoindre ce groupe, peut-être après avoir été expulsé du groupe des Conservateurs et Réformistes européens ? 

Uwe Junge : Nos deux députés européens – Beatrix von Storch et Marcus Pretzell – siègent toujours au sein du groupe des Conservateurs et Réformistes européens et ne sont pas expulsés. Certains membres de ce groupe ont tenté de nous mettre dehors, mais ils ont raté leur coup et nous sommes toujours dedans. Nous n’irons pas dans un groupe avec le Front National. Nous ne désirons pas quitter le groupe auquel nous appartenons, mais avons de bonnes relations avec le FPÖ en Autriche et l’UDC en Suisse et nous désirons garder ces bons contacts.

Propos recueillis par Lionel Baland

Crédit photo : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. « Non, nous ne travaillerons pas avec pro Köln, pro NRW, die Republikaner ou PEGIDA. »

    Voilà voilà, les mêmes problèmes que pour les patriotes français. Le gouvernement allemand n’a plus qu’à enfoncer le coin dans la brèche et taper un peu.

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