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Le 15 octobre 2026, le père Ignace Ding Zuyao a été sacré évêque de Haimen, dans l’est de la Chine. Prêtre de l’Association patriotique catholique chinoise, l’Église officielle placée sous la tutelle de l’État, il avait été nommé le 24 août par le pape Léon XIV, dans le cadre de l’accord provisoire signé en 2018 entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine. Le contenu de cet accord n’a jamais été rendu public. Chaque nouvelle ordination relance la même question : que deviennent les catholiques qui refusent de passer sous la tutelle du régime ?
C’est la question que pose le père Mario Alexis Portella, chanoine de la cathédrale Santa Maria del Fiore à Florence et professeur de droit canonique, dans une tribune publiée par la revue Hungarian Conservative.
Une Église officielle au service du Parti
L’Association patriotique catholique chinoise a été créée en 1957. Ses propres statuts fixent sa mission : rassembler le clergé et les fidèles sous la direction du Parti communiste chinois, soutenir le système socialiste et étudier la « pensée de Xi Jinping sur le socialisme aux caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère ». Pour de nombreux catholiques chinois, la communion avec Rome ne peut pas dépendre d’un tel encadrement politique. Ceux qui refusent de s’y soumettre forment ce que l’on appelle l’« Église clandestine ».
Le Saint-Siège défend l’accord de 2018 comme un moyen de régler la question des nominations d’évêques et de rapprocher les 2 communautés. Ses critiques jugent qu’il n’a guère rassuré les fidèles clandestins, qui continuent de subir des pressions pour leur attachement au pape.
4 siècles de martyrs
Ces inquiétudes s’inscrivent dans une longue histoire. Le dominicain espagnol Francisco Fernández de Capillas, décapité en 1648, est généralement considéré comme le premier martyr de Chine. Pendant la révolte des Boxers, entre 1899 et 1901, quelque 30 000 catholiques chinois ont été tués pour leur foi, ainsi que plusieurs centaines de missionnaires et leurs familles. Des chrétiens orthodoxes et protestants ont subi le même sort. Après 1949, l’arrivée au pouvoir des communistes a ouvert une nouvelle ère de persécutions.
Le cardinal Kung, 30 ans de prison pour Rome
La figure emblématique de cette résistance est Ignace Kung Pin-mei, évêque de Shanghai. Il a refusé toute mainmise du Parti sur l’Église et l’a payé de près de 30 années de détention. Selon un récit souvent rapporté, il aurait pu obtenir sa libération en acceptant de chanter l’hymne national de la République populaire. Il aurait répondu en citant la parole du Christ à Pierre : « Tu es Petrus et super hanc petram aedificabo ecclesiam meam. » Libéré puis exilé aux États-Unis, il a été fait cardinal par Jean-Paul II.
Le père Portella raconte l’avoir rencontré pendant ses années de séminaire. Le vieil homme célébrait alors la messe en latin dans un fauteuil roulant, en chantant les textes avec une clarté et une ferveur intactes.
Ce que l’auteur attend du Vatican
Pour le canoniste, Rome doit mesurer le message que sa diplomatie envoie aux catholiques qui vivent sous des régimes autoritaires. Emprisonnés, surveillés, sommés de renier leurs convictions, ces fidèles ont besoin, écrit-il, de « plus que des assurances diplomatiques ». À ses yeux, l’unité de l’Église ne se mesure pas à la régularisation des nominations épiscopales. Elle passe aussi par la défense de la liberté de conscience et de culte, et par le soutien à ceux que leur fidélité met en danger.
Jimmy Lai, héritier de cette résistance
Ce courage ne s’est pas éteint avec le cardinal Kung. L’auteur cite Jimmy Lai, magnat de la presse hongkongais, militant prodémocratie et catholique fervent, condamné en février 2026 à 20 ans de prison au titre de la loi sur la sécurité nationale. Ses enfants, Sébastien et Claire Lai, réclament sa libération et ont alerté la communauté internationale sur son sort. Bien d’autres catholiques emprisonnés ou torturés pour leur foi resteront anonymes, rappelle le prêtre.
« N’ayez pas peur »
Le père Portella conclut par une demande directe au pape. Il souhaite que Léon XIV adresse publiquement aux catholiques de Chine fidèles à Rome les mots lancés par Jean-Paul II au début de son pontificat : « N’ayez pas peur. » Cela ne réglerait pas toutes les difficultés, reconnaît-il, mais les fidèles sauraient que leur pasteur ne les a pas oubliés. L’accord sino-vatican, renouvelé à plusieurs reprises depuis 2018, reste pour l’instant la seule réponse officielle de Rome.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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