01/06/2016 – 07H00 France  (Breizh-info.com) – À partir du 10 juin prochain, la France accueille dans dix villes les matchs de l’Euro 2016 de football qui réunira 24 équipes. A cette occasion, venus de toute l’Europe, des dizaines de milliers de supporteurs vont être hébergés, dans des hôtels, dans des appartements ou dans des locations. Pour les retardataires, c’est une véritable bataille qui s’est engagée afin de ne pas se retrouver à dormir dans un hall de gare ou d’aéroport (quand ils restent ouverts la nuit), voire dans la rue, des scènes déjà vues dans de nombreuses capitales européennes  lors de finales de coupe d’Europe drainant un contingent énorme de fans britanniques notamment.

A cette occasion, les hôteliers n’hésitent pas à doubler, à tripler et même à quadrupler leurs tarifs habituels, profitant du fait qu’il y ait une demande supérieure à l’offre. « Il n y a aucun plafond en matière de tarification hôtelière » nous indique une employée de l’UMIH35 (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie).

La loi n’encadrant pas les tarifs hôteliers, c’est le consommateur qui se retrouve lésé, et qui doit dépenser parfois une fortune pour une petite chambre avec le minimum de confort. En décembre 2015, Que Choisir avait déjà publié une étude sur la hausse du prix des logements. « Globalement, sur les dix villes concernées par la compétition, le coût d’une chambre d’hôtel pour deux adultes bondit, en moyenne, de 45 %, passant de 97 à 141 €.» indique l’association de consommateur, qui souligne que Saint-Etienne (+ 180%), Lille (+ 108%) et Bordeaux (+ 103%) sont les trois villes où l’augmentation moyenne est la plus forte.

Pour le match Angleterre – Pays de Galles (Lens) qui se jouera le 16 juin, 90% des hôtels de Lille sont complets. Et certains établissements « se font plaisir » en affichant, comme le Best Western Up Hotel, des prix à 450 euros la nuit pour une chambre double, alors que la semaine précédente, cette même chambre était à 95 euros la nuit (sur Booking.com, relevé effectué le 31 mai à 10h). Idem pour le Campanile Lille Sud CHR, dont les prix passent de 91€ pour une chambre double début juin à 250 € pour la nuit du 16 au 17 juin. « Tout le monde fonctionne comme cela » nous confie un hôtelier Lillois. « C’est sur ces dates que nous faisons un gros chiffre d’affaire. Vous croyez que les commerçants n’en font pas autant pour la grande braderie de Lille ? ». 

A Bordeaux, le soir d’Irlande – Belgique (samedi 18 juin), là encore 90% des hôtels sont déjà réservés sur Booking.com. Pour un supporteur de l’Irlande souhaitant séjourner en chambre double du vendredi 17 au dimanche 19, il lui en coûtera 620 euros au Campanile Bordeaux Nord ou 390 euros au Bordeaux Aeroport, ou encore 591 euros au Mercure Bordeaux Centre Gare St Jean. Pour le client qui voudrait loger le week-end d’après (pas de match)   – relevés effectués sur booking le 31 mai à 10h – dans ces mêmes établissements, il lui en coûterait 90€ au Campanile Bordeaux Nord (510 euros de différence en une semaine !), 249 € au Mercure Bordeaux Centre Gare St Jean ( 340 euros de différence) ou 140 € au Best Western Bordeaux Aéroport (250 euros de différence).

Dans la région de Saint-Etienne, le lundi 20 juin (Angleterre – Slovaquie), 73% des établissements (sur 152 référencés dans un large périmètre autour de la cité) sont complets pour la nuit du 20 au 21. L’Anglais souhaitant séjourner à l’hôtel Les Poteaux Carrés devra débourser 450 euros, tandis que s’il revenait le lundi d’après, la chambre ne lui coûterait que 85€.

Du côté de AirbnB, qui permet  aux particuliers de louer leurs chambres ou leurs appartements pour un temps défini – moyennant une commission – les annonces fleurissent ces derniers jours, proposant des chambres chez l’habitant, des appartements, dans les villes hôtes de l’Euro. Des petits rusés s’amusent à modifier significativement les tarifs de leurs locations, en invoquant eux aussi l’euro et la demande qui explose. La prudence doit être de mise pour éviter les mauvaises surprises. Ainsi, l’évaluation du propriétaire via les commentaires des clients, mais également la date d’inscription sur le site, ou encore le statut « vérifié » (le propriétaire doit fournir une preuve de son identité) sont des incontournables pour être sûr de ne pas tomber sur un très mauvais plan. Par ailleurs, les annonces sans photo ou peu descriptives doivent être mises de côté, surtout si elles paraissent alléchantes.

Pour ceux qui veulent se déplacer en France à l’occasion de l’Euro, il est vraiment temps de penser à trouver son hébergement, sous peine de devoir passer quelques nuits blanches dans les rues …

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Un exemple parmi d’autres 900 euros pour deux nuits en juin …
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240 euros en octobre …

Crédit photo : DR
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