22/06/2016 – 07H00 – Édimbourg (Breizh-info.com) – Demain, jeudi 23 juin, les électeurs britanniques sont invités à choisir par référendum entre rester dans l’Union européenne (remain) ou la quitter (leave). Tout au long de la campagne, les sondages ont montré alternativement une légère avance des deux camps. Le meurtre de la députée travailliste anti-Brexit Jo Cox a bien sûr attiré des indécis vers le camp pro-européen. Celui-ci vient en tête dans les derniers sondages mais avec une marge si faible que rien n’est joué. Les 11 % d’électeurs encore indécis feront la décision.

L’Écosse et dans une moindre mesure le Pays de Galles se distinguent du reste de la Grande-Bretagne : les intentions de vote en faveur de l’Europe y dominent largement. Le Scottish National Party (SNP) a pris position en ce sens et menace de réclamer un nouveau référendum d’indépendance au cas où le Royaume-Uni quitterait l’Union européenne. Dans tout le royaume, les partisans de l’Europe agitent cette perspective comme un épouvantail.

L’Écosse est ainsi devenue la meilleure alliée britannique de l’Union européenne. Une situation paradoxale si l’on considère que la Commission européenne, avait fait quasi ouvertement campagne contre l’indépendance écossaise avant le référendum du 18 septembre 2014. José Manuel Barroso, alors président de la Commission, avait déclaré qu’il serait « extrêmement difficile » pour une Écosse indépendante d’entrer dans l’Union.

En Écosse comme dans le reste du Royaume-Uni, une bonne partie du débat pour ou contre le Brexit se focalise désormais sur l’immigration et ses effets sur la sécurité sociale, le National Health System (NHS). Tom Harris, directeur de l’organisation Scottish Vote Leave, résumait ainsi la question : « Comme il est prévu une forte progression de l’immigration à cause de l’adoption d’un revenu minimum au Royaume-Uni et de l’adhésion de nouveaux pays membres de l’Union européenne, NHS Scotland pourrait avoir besoin de bien plus d’un demi-milliard de livres supplémentaires en 2030 – 624 millions de livres par an – pour maintenir ses niveaux de financements actuels. »

Nicola Sturgeon, présidente du SNP, rejette cette perspective pour des raisons de principe. « J’aimerais que des gens comme Boris Johnson et Nigel Farage [deux des partisans les plus en vue du Brexit] puisse reconnaître au moins une fois la contribution des travailleurs migrants à notre NHS au lieu de les diaboliser à tout bout de champ », a-t-elle récemment déclaré.

Cette position est-elle partagée par l’opinion écossaise ? Le dernier sondage Ipsos MORI/STV sur les intentions de vote en Écosse a révélé une chute forte et soudaine des intentions de vote pro-européen en Écosse : en six semaines, elles ont reculé de 13 points, passant de 66 % à 53 % ! Surtout au profit des indécis, puisque les intentions de vote fermes en faveur du Brexit n’ont progressé que de 29 % à 32 %. De plus, une petite majorité des électeurs écossais se dit aujourd’hui défavorable à un second référendum sur l’indépendance écossaise, même en cas de Brexit. Décidément, la question européenne reste une épine dans le pied du SNP !

Crédit photo  : extrait de la page d’accueil du site web du SNP, 21 juin 2016.
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3 Commentaires

  1. Il serait très difficile à une Ecosse indépendante d’entrer dans l’Union. Idem pour la Catalogne. Ce serait plus facile pour la Turquie ?

  2. L’Ecosse est un pays européen (pour le coté culturelle), qui possède nombre des puits pétroliers de Mer du Nord (pour le coté économique), qui possède également de beaux fiords pour y mettre des sous-marins (russes? US?) et contrôler le passage vers l’Atlantique (pour le coté géo-politique)….

    Et l’Europe dirait « Non » à l’Ecosse?

    Par contre, le discours anti-démocratique de Barroso est inacceptable ainsi qu’une dérive certaine des institutions dans ce sens vers sur un modèle qui ne doit pas trop déplaire à la République!

  3. Je n’oublie pas que Barroso avait menacé les Écossais d’une sortie forcée de l’union en cas de « Scottexit ».
    L’arrogance de ces escrocs qui d’autre part font des appels du pied à la Turquie n’a aucune limite .

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