Julien Langella (Academia Christiana) : « le problème de l’islam radical, c’est le problème de la présence immigrée en France »

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04/08/2016 – 07H30 Sées (Breizh-info.com) Julien Langella est l’auteur du livre « la jeunesse au pouvoir » que nous avions chroniqué il y a quelques temps déjà. Il sera également organisateur et animateur de l’Academia Christiana, qui se déroulera du 15 au 21 août, à Sées, en Normandie. Une Normandie frappée la semaine dernière par l’assassinat du père Hamel par deux islamistes. Alors que l’Université d’été de ces catholiques militants se tiendra à quelques kilomètres seulement des lieux de l’attentat, nous avons voulu recueillir le sentiment de Julien Langella, touché, comme de nombreux catholiques et comme de nombreux Français.

Interview également disponible en format audio ci-dessous.

Breizh-info.com : Qu’avez vous ressenti après l’attentat du Rouvray, alors qu’il s’est déroulé à quelques kilomètres de là où vous vous apprêtez à tenir l’Academia Christiana ?

Julien Langella : J’ai été choqué, peiné ensuite, et puis surtout en colère. En tant que catholique comme en tant que Français, j’ai le même sentiment qu’on assassine notre peuple comme on tue les bêtes à l’abattoir. On a beau me dire « nous sommes les prochains », quand ça arrive, on voit les choses d’un oeil différent. Quand nous allons à la messe en semaine, il y a une atmosphère qui a changé, les regards sont différents. On a passé un tournant.

Breizh-info.com : En tant que catholique pratiquant, cet assassinat a dû vous toucher encore plus fort non ?

Julien Langella : C’est complexe. Pour nous chrétiens, il est évident qu’un prêtre tué dans l’exercice de sa mission, c’est un choc, mais en même temps pour nous source de grâce. Cela peut choquer les mentalités modernes de dire cela, mais, comme nous le savons, les martyrs sont des gens qui offrent leur vie pour le Christ et qui choisissent de rester fidèles dans de telles circonstances. Cela ne peut produire que des fruits, à commencer par celui du courage.

Il y a plusieurs façons de manifester du courage, je pense que chacun doit avoir sa vocation ; c’est le discours classique de l’église qui comprend que chacun n’est pas fait pour remplir les mêmes missions. Je crois que pour que les hommes puissent encore prier il faut qu’il y ait des hommes qui combattent, qui protègent les églises. La prière, et même le pardon personnel qu’on peut accorder à un assassin, n’enlève rien à l’idée de la punition la plus sévère qui soit. Cela n’enlève rien à la nécessité de combattre, par tous les moyens possibles, ceux qui nous ont déclaré la guerre.

Breizh-info.com : Les responsables de l’Église appellent à refuser l’amalgame, à l’amour, au dialogue inter-religieux. Est-ce vraiment cela qui guide les jeunes catholiques dont vous faites partie à l’heure actuelle ?

Julien Langella : Cela dépend ce qu’on entend par les mots amour, dialogue. Ce sont des mots un petit peu sortis de leur contexte, qui sont, oui il est vrai,  des vertus chrétiennes. Et je l’assume. Mais je ne mets pas la même chose derrière. Le dialogue oui, mais en vue de la conversion, de l’évangélisation, de la mission. Pas une sorte de monologue à deux, de narcissisme collectif dans lequel on s’auto-congratule de s’écouter, d’échanger… Tout cela est vide de sens, ça n’est pas le dialogue. Le dialogue a un objectif. Et puis l’amour oui, mais l’amour est combatif. Quand on aime vraiment quelque chose, on combat pour cette chose, on met tout en oeuvre pour le défendre.
Par amour et par dialogue beaucoup entendent résignation, laisser faire, et ça n’est pas l’exemple qu’a donné l’Église tout au long de son histoire. Au contraire. « Le christianisme est une religion de combat », disait Léon XIII et je pense justement qu’il y a un combat spirituel à mener, mais nous sommes aussi des créatures terrestres.
Le Bon Dieu nous a donné des bras, des jambes, et tout cela est fait pour s’en servir. Nous ne pensons pas que le monde n’est qu’un enfer et qu’il faut le quitter à tout prix. Nous devons agir dessus, c’est notre responsabilité, et nous gagnons notre vie céleste, en agissant ici sur la terre. Il ne faut pas confondre l’amour et la lâcheté. Et le dialogue avec cette manie de tolérer l’intolérable.

Breizh-info.com : Quelles réponses doivent être selon vous apportées à l’islam radical ? Faut-il « faire la guerre au terrorisme » comme l’affirment les responsabilités politiques ?

Julien Langella :  L’islam radical, je ne sais pas ce que c’est. Radical, en Latin, ça veut dire la racine. L’Islam de Daesh, c’est l’islam à la racine. Authentique, intégral. Car l’islam repose sur l’imitation du prophète Mahomet qui était un pillard, un assassin, un violeur d’enfant. L’islam c’est cela. Après, les musulmans c’est autre chose. Il y a des musulmans, je pense une majorité, qui vivent un peu occidentalisés. L’islam est un système juridique tellement contraignant qu’on peut pas le suivre à la lettre. Ils sont obligés de faire des concessions avec ça, ce qui fait qu’ils sont schizophrènes, bipolaires, et c’est pour cela qu’ils sont instables.

Quand les médias disent « c’est pas un islamiste, c’est un déséquilibré », ils se trompent : quand on est un musulman on a peu de chance d’avoir ne serait-ce qu’un tout petit peu d’équilibre mental. L’islam est un problème en soi, sa présence en France est un problème. Le rôle des catholiques est d’oeuvrer pour la conversion des musulmans, mais cela ne solutionne pas tout politiquement.
Il y a aussi des réalités terrestres qui ont une logique autonome. Et donc des solutions politiques à mettre en oeuvre puisque la racine du mal quand même, c’est l’immigration.

Sans cette présence massive immigrée en France et en Europe, il n y aurait pas de problème d’islam. Ceux qui ont créé Daesh aujourd’hui, ce sont ceux qui hier encore ont voté le regroupement familial. Daesh vient de là, mais aussi de l’ouverture des frontières, sous la pression de la mondialisation libérale. Il y a un système économique, qui a permis à toutes ces populations hostiles d’arriver en France et en Europe. Il y a des intérêts économiques évidents derrière tout cela.

Le meilleur moyen de lutter contre le « terrorisme », c’est de lutter contre l’islam. Mais on ne peut pas lutter contre l’islam sans lutter contre l’immigration. Et on ne peut pas non plus lutter contre l’immigration si on ne s’attaque pas à « la racine du mal » comme disait Saint-Paul, c’est à dire à l’amour de l’argent.
Quant au terrorisme, je crois que c’est un mot un peu flou pour ne pas dire la vérité sur l’islam, pour ne pas dire que le problème vient de là. On va nous dire « oui mais la majorité des musulmans sont modérés et pacifistes ». Ça n’est pas faux. Mais c’est absurde de dire cela dans le sens où ça ne résout rien. C’est toujours une minorité de gens qui déterminent le cadre d’une nation, et la majorité suit, passive, complice.

C’est d’ailleurs ce qu’on entend souvent de la bouche de musulmans qui, face à un drame, vont dire : « Ah non mais c’est pas nous, c’est un complot d’un tel ou d’un tel, ça n’est pas un vrai musulman qui a fait ça …». Avant même de pleurer, de compatir, de dire « on condamne » ils disent « c’est pas nous , c’est un complot, il ne faut pas croire ». C’est constitutif de l’identité arabo-musulmane : tout mettre sur le dos du voisin et faire front autour de la communauté. Je pense que le problème de l’islam radical, c’est le problème de la présence immigrée en France. Pas seulement ceux qui arrivent maintenant, mais ceux qui sont nés ici et qui y vivent depuis quarante ans.

Breizh-info.com : Ne va-t-on pas vers une sorte de fracture dans l’Église entre les responsables religieux, une partie de leurs ouailles, et la majorité des catholiques ?

Julien Langella : Disons que les structures dans l’Église ne sont pas les mêmes que dans un parti politique ou dans n’importe quelle association. Nous croyons nous catholiques, que l’Église n’est pas seulement une institution mais quelque chose de surnaturel, qui existe aussi dans les cieux. Cela peut être compliqué à comprendre pour quelqu’un qui n’a pas la foi, mais pour comprendre le regard qu’ont les catholiques sur les événements actuels, on est obligé d’essayer de comprendre la vision catholique de l’Église.
Pour nous le Pape, certains évêques, sont des pairs. Des personnes à suivre quand ils parlent de foi, de morale. En revanche, on ne les prend pas pour infaillibles.

Quand le Pape parle de questions politiques, il n’est pas infaillible. C’est une question qui a été résolue au Concile de Vatican I à la fin du 19ème siècle. Evidemment, nous ne sommes pas indifférent à ce qu’il dit sur le plan social. Mais pour nous, comme on le considère comme un pair et qu’on l’aime , j’ai l’impression d’avoir un vieil oncle qui dit « des conneries » et qu’on doit supporter parfois. Mais quand même, on l’aime et on le défend ; il ne peut pas y avoir de fracture ouverte, c’est impossible. Toute la fidélité des catholiques à l’Église repose sur une promesse du Christ, qui est : « les portes de l’Enfer ne prévaudront point contre elle ».

On sait à l’avance, en tout cas on le croit, que l’Église ne peut pas défendre une doctrine anti-chrétienne. Il n y aura pas de fractures en réalité, en revanche, je crois qu’en effet, des catholiques prendront de plus en plus d’initiatives sans le concours de leurs évêques ou de leurs prêtres, mais sans obtenir leur condamnation non plus.

De plus en plus de fidèles vont protéger leurs églises, et malheureusement parfois contre l’avis de certains évêques. Mais dans l’histoire, il y a eu plein d’oppositions comme cela ; l’Action française a été excommuniée au début du XXème siècle, puis dix ans après, le conflit a été réglé. On est pas au premier conflit dans l’Église, je pense que ça n’en prendra même pas la forme, je pense que la fracture existe déjà depuis un moment. Mais en réalité l’Église finit toujours par bénir ceux qui ont la force, les hommes d’armes.

L’Eglise ne peut pas ignorer depuis plus longtemps ce réveil identitaire. Il y a de plus en plus de prêtres, de jeunes prêtres, et même d’évêques (comme celui de Bayonne) qui prennent en compte le réveil identitaire des peuples européens.

academia

Breizh-info.com : Revenons à Academia Christiana. Combien de participants attendez vous pour votre troisième Université d’été ? Quel sera le contenu ?

Julien Langella : Cette année, nous allons traiter de l’identité. Les catholiques ont été en pointe du combat contre la loi Taubira (gender, PMA, GPA …). Toutes ces mesures ont un point en commun, celui de vouloir repousser toutes les limites données à la création par le Bon Dieu. Parmi ces limites là, nous voudrions ajouter nous d’autres limites, culturelles, identitaires, nationales, ethniques. Et nous pensons que les catholiques doivent aussi s’engager pour défendre ces limites là. Ils doivent défendre toutes les identités, pas simplement l’identité sexuelle.
Et donc il faut combattre tous les Gender, parce que le multiculturalisme, la religion du métissage, le mondialisme, c’est quoi ? C’est l’idée que n’importe qui peut être Italien, Français, Congolais en le décidant comme cela du jour au lendemain. Et le Gender, la théorie du Genre, c’est ça : choisir d’être homme ou femme. C’est la même logique.

On ne peut pas d’un côté lutter contre le Gender, donc repousser le mondialisme et d’un autre côté le laisser rentrer par la fenêtre. Au nom d’un hypothétique Front de la foi, ou d’une union entre croyants,  chrétiens et musulmans , d’accord, ponctuellement, sur le Gender, se produisent des scénarios complètement contradictoires.

Notre religion repose sur un dogme essentiel : l’incarnation. Dieu s’est fait chair, c’est homme. Cela signifie donc que Dieu c’est race, culture, nation. Jésus était un Juif pieux, qui a respecté les devoirs civiques de la Nation juive. Cela doit nous donner aussi pour nous l’exemple, d’abord d’aimer notre nation, les nôtres. « Honore ton père et ta mère »  comme nous le demande le 4ème des dix commandements. Pas le voisin ou le lointain, non, le prochain.

C’est cette vision catholique que nous essaierons d’exposer cet été avec pas mal d’intervenants comme l’abbé de Tanouarn, Arnaud Menu (Radio Libertés), Slobodan Despot, Guillaume Luyt, Charlotte d’Ornellas, et tant d’autres.

Propos recueillis par Yann Vallerie

Crédit photo : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. « L’islam est un système juridique tellement contraignant qu’on peut pas le suivre à la lettre. Ils sont obligés de faire des concessions avec ça, ce qui fait qu’ils sont schizophrènes, bipolaires, et c’est pour cela qu’ils sont instables. » Donc déséquilibrés.

    « Il y a un système économique, qui a permis à toutes ces populations hostiles d’arriver en France et en Europe. Il y a des intérêts économiques évidents derrière tout cela. »
    Donc il faut s’attaquer aux causes.

    « Je pense que le problème de l’islam radical, c’est le problème de la présence immigrée en France »
    Le problème de l’islam c’est que c’est une fausse religion créée par Satan contre la seule vraie religion. Le problème de la France c’est son apostasie, apostasie qui a été accélérée par Vatican II, par la révolution dans l’Église.
    SI toutes les églises étaient pleines et les chrétiens non modérés, beaucoup de musulmans se convertiraient.

    « On sait à l’avance, en tout cas on le croit, que l’Église ne peut pas défendre une doctrine anti-chrétienne. »
    Le faux œcuménisme promut depuis Vatican II est anti-chrétien, le Nouvel Ordo Missae est antichrétien, en rupture avec la Tradition…….

    « Notre religion repose sur un dogme essentiel : l’incarnation. Dieu s’est fait chair, c’est homme. Cela signifie donc que Dieu c’est race, culture, nation. »

    Non, la grâce ne détruit pas la nature, mais elle la transcende, dans le Christ il n’y a plus ni juif, ni grec, ni scythe, ni homme, ni femme….

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