Journaliste franco-marocain contrôlé lors d’une messe à Châteaubriant (44). Mieux vaut prévenir que guérir ?

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04/08/2016 – 05H30 Châteaubriant  (Breizh-info.com) – Dimanche 31 juillet 2016, se tenait en l’église de Châteaubriant (Loire-Atlantique) la traditionnelle messe dominicale. Pour l’occasion – et quelques jours seulement après l’attentat de Saint-Etienne du Rouvray – les fidèles étaient venus nombreux pour se rassembler, prier et rendre hommage au père Hamel, assassiné par deux islamistes.

Ouest-France rapporte qu’un de ses correspondants locaux – un Franco-Marocain de 46 ans venu « prendre le pouls de la communauté catholique » – s’est fait contrôler, durant la messe, par deux gendarmes, pour une vérification d’identité, avant de pouvoir regagner sa place. Il n’a donc pas été « expulsé » de l’Eglise comme le titre Metro.

Motif de ce contrôle ? Un fidèle, n’ayant jamais vu cet homme au préalable dans l’église, avait appelé les autorités pour les informer d’une « présence potentiellement suspecte ». Le correspondant local se tenait au fond de l’église, un sac et un casque à la main.

Le quotidien subventionné titre : «Châteaubriant. Suspecté dans l’église en raison de ses origines », avant d’évoquer le « sentiment d’humiliation » vécu par le correspondant local.

Le père Patrice Éon de Châteaubriant publiait de son côté un texte sur Internet dans lequel il s’interrogeait : « Va-t-on se mettre à suspecter tout visage nouveau qui entre dans notre assemblée sous prétexte que nous ne le connaissons pas ? Je sais que le climat est à la peur, mais justement, parce que le climat est à la peur, il faut raison garder ! L’église est un sanctuaire, un lieu sacré, un lieu où l’hospitalité est sacrée. Au nom de toute la communauté chrétienne, je demande pardon au correspondant local d’Ouest-France pour ce qu’il lui est arrivé dimanche. »

Pourtant, dans une période « d’état d’urgence » et « de guerre », le fidèle qui a contacté la gendarmerie ne l’a fait que par prévention. Quoi de plus normal en effet, alors que la France est frappé par le terrorisme islamiste – de signaler un individu – de type nord africain – inconnu des fidèles d’une religion  attaquée et portant un casque et un sac ?

Les autorités – que l’on ne peut suspecter de racisme ou de discrimination – recommandent par ailleurs de signaler toute attitude ou tout comportement suspect. C’est ce que ce fidèle a fait.

Un autre fidèle présent à la messe ce jour là – nous n’avons pas retrouvé la personne ayant prévenu la gendarmerie – ne comprend pas la polémique : « tous les terroristes islamistes qui ont frappé la France sont en large majorité d’origine arabe. Je ne trouve pas cela choquant de contrôler quelqu’un qu’on a jamais vu, à quelques jours de ce meurtre horrible. Mieux vaut prévenir que guérir » nous explique-t-il. « Pour que les gendarmes et les policiers puissent travailler plus efficacement, il faut bien se concentrer sur les profils qui sont plus à risque que d’autres non ? Ça ne me choque pas que l’on fasse une simple vérification sur un individu de 40 ans d’origine arabe, et pas sur une retraité de 70 ans d’origine anglaise. Cela permet d’éviter de perdre son temps ».

Ce fidèle  pose la question de la discrimination, c’est à dire de la distinction, ou du contrôle au faciès, des méthodes interdites en France, au nom de l’égalité – pas de la lutte contre le terrorisme ni de la sécurité des citoyens.

Entre un contrôle d’identité même « humiliant », et l’assassinat possible de fidèles dans un église, ce fidèle ayant appelé la gendarmerie semble toutefois avoir décidé de prendre les devants pour sa propre sécurité et celle des autres. Un comportement normal en période de guerre. Plus équilibré que les fausses rumeurs ou de la vague de paranoïa s’étant emparée de La Baule récemment.

Toujours au nom de la prévention,  à Paris, Toulon, Lyon, Lille, mais aussi à Nantes ou à Saint-Brieuc, des jeunes fidèles réunis derrière le mot d’ordre #defendtoneglise. sont venus « protéger » leurs églises ce dimanche 31 juillet.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2016 dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

 

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3 Commentaires

  1. S’il en a marre d’être contrôlé en raison de ses origines , la solution est de retourner vivre parmi les siens …..au Maroc !
    Bon voyage !

  2. Certes les tueurs de St Etienne du Rouvray ont – en suivant des
    textes, des interprétations et des exhortations qui les ont égarés –
    commis un triple sacrilège en exécutant un prêtre pendant un office dans
    une église.

    Mais ce paroissien qui a « signalé » le journaliste a
    lui aussi commis un sacrilège, et une profanation, oh combien ! Et à mes
    yeux son acte est bien pire, sa faute bien plus lourde, que ceux des
    assassins de St Etienne du Rouvray. Et que bien sûr les profanations des FEMEN.
    Bien évidemment, comme je le dois, je le libère de la dette de sa culpabilité mais je dois signaler son erreur.

    Comme l’a heureusement rappelé le prêtre, l’hospitalité est un devoir
    sacré, de surcroît dans la maison de Dieu qui est asile (cf Geoffroy de
    Montmirail et cet épisode de l’arbitre de football dans Don Camillo,
    pour ne citer que des exemples de fiction, qui reposent sur une réalité
    non contestable).
    Il a ensuite osé faire appel au bras armé de César
    en un lieu où plus encore qu’ailleurs seul Dieu – et donc Amour et
    Pardon, Miséricorde (dont c’est l’année !!!) – est Maître.
    Il a jeté
    aux oubliettes, aux orties qu’il a fait pousser par son acte dans ce
    jardin d’ Eden qu’est un sanctuaire, sa Foi en la Providence, ce
    « n’ayez pas peur » de Jésus rappelé par Jean-Paul II. Il a oublié son
    devoir de martyr (témoin).
    Il a oublié, jeté aux orties, tous les exemples et leçons si précieux dont sont construits les Evangiles.

    Son devoir de chrétien était, s’il avait un doute sur les suites
    possibles de la présence d’un inconnu (avec un délit de faciès de plus à
    la clé, avec l’ignorance et un totalement stupide amalgame entre une
    identité « visible » et une identité supposée) d’aller interroger cet
    inconnu, un frère devrait-il être besoin de le rappeler, en l’invitant
    d’abord à s’approcher de la table où était servi le repas du Seigneur
    pour y participer. S’il essuyait un refus, il pouvait alors informer
    l’officiant et les autres paroissiens d’un possible danger, à ses yeux.

    Sur le parvis, il en est autrement. On pourrait moins difficilement
    admettre qu’un chrétien y oublie son devoir et y privilégie son rôle de
    citoyen.

    Quant aux gendarmes, elles ne s’excusent pas, elles
    présentent leurs excuses. Ce qu’elles n’avaient d’ailleurs pas à faire
    en tant que gendarmes puisque bras armé de César justement.(sauf sans
    doute pour être intervenues dans un lieu sacré…).

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