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16/09/2016 – 05H45 France (Breizh-info.com) – Une nouvelle étude indépendante américaine prévoit la destruction de 45 000 emplois en France, 200 000 en Europe en cas de mise en oeuvre de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA). Cette étude, publiée jeudi 15 septembre 2016 par l’Université de Tufts aux Etats-Unis évalue les conséquences économiques et sociales de la mise en oeuvre de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA).
L’étude montre que le CETA aura pour conséquence :
– d’ici 2023 la perte de 230 000 emplois au Canada et dans l’UE dont 200 000 dans l’Union européenne (45000 pour la France)
– un détournement du commerce intra-européen vers le Canada
– une baisse des revenus du travail en raison d’une pression accrue via le CETA sur les entreprises et les salariés
– une réduction des salaires
– une perte de revenus pour les États et la réduction du champ d’action des politiques publiques
– une hausse des déficits publics
– une baisse de la croissance en Europe et en particulier en France (-0.65%) et en Italie.
Pour Yannick Jadot, député européen vice -président de la Commission du Commerce international : « Loin des discours trompeurs du Président de la Commission encore hier devant le Parlement ou du gouvernement français sur les bénéfices extraordinaires attendus du CETA, la réalité est tout autre : cet accord de libre-échange est destructeur d’emplois, en plus de remettre profondément en cause notre capacité démocratique à protéger les salariés, les consommateurs, l’environnement, la santé, l’élevage, les AOC/AOP, l’alimentation et les services publics. Le Président de la République et le Ministre du Commerce qui se rendent ces prochains à Bratislava ne doivent pas simplement demander l’arrêt des négociations du TAFTA, mais aussi refuser de signer le CETA. »
Le CETA, (Comprehensive Economic Trade Agreement), négocié depuis 2009, doit être signé lors d’un sommet euro-canadien le 27 octobre à Bruxelles, avant d’être soumis au vote du Parlement européen et à la ratification des pays en 2017. « Comme le Tafta, le Ceta est inspiré de l’accord qui lie déjà les Etats-Unis et le Canada (« Nafta » ou, en VF, « Alena »). Il ne prévoit pas de révolution dans les tarifs douaniers (qui sont déjà au plus bas) mais s’emploie à casser les « barrières non-tarifaires », c’est à dire les normes et les règles, et de renforcer la protection des investissements des entreprises » peut-on lire dans Le Nouvel Obs.
Concrètement le CETA signifierait la suppression de 99% des droits de douane, l’ouverture aux marchés publics canadiens, la libéralisation de services comme les télécommunications et le transport maritime ou encore l’harmonisation de certaines règlementations, sur la propriété intellectuelle, par exemple. Pour ses opposants, ce CETA est une façon de remettre le TAFTA (traité transatlantique) sur la table, les entreprises américaines pouvant rapidement, via des poursuites judiciaires, s’engouffrer dans la brèche qui serait ainsi ouverte ; la France a pourtant annoncé mardi 30 août 2016 qu’elle souhaitait cesser les négociations de l’accord de libre-échange entre l’UE et les Etats-Unis.
De nombreuses manifestations contre le CETA sont prévues en France mais aussi en Allemagne, dans les prochaines semaines.
Photos : DR
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