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Les capitales occidentales ont salué la défaite d’Aleksandar Vučić comme une bonne nouvelle pour la démocratie serbe. Elles risquent d’être déçues sur un dossier au moins : le Kosovo. La Liste étudiante, née du mouvement de contestation et grande gagnante des législatives anticipées du 25 octobre face au Parti progressiste serbe (SNS), affiche sur la province une ligne plus dure que celle du pouvoir sortant.
« Jamais » de reconnaissance
Le 30 octobre, au micro de Radio KIM, le candidat Jugoslav Gašić a répondu sans détour à ceux qui imaginaient un assouplissement : la Liste étudiante ne reconnaîtra jamais le Kosovo. Il accuse le gouvernement Vučić d’avoir affaibli, par ses concessions à Pristina, les dernières institutions serbes encore présentes dans la province. Il exclut aussi toute coopération avec la Srpska Lista, le parti des Serbes du Kosovo allié de longue date à Vučić, à qui il reproche d’avoir desservi sa propre communauté.
Côté kosovar, le Premier ministre Albin Kurti reste prudent. Le 31 octobre, il a résumé la situation : on sait qui a perdu le pouvoir à Belgrade, on ignore encore qui l’a gagné. Il espère que la nouvelle équipe changera d’approche envers le Kosovo comme État indépendant. Selon Hungarian Conservative, ce scénario est hautement improbable.
Un programme écrit sans ambiguïté
Les engagements du mouvement sont écrits noir sur blanc. Dans un mémorandum publié en mai, la Liste étudiante qualifie le Kosovo de partie « inaliénable et intégrante » de la Serbie, et présente cette position comme une exigence constitutionnelle et une obligation historique. Sa feuille de route en politique étrangère prévoit de s’opposer à l’indépendance du territoire et à son entrée dans les organisations internationales. Elle s’appuie sur la Constitution serbe et sur la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Le mouvement va plus loin. Il promet un examen de constitutionnalité de tous les accords conclus avec Pristina et n’exclut pas de poursuivre les anciens responsables qui auraient signé des textes contraires à la Constitution et nuisibles à la Serbie. Il réclame davantage d’autonomie pour les municipalités à majorité serbe, des liens administratifs renforcés entre les communautés serbes et la protection des écoles, des hôpitaux et des biens de l’Église orthodoxe serbe.
Aleksandar Vučić refusait l’indépendance du Kosovo, mais il avait négocié avec Pristina une série d’accords de normalisation sous l’égide de l’Union européenne. Ce sont précisément ces accords que les étudiants veulent passer au crible.
Un discours un peu adouci après la victoire
La tête de liste, Ilija Srdanović, a toutefois arrondi les angles au lendemain du scrutin. Le 27 octobre, il a assuré que la Serbie poursuivrait le dialogue avec Pristina sous médiation européenne et respecterait les protocoles conclus au niveau international. Il a précisé que leur conformité à la Constitution pourrait être examinée, sans que ce soit une certitude. Le programme écrit prévoit pourtant ce contrôle pour tous les accords.
Bruxelles a rappelé ses exigences. Dès le 28 octobre, un porte-parole de l’Union européenne a déclaré que le changement de majorité ne modifiait en rien les obligations de la Serbie au titre de l’accord de Bruxelles de 2023 et de son annexe d’Ohrid. Ce texte engage Belgrade à ne pas s’opposer à l’adhésion du Kosovo aux organisations internationales, ce qui est exactement le contraire de la promesse étudiante. Le Premier ministre albanais Edi Rama a lui aussi prévenu que le refus de reconnaître le Kosovo resterait un obstacle majeur sur le chemin de Belgrade vers l’Union. À Washington, 5 sénateurs des 2 partis, dont Jeanne Shaheen et Chuck Grassley, ont félicité les vainqueurs tout en réaffirmant leur attachement à la normalisation avec Pristina.
Neutralité, Russie, Chine
Sur le reste de la politique étrangère, la continuité l’emporte. La Liste étudiante promet une coopération plus étroite avec l’Union européenne et les réformes nécessaires aux négociations d’adhésion, sans s’engager explicitement sur l’adhésion elle-même. Elle maintient la neutralité militaire de la Serbie et son partenariat avec la Russie, ainsi que le refus de sanctionner Moscou. Elle soutient en parallèle l’intégrité territoriale de l’Ukraine et plaide pour une paix négociée. Les relations avec la Chine se poursuivront, mais les investissements chinois, existants et futurs, seront davantage contrôlés sur le respect de l’environnement et du droit du travail.
Rupture avec Israël
Le vrai tournant concerne Israël. Sous Vučić, Belgrade avait considérablement développé sa coopération militaire avec l’État hébreu, jusqu’à annoncer en avril 2026 la production conjointe de drones de combat. La Liste étudiante accuse au contraire Israël de chercher à détruire la population palestinienne de Gaza, promet que la Serbie ne s’en rendra pas complice et annonce une hausse de l’aide humanitaire. Elle prévoit aussi une commission indépendante sur les achats et les exportations d’armes de l’ère Vučić, qui pourrait examiner de près les contrats passés avec Israël.
Budapest change aussi d’interlocuteur
La Hongrie est le dernier volet de ce changement de cap. L’axe Orbán-Vučić a disparu avec ses 2 protagonistes. Le Premier ministre hongrois Péter Magyar, vainqueur d’Orbán en avril, a été l’un des premiers dirigeants européens à féliciter les étudiants serbes, et il leur a téléphoné dès le soir du 25 octobre. Il estime que la victoire de son parti Tisza les a encouragés dans leur campagne. Ilija Srdanović a confirmé au site hongrois Telex que ce résultat leur avait montré qu’ils étaient sur la bonne voie, et il qualifie la Hongrie de partenaire essentiel. Le 3 novembre, devant le Parlement hongrois, Péter Magyar a annoncé que son gouvernement prendrait rapidement contact avec la nouvelle équipe de Belgrade.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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