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06/102016 – 07H30 Nantes (Breizh-info.com) – La 4ème édition des Géopolitiques de Nantes a attiré un nombreux public le week-end dernier. Patronnée par Nantes Métropole, La Croix, Ouest-France, le Journal du Dimanche, RFI, France 24 etc., cette manifestation se donne pour objectif « d’offrir des débats ouverts sur les questions stratégiques et géopolitiques majeures ». Parmi les nombreux débats proposés, celui sur « la désinformation : les armes du faux » s’annonçait prometteur.
Il était présenté par Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Deux jours auparavant, ce chantre de « la diversité dans les débats » participait à une émission d’une nouvelle chaine de la TNT consacrée à la guerre en Syrie. Les quatre intervenants, unanimes, n’ont pas eu de mots assez durs pour condamner le régime syrien et l’aide que lui apporte la Russie. Quand l’un d’entre eux affirma le plus sérieusement du monde que, dans ce conflit, « on ne pouvait pas prouver qu’un chrétien ait été persécuté pour le fait qu’il était chrétien », Boniface n’y trouva rien à redire…
Le premier intervenant, François-Bernard Huyghe, connait bien le sujet – il a publié cette année un excellent essai intitulé La désinformation, Les armes du faux (Armand Colin). Huyghe cite un exemple historique de désinformation d’État : le massacre de Katyn durant la 2ème guerre mondiale, attribué aux Allemands alors que les Soviétiques en étaient responsables. Parler alors de désinformation était alors une marque de l’anticommunisme. Il cite aussi le faux massacre de Timisoara, les bébés tués dans leurs couveuses par les troupes de Saddam Hussein, ou l’épuration ethnique pratiquée par les Serbes de Milosevic, « information » reprise par toute la presse occidentale. Ce sont là des exemples de désinformation « privatisée » mais pour le compte des USA. Pour Huyghe, est désigné comme désinformateur « celui qui s’oppose aux valeurs universelles et qui est vite transformé en ennemi du genre humain », il sera traité de « complotiste, ce qui est l’injure la plus facile ». Une intervention peu politiquement correcte et sans langue de bois, très appréciée par le public.
Le second intervenant, le Nantais Claude Sérillon, ancien journaliste à Presse Océan puis présentateur du JT d’Antenne 2, termina sa carrière comme conseiller en image du Président Hollande – avec le succès que l’on sait. Cela ne l’empêchera pas d’affirmer qu’il a eu «le privilège de travailler pour le Président républicain » (sic). Sérillon dira qu’il n’aime pas les chaines d’info en continu, trop nombreuses et qui se battent pour être la 1ère à présenter une info qui si elle est fausse ne sera pas ou peu rectifiée. Pour lui, les journalistes ne cherchent plus qu’à faire du spectaculaire quand ils ne se transforment pas en communiquants, comme Anne Méaux pour qui « la vérité n’est pas mon sujet ».
Avec François Reynaert, romancier, essayiste et journaliste à L’Obs, à Libération et à France Inter, on rentre dans le vif du sujet. Il avouera tout de go : « Oui la presse ment », enfin parfois, comme « Libé », mais il faut l’excuser ! « Ne lisez pas les sites complotistes » conseille-t-il au public, citant pour exemple Russia To day et Sputnik, avant de confier « France Inter , j’adore ! », ce qui n’étonna personne. Par contre Reynaert n’aime pas Internet – « ce n’est que du commentaire ». Pour lui, la base du métier c’est le reportage, comme ceux du Monde, de L’Express, de L’Obs ou de France Info. Il est critique envers ses confrères : « la démission de Macron, on se calme, c’est pas juin 40 ! ».
Dernière intervenante, Laurence Aubron, fondatrice d’Euradionantes reprochera aux journalistes français d’être « égocentrés sur les problématiques nationales ». Pour elle « le vrai pouvoir est à Bruxelles, allez y, vous n’y êtes que 35 ! ». Elle déplore au passage qu’aucun média ne relaie Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne.
Le débat avec la salle va être animé. Un spectateur interpelle Reynaert : « Vous parlez de Russia Today sans la connaitre ». Un autre s’interroge : « Comment un type comme Minc peut-il continuer à pérorer dans vos medias ? ». Mais alors quelle est la solution à la désinformation ? Pour Laurence Aubron, c’est Marine Le Pen qui en est la principale responsable : « elle dit n’importe quoi et on ne la reprend pas assez ». Un de ses collègues proposera démocratiquement de n’attribuer des cartes de presse qu’à ceux qui partagent « la même communauté d’idées et d’éthique », précisant : « je n’aime pas critiquer les confrères ».
Pascal Boniface tirera les conclusions du débat : « La gratuité est une fausse idée, achetez la presse papier et choisissez ! ». Avant d’ajouter : « S’informer ça coûte de l’argent et de l’effort ». Remarque qui vaut aussi pour la presse de réinformation sur Internet. Mais ça, Boniface ne le dira pas…
Photo : DR
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Une réponse à “Géopolitiques de Nantes. Désinformation, mais qui la pratique ?”
certaines personnes auraient du lire : info syrie – le blog de Louis Denghein
http://www.laplumeagratter.fr/…/infosyrie-sarrete-la-syrie-continue-par-louis-d...