Après le Brexit, un nouveau référendum sur l’indépendance écossaise ? Les nationalistes sont partagés

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11/10/2016 – 05H45 Édimbourg (Breizh-info.com) L’Europe reste décidément un thème à risque pour le Scottish National Party (SNP). Quand le Royaume-Uni a voté majoritairement pour quitter l’Union européenne, lors du référendum du 23 juin dernier, l’Écosse a voté contre le Brexit. Nicola Sturgeon, présidente du Scottish Nationalist Party (SNP), s’est empressée d’enfoncer le coin : l’Écosse ne veut pas se voir imposer une sortie de l’Europe qui n’est pas son choix, il faut un nouveau référendum sur l’indépendance écossaise.

Certains l’avaient pressenti. « Si le Royaume-Uni vote à sortir de l’Europe, l’Écosse vote à sortir du Royaume-Uni », avait prévenu, en français, l’ancien premier ministre travailliste Tony Blair. La revendication du SNP paraît donc dans l’ordre des choses. Mais elle devient un ferment de division dans le parti.

Organiser demain un nouveau référendum d’indépendance conduirait à une campagne plutôt cocasse. Tandis que le SNP inviterait les Écossais à voter pour rester dans l’Union européenne (ce qui est déjà paradoxal dans une perspective indépendantiste), l’Union européenne ferait tout son possible pour qu’ils votent contre. Les institutions européennes ont toujours été hostiles à l’indépendance écossaise. De crainte qu’elle ne déstabilise certains États-membres comme l’Espagne, confrontée à l’indépendantisme catalan. En 2014, du temps où il présidait la Commission européenne, José Barroso, aujourd’hui salarié de la banque d’affaires Goldman Sachs, avait prévenu qu’il serait « extrêmement difficile » pour une Écosse indépendante d’adhérer à l’Union européenne. Aujourd’hui, la Commission européenne continue à rejeter les manifestations d’affection du SNP à son égard. Une Écosse indépendante ne serait pas « héritière » du Royaume-Uni. Elle devrait suivre une lourde procédure d’admission et se soumettre aux conditions que Londres avait réussi à éviter.

Si 62 % des Écossais ont voté contre le Brexit, cela ne signifie pas qu’ils désirent ré-adhérer à l’Union européenne aux conditions dictées par Bruxelles. Voudraient-ils renoncer à la livre sterling au profit de l’euro et passer au bureau de change pour aller faire des courses en Angleterre ? Voudraient-ils présenter leur passeport en passant le mur d’Hadrien ? Ces questions se profileraient dangereusement derrière le simple choix oui/non sur l’indépendance au cas où un nouveau référendum aurait lieu à bref délai (Alex Salmond, ex-leader du SNP préconise de l’organiser à l’automne 2018).

Les militants hostiles à un nouveau référendum ?

L’opportunité d’un nouveau référendum est désormais contestée officiellement au sein du SNP. Celui-ci doit élire cette semaine un nouveau numéro deux en remplacement de Stewart Hosie, démissionnaire depuis la révélation de sa liaison avec une journaliste (circonstance aggravante : Mme Hosie, qui a aussitôt demandé le divorce, fait partie du gouvernement SNP comme secrétaire à la santé). Quatre candidats se présentent pour succéder à Hosie. Le favori est Angus Robertson, leader du groupe parlementaire SNP à Westminster, fidèle à la ligne de Nicola Sturgeon. Mais son challenger le plus sérieux, le parlementaire Tommy Sheppard, élu d’Édimbourg, vient de prendre position contre un référendum précipité.

Selon lui, deux référendums ratés coup sur coup ruineraient pour longtemps les chances de l’indépendance écossaise. « Il n’y a aucune marge pour les manifestations d’amour-propre », a-t-il déclaré, affirmant que la base militante du parti n’est pas demandeuse d’une nouvelle consultation électorale dans l’immédiat. Le parlementaire européen Alyn Smith, également candidat au poste de vice-leader du SNP, s’est aussitôt rangé à cette position. Le Brexit risque de provoquer des dommages collatéraux au sein du parti.

Crédit photo  : U.S. Department of State, domaine public via Flickr
[cc] Breizh-info.com, 2016, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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1 COMMENTAIRE

  1. Article qui fait la synthèse de ce que j’entends. Et Barroso est maintenant chez Goldman Sachs.

    EU est un truc politique qui ne finit jamais un projet correctement. A l’image du parlement EU, un truc innachevé qui ne peut proposer une loi.

    Les commissaires EU style Barroso, Moscovici, sont nommés par les gouvernements, en échange d’un forte rémunération ils suivent les ordres de leur maitre.

    Dans la meme temps le Comité des Regions EU prone l’Europe des 100 drapeaux.

    Une grande partie des indépendandistes écossais depuis la « trahison Barroso », voeux renouvelés avec la Catalogne, pensent maintenant qu’une indépendance au sein du Commonwealth est préférable.

    Depuis il y a aussi l’effet des quotas de migrants planifiés qui donne un signal désastreux sur le respect des traditions écossaises. Le Commonwealth n’impose rien de tout cela.

    Enfin le barril était à 100$ lors du dernier referendum.

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