11/11/2016 – 17H00 Washington (Breizh-info.com) – Il s’agit peut-être de l’analyse la plus évidente, la plus inattaquable de cette élection présidentielle américaine 2016. Il existe un vote ethnique extrêmement fort aux États-Unis. Ce vote ethnique écrase toutes les autres données. Le degré d’éducation, l’âge ou le sexe ne sont que des variables secondaires comparées à la question ethnique. Une réalité qui concerne tous les pays devenus, au fil des années, multi-culturels. A commencer par le nôtre.

Selon un sondage « Sortie des urnes » réalisé pour la chaîne CNN, la répartition totale par ethnie des votants de chaque camp, au niveau national est la suivante :

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Il ne s’agit pas d’une découverte. Depuis des décennies, il est clair que chaque groupe ethnique vote de manière relativement uniforme. La nouveauté réside dans la diminution du nombre d’Euro-Américains et l’augmentation de la population d’origine africaine, hispanique et asiatique.

Cela se remarque particulièrement dans le vote des jeunes.

Le vote des jeunes

« Les jeunes ont voté Hillary ! » se sont enthousiasmés les observateurs de cette élection.

La réalité est un peu plus complexe lorsqu’on la regarde au travers du filtre ethnique.

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A première vue, il existe un véritable fossé générationnel. Les jeunes américains (18-24 ans) votent en effet à 56 % pour Clinton. Ce n’est qu’à partir de 40 ans que la population républicaine reprend l’avantage.

Le constat semble donc clair mais la réalité est, comme souvent, bien plus complexe.

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Lorsqu’on analyse les données croisées de l’âge des votants ainsi que de leur appartenance ethnique, il devient clair que les jeunes Blancs ont plus voté pour Trump que pour Clinton !

Ces fameux Blancs « Millenials », la génération Y en France, ne sont donc pas acquis au parti Démocrate. Il faut peut-être y voir une conséquence de la mobilisation virtuelle de dizaines de milliers d’activistes numériques qui ont inondé, depuis 4Chan et Reddit, les réseaux sociaux de publications  à la gloire de Donald Trump.

Hillary Clinton n’a jamais obtenu de majorité franche dans l’électorat blanc

Dans l’immense majorité des États, les Euro-Américains ont majoritairement voté pour Donald Trump. Même dans les États où la victoire d’Hillary Clinton a été la plus large, elle n’a jamais obtenu de raz-de-marée dans l’électorat blanc.

Prenons l’exemple de la Californie. Hillary Clinton y  a obtenu 61,5 % des voix tandis que son opposant Républicain n’a réuni que 33,3 % des suffrages.

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Pourtant, la candidate Démocrate n’a pas réussi à rassembler une majorité claire de l’électorat blanc. Si la différence de 5 points est importante, il ne s’agit pas d’un plébiscite. C’est d’autant plus vrai chez les hommes blancs qui ont majoritairement choisi Donald Trump.

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Dans les états clefs, un fort vote blanc

Que ce soit en Floride…

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En Ohio …

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Ou en Caroline du Nord…

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Donald Trump a surperformé par rapport à la moyenne nationale (58 % d’électeurs blancs). Même si en Ohio et en Caroline du Nord les minorités ethniques ont également été plus portées que leur moyenne vers le vote Démocrate, cela a permis à Donald Trump de remporter ces trois états capitaux.

Le critère ethnique, pivot fondamental ?

Le critère ethnique n’est-il pas secondaire par rapport à d’autres facteurs, sociaux par exemple ? La réponse est négative. Le critère ethnique est bien la clef pour comprendre ce scrutin présidentiel Pour s’en convaincre, voici la preuve que, même parmi les Américains blancs les plus diplômés, la majorité d’entre eux vote toujours pour Donald Trump.

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49 % des Blancs américains passés par l’université ont voté pour Donald Trump. 45 % pour Hillary Clinton. C’est le mythe de l’électeur « beauf », blanc, aviné et au chômage qui en prend un coup !

Et cela se vérifie partout, notamment dans les fameux « Swing States » :

Floride…

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Ohio …

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Caroline du Nord…

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Le vote ethnique des minorités bien plus massif que celui des Blancs

Finalement, le vote des Blancs pour Donald Trump n’est pas si élevé que ça comparé à celui des Africains, des Asiatiques ou des Hispaniques. 

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On le voit très bien, les minorités votent bien plus en bloc que les Euro-Amécicains. Les Afro-Américains ont notamment voté à près de 90 % pour Hillary Clinton. Le vote ethnique est donc bien plus fort chez ces minorités. Un fait que les médias dominants, pourtant très portés sur la dénonciation du « racisme », se gardent bien de souligner.

« The Big Replacement »

Dans plusieurs états, la substitution ethnique est observable grâce aux sondages fournis par CNN. Au Texas, c’est particulièrement frappant.

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Trump a été élu avec 52,6 % des voix. Les Blancs ont voté à 69 % pour Donald Trump.

Dans le tableau « Age » les deux rangs « 18-24 » et « 25-29 » sont pourtant majoritairement acquis à Hillary Clinton.

Les minorités sont donc désormais en passe de devenir majoritaires chez les jeunes dans certains états (Texas, Californie, etc.).

Au travers de l’étude de toutes ces données, c’est tout simplement le visage de l’Amérique de demain qui se révèle. Le vote ethnique et l’évolution démographique des États-Unis rendront mathématiquement impossible l’élection d’un Donald Trump dans quelques décennies…

Photo : DR
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4 Commentaires

  1. Le clivage ethnique ressort très clairement de ces chiffres et apparaît comme le facteur le plus important; c’est ce qui se passe dans toutes les sociétés hétérogènes. Ce facteur n’est pas apparu récemment; les économistes s’accordent pour reconnaître que le faciès des Etats-Unis en matière de choix économiques et sociaux a subi l’influence de ce clivage depuis plus d’un siècle. Ce serait lui qui aurait fait des Etats-Unis un pays réfractaire à la solidarité sociale, aux impôts et à tout processus de redistribution parce que chaque communauté refuse depuis très longtemps de payer pour les autres communautés. Une société multiethnique est donc inévitablement une société non solidaire, contrairement à ce que pensent les zélateurs de la société universelle; la solidarité nationale n’existe que dans des sociétés homogènes. Ce phénomène touche désormais la France comme le souligne Christophe Guilluy qui cite Jérôme Fourquet (IFOP) dans son dernier ouvrage. Ainsi, et contrairement à toute attente, en cette période de crise économique et sociale, les ressorts électoraux des classes populaires françaises sont désormais ethnoculturels (c’est ce qui permet d’expliquer que l’extrême-gauche d’une part, les souverainistes qui ignorent les problèmes liés à l’immigration d’autre part, ne font pas recette); par ailleurs, ces mêmes classes populaires refusent de plus en plus nettement de payer pour les communautés immigrées ce qui les porte à refuser la redistribution sociale !  »Plus étonnant encore, dans un contexte où prévaut le sentiment que l’aide sociale bénéficie prioritairement aux immigrés, 71% des ouvriers et 73% des employés considèrent que la société évolue vers trop d’assistanat » (dixit Christophe Guilluy). La fracture ethnique est en train d’emporter toute idée de solidarité nationale.
    Un autre aspect des sociétés multiethniques est souligné par Christophe Guilluy qui se réfère aux travaux du grand sociologue américain (de gauche) Robert Putnam lequel a mis en évidence le net dépérissement de la « vie collective » dans ces sociétés ainsi que la baisse de la confiance mutuelle liée directement à leur hétérogénéité. Christophe Guilluy pense que cet effet de l’hétérogénéité de notre société va se renforcer au cours des années à venir, en France.
    Les bobos ont tout faux ! Nous n’allons pas vers la société des bisounours mais vers une société éclatée, sans solidarité, conflictuelle, politiquement ethnicisée (les partis politiques deviendront des partis à fondement ethnique), incapable de trouver un point d’équilibre et de déterminer un Bien commun parce que chaque communauté aura sa propre conception du Bien commun et que celle des Français de souche (et des immigrés d’origine européenne) n’est pas celle des immigrés musulmans, ni celle des immigrés subsahariens. Ce sont donc les conditions de formation d’une république qui s’évanouissent (absence de Bien commun et d’une commune définition de la liberté, celle des musulmans étant lié au seul respect des principes coraniques, par exemple) !
    L’immigration et la communautarisation inévitable qui en procède (Comme nous le dit Malika Sorel – Sutter, l’assimilation n’est possible que pour de petites minorités; pas pour des masses considérables) sont en train de ruiner l’équilibre et la solidarité fraternelle de notre peuple.

  2. Les USA ne s’embarrassent pas avec le mot « race ».

    Je me permets de pointer une segmentation pas claire aux US et qui n’est pas claire dans votre article. Elle aurait permis d’accentuer encore plus votre exposé.

    Le mot « white » inclut : eurasian + latino. Certain media US font la distinction. La sous catégorie « white and non latino » vote encore plus Trump. Avec le critère homme, on monte à 79% (de mémoire).

    Les white (latino inclus) vont rester majoritaire à 65% dans les prévisions. Le groupe « white non latino » perdant la majorité mais restera le plus grand groupe. En plus les états se spécialisent. La politique familiale par état n’est pas du tout comme celle en France.

    On n’oublit aussi la catégorie asiatique sur la cote ouest.

    L’élection d’un Reagan sera également impossible.

  3. Les conséquences d’une natalité débridée vont mener le monde à l’effacement identitaire..
    Ce que beaucoup rêvent comme un scénario de science fiction passionnant.va se relever être un enfer surpeuplé et barbare. On en. À déjà un avant goût dans ce début de multiculturalisme hors de contrôle.

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