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18/12/2016 – 07H00 Paris (Breizh-info.com) – Les « Hollandais » sont en train de se rallier à Manuel Valls. Lentement mais sûrement. Les Bretons comme les autres.
Lundi 5 décembre. Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, et ses amis décident d’«un soutien sous conditions», et donc pas immédiat, à Valls. Lequel devra défendre le bilan et afficher une ligne « de gauche ». Le Foll se déclare favorable à des sanctions contre les ministres et secrétaires d’État trop proches de l’ancien Premier ministre. Sont visés nommément : Jean-Jacques Urvoas, ministre de la Justice, et Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement (Le Canard enchaîné, 07/12/2016).
Mardi 6 décembre. Bruneau Le Roux remplace Bernard Cazeneuve à l’Intérieur. Ex-patron des députés socialistes, l’élu de Seine-Saint-Denis avait jusqu’à présent raté tous les trains gouvernementaux, ce dont il était marri. Cette nomination à ce poste stratégique est une récompense pour services rendus à une fonction ingrate, tout au long d’une mandature marquée par une guerre de positions entre députés légitimistes et frondeurs (Le Figaro, 07/12/2016).
Le premier carré Vallsiste s’enrichit. « Il y a quelques semaines le TPE vallsiste a refait les pointages dans le groupe et dit compter facilement sur un tiers des députés ». Manuel Valls recrute également des barons provinciaux. « Grâce à Beauvau, il a pu tisser son propre réseau délux locaux. D’autres grands élus classés «hollandais» devraient suivre, comme les jeunes maires de Rennes (Nathalie Appéré) et Nantes (Johanna Rolland). » Quid des ministres ? « Officiellement, ils ne sont que deux à avoir l’étiquette officielle de « vallsistes » : le ministre de la Justice, J.J. Urvoas, et le secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen » (Libération, 05/12/2016).
Que devient le grand homme de la Bretagne, Jean-Yves le Drian, dans ce remue-ménage ? On connaît sa réponse : Selon lui, l’ex-Premier ministre « incarne le courage et la volonté nécessaire pour porter la voix de la France, et défendre les valeurs de la gauche». Faisant l’éloge de « sa connaissance profonde des mécanismes régaliens tout autant que son attachement à la décentralisation», le ministre de la Défense estime qu«‘il saura rassembler […] autour du progrès social» (Ouest-France, 14/12/16).
Ce petit tour d’horizon montre que les Bretons sont très présents dans les sphères gouvernementales. Malheureusement ils demeurent incapables de faire bloc. En effet, au lieu de pratiquer le ralliement individuel à Manuel Valls, ce qui ne rapporte rien et constitue une forme de soumission, ils auraient intérêt à jouer collectif et à poser leurs conditions au cours d’une « belle » négociation : réunification, régionalisation, reconnaissance de la langue bretonne…La Bretagne n’est forte que lorsque les Bretons sont unis face à paris. Et comme Valls a besoin du soutien des leaders bretons « de gauche », il serait prêt à faire toutes les promesses pour l’obtenir, aussi bien pour la primaire que pour la présidentielle. Encore faut-il lui présenter le cahier de doléances !
Reste bien sûr à évaluer les chances de l’ancien Premier ministre. Pour la primaire de la gauche, elles apparaissent fortes. Si on prend en compte les personnes inscrites sur les listes électorales et qui déclarent qu’elles iront certainement voter, Manuel Valls fait la course en tête dans les intentions de vote : 45%, contre 28% pour Arnaud Montebourg et 11% pour Benoit Hamon (Harris interactive, « Émission politique » de France 2, 08/12/2016).
Les choses sérieuses commencent alors avec le premier tour de l’élection présidentielle (23 avril 2017). Un sondage Ifop (Paris Match, 08/12/2016) réalisé après l’annonce par François Hollande qu’il ne demandera pas le renouvellement de son mandat et intégrant Manuel Valls comme candidat du PS montre que ses chances sont faibles ; il n’arrive en effet qu’en cinquième position dans les intentions de vote : François Fillon (27,5%), Marine Le Pen (24%), Emmanuel Macron (13,5%), Jean-Luc Mélenchon (12,5%) et Manuel Valls (10%). Il n’est donc pas question pour lui, de participer à un second tour réservé aux deux candidats ayant « recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour » (article 7 de la Constitution). Donnée qui n’étonnent pas ceux qui se souviennent que son passage à Matignon n’a pas laissé des souvenirs impérissables. En effet, seuls 31% des Français estimaient avoir en lui un bon Premier ministre, alors que 68% estimaient le contraire (sondage Odoxa, presse régionale, 18 octobre 2016).
Certes Manuel Valls et son équipe sont bien conscients que l’élection présidentielle de mai 2017 – à moins d’un miracle – ne leur sera pas favorable. Pourtant participer à cette compétition s’impose car, outre le souci de réaliser un « bon » score et de fédérer les différentes familles de la gauche, l’ancien Premier ministre a besoin de s’afficher en leader du PS afin d’en prendre le contrôle. S’emparer de la direction de « Solférino » s’impose pour aborder le coup d’après – la présidentielle de 2022 – en pole position.
B. Morvan
Crédit photo : Flickr (cc)
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Une réponse à “Valls a besoin des élus bretons”
il peu toujours les attendre. Aujourd’hui contre le 49/3 alors qu’il l’utilise pour lui a plusieurs reprises. Va bien te faire