18/01/2017 – 07H00 Paris (Breizh-Info.com) – Les chiffres du ministère de l’Intérieur pour l’année 2016 sont tombés. Logiquement, l’impact de la crise migratoire se fait ressentir. Pour l’année passée, 85 244 demandes ont été enregistrées par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), dont 77 886 premières demandes (mineurs inclus) et 7 358 réexamens. Les demandes d’asile sont en hausse constante depuis 2007. La crise migratoire des deux dernières années a provoqué une hausse sensible de celles-ci.
Malgré cette hausse notable, les renvois à la frontière diminuent.

Une hausse constante des demandes d’asile

Sur les 85 244 demandes d’asiles déposées en France en 2016, voici la répartition des principaux pays d’origine des demandeurs d’asile comparé à l’année 2015 :

2015                                          2016

Soudan 5 091 Soudan 5 868
Syrie 3 403 Afghanistan 5 641
Kosovo 3 139 Haïti 4 854
Bangladesh 3 071  Albanie 4 599
Haïti 3 049 Syrie 3 562
Congo 2 937 Congo 2 549
Chine 2 814 Guinée 2 334
Albanie 2 245 Bangladesh 2 276
Irak 2 145  Algérie 1 972
Afghanistan 2 122 Chine 1 855

 

Sur les 85 244 demandes, l’OFPRA a rendu 70 052 décisions (13 % de plus qu’en 2015). 19 834 attributions d’asile ont été enregistrées, soit une augmentation de 40,5 % par rapport à 2015. Parmi ces attributions, 7 545 migrants ont obtenu une protection susbidiaire (hausse de 167,5 % par rapport à 2015). La protection subsidiaire est un statut accordé à toute personne dont la situation ne répond pas à la définition de réfugié mais pour laquelle il existe des motifs sérieux de croire qu’elle courrait dans son pays un risque réel de subir des atteintes graves.

Pour les migrants déboutés du droit d’asile par l’OFPRA, il reste la solution de saisir la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). Celle-ci a octroyé l’asile à 6 517 migrants (augmentation de 21 % par rapport à 2015).

Au total, le nombre de décisions d’accord d’un statut de protection (réfugié et protection subsidiaire) prises par l’OFPRA et la CNDA s’établit en 2016 à 26 351, en hausse de 35,1 % par rapport au total des décisions positives de 2015.

Une baisse des sorties du territoire durant la crise migratoire

Le terme « sorties du territoire » recouvre plusieurs réalités :
Les éloignements forcés, caractérisés par la prise d’une décision d’éloignement et sa mise en œuvre par la contrainte.
Ceux aidés, caractérisés par la mise en œuvre d’une mesure d’éloignement sans contrainte, grâce à une aide au retour.
Les éloignements spontanés, sans contrainte et sans aide.

Alors que le nombre de migrants arrivant en France est en forte hausse, les mesures d’éloignement du territoire sont, pour la première fois depuis 2013, en baisse. En comparaison avec 2015, cette baisse s’établit à 16,5 %.

Quelle attitude face à la crise migratoire ?

L’ampleur de la crise migratoire a confronté l’Europe à des questions morales très fortes. En France, lorsque l’on ramène les chiffres des attributions d’asile et de sorties du territoire en pourcentage, on se rend compte qu’en 2016, pour la première fois depuis au moins 6 ans, on compte plus d’attributions d’asile que de sorties du territoire.

La direction prise par le gouvernement semble claire : moins d’expulsions et plus de demandes d’asile acceptées.

Tout cela alors que le peuple français semble majoritairement opposé à l’accueil des migrants

Photos : DR
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