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27/03/2017 – 05H15 Nantes(Breizh-info.com) – Blandine Krysmann est conseillère municipale d’opposition à Nantes. Elle est par ailleurs déléguée du Parti chrétien-démocrate sur la Loire-Atlantique. Nous l’avons interrogée sur la gestion municipale et les grandes affaires en cours au sein de la municipalité de Nantes.
Breizh Info : Le conseil municipal du 3 février dernier a adopté une série de subventions à des associations intervenant dans le domaine de la famille, de la prévention des MST, mais aussi qui font partie du lobby LGBT et participent au développement de la théorie du genre. Ces subventions, d’un montant de 134.000 €, ont été avalisées par la quasi-totalité de l’opposition municipale.
Blandine Krysmann : J’ai voté contre ! De même que j’ai votée contre la subvention à l’Association culturelle musulmane Nantes Nord pour la promotion des filles et des femmes [rejetée par toute l’opposition, NDLA] et que je me suis opposée l’an dernier à la subvention municipale au lobby LGBT.
Breizh Info : Vous êtes un peu en pointe sur ces sujets au sein de l’opposition, qui semble y être moins sensible ?
Blandine Krysmann : Ce sont des sujets qui me semblent importants effectivement, donc j’y fais attention; notamment la GPA, qui revient à un esclavagisme d’un genre nouveau. Ce n’est pas parce qu’il y a un « marché », comme dirait Pierre Bergé, qu’on est obligés de se jeter dedans.
Breizh Info : Pierre Bergé qui soutient Macron…
Blandine Krysmann : Dans ces conditions, pour moi Macron c’est non. En Marche!, c’est la continuité exacte de Hollande, avec la caution de l’ultralibéralisme financier. Je ne suis pas d’accord. Pour moi, il y a un piège Macron. Le « ni droite ni gauche je n’y crois pas ».
Quant à la dignité humaine, c’est le cadet des soucis des soutiens financiers de Macron.
Breizh Info : La mairie de Nantes semble très attachée à la théorie du genre ?
Blandine Krysmann : Ils sont biberonnés au gender, oui ! Nantes-Métropole, c’est pareil du reste ; il y a eu une charte adoptée sur l’égalité femme-hommes, où il y a des choses très bien sur la prévention des violences conjugales – avec lesquelles on ne peut pas ne pas être d’accord – et tout un chapitre sur les stéréotypes de genre. L’opposition de droite a voté pour, je suis la seule à m’être abstenue.
Breizh Info : On peut effectivement se demander si l’opposition de droite ne soutient pas elle aussi le lobby du gender…
Blandine Krysmann : Non ! Mais il y en a qui sont mal informés sur le cheval de Troie qu’il constitue. Puis il y a aussi autre chose : les subventions au lobby LGBT et au gender sont mélangées avec tout un tas d’autres subventions à des associations diverses, dont l’action en matière de santé et sociale est très utile. Quand on vote contre, à cause des subventions au lobby gay, les autres associations nous demandent des comptes.
Breizh Info : Il n’est pas possible de demander systématiquement un vote séparé, comme vous le permet l’usage ?
Blandine Krysmann : On le fait de temps à autre pour marquer le coup, mais pas systématiquement, c’est trop fastidieux de le faire à chaque fois.
Breizh Info : A mi-mandat, Johanna Rolland a dressé son bilan. Déplacement du CHU, établissement de caméras de vidéo-surveillance pour fin 2018, création de places de stationnement en ville, création de 3 nouvelles lignes de Chronobus, future ZAC Mellinet, des projets sont en cours. D’autres promesses ont été réalisées – rénovation et extension du passage Pommeraye, Miroir d’Eau, construction de 3000 logements par an, 220 nouvelles places en crèche… De votre côté, quel bilan dressez-vous ?
Blandine Krysmann : C’est un bilan en trompe-l’oeil, qui cache notamment d’importants problèmes au niveau de la sécurité des Nantais. On voit régulièrement des problèmes dans les quartiers sensibles (rixes, fusillades, économie souterraine), notamment dans les îlots des quartiers nord qui concentrent jusqu’à 80% de logements sociaux, mais aussi en centre-ville, où la délinquance ne fait qu’augmenter.
Dans les quartiers nord – et ailleurs, il y a aussi des problèmes entre communautés et bandes, qui se rajoutent à des indicateurs sociaux très défavorable – avec un fort taux de précarité et de chômage. Il y a aussi les commerçants du centre-ville, qui ont beaucoup souffert avec les manifestations de ce printemps, et que la mairie ne soutient pas, alors que c’est nécessaire.
Breizh Info : Et pour le déménagement du CHU ?
Blandine Krysmann : L’opposition n’est pas d’accord pour un regroupement sur l’Ile de Nantes, ni sur le fait qu’il n’y a pas d’études alternatives faites… ou tout au moins communiquées. Les coûts ont explosé, il y a des problèmes d’accès, de saturation aux heures de pointe – c’est tout de même une île – et depuis 2009, le site qui auparavant était classé zone inondable ne l’est plus. Etrange.
Breizh Info : Et en ce qui concerne les impôts ?
Blandine Krysmann : Ils ont explosé au niveau de la Métropole. Autre impôt déguisé, la suppression du tarif réduit de la TAN, contre laquelle nous avons lancé une procédure judiciaire dont nous attendons les résultats. Le nouveau dispositif mis en place exclut les personnes pauvres qui habitent hors Métropole, et aussi des personnes à petits revenus qui se déplacent peu.
Breizh Info : En matière de politique culturelle, quelle est votre appréciation ?
Blandine Krysmann : Il y a beaucoup trop d’éphémère, d’événementiel dans la politique culturelle municipale.
Breizh Info : Est-ce qu’il manque à votre avis une politique municipale, et si oui, dans quel domaine ?
Blandine Krysmann : Oui, dans le soutien à la parentalité. Aux familles. C’est essentiel et ça manque. Car c’est bien la dans la famille que le respect, le vivre-ensemble et les valeurs sont transmises.
Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe
Crédit Photo : nantes.fr
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