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Quand Rugbyrama révèle pourquoi le rugby français est en perdition

02/07/2017 – 07h00 Vannes (Breizh-Info.com) – Le site Rugbyrama est une des références pour les amateurs de rugby. Analyse des matchs, programmes à venir, interview, anecdote, il s’agit d’un site particulièrement complet (c’est une émanation d’Eurosport, donc les moyens financiers sont également autrement plus importants que ceux du Rugbynistère, autre excellent site sur ce sport).

Et si l’on se penche sur les analyses faites par les journalistes en cette fin de saison à propos du Top 14, on comprend tout de suite pourquoi le XV de France est en perdition depuis des années. Il suffit de voir les meilleurs joueurs sélectionnés par la rédaction de Rugbyrama aux différents postes cette saison en Top 14 pour le comprendre.

Il suffit également, pour les curieux, de comparer le plaisir pris à voir un match d’Aviva Premiership, de Ligue Celte, ou de Super Rugby, comparé à celui de voir un match de Top 14, pour sentir la différence.

Meilleurs joueurs : Vito, Nadolo, Botia, Lopez, Gil. Hormis l’excellent Camille Lopez (Clermont) , les 4 autres joueurs proviennent de l’hémisphère sud (2 Fidjiens, 1 Néo-Zélandais, 1 Australien).

Si l’on compare avec l’Aviva Premiership, les meilleurs joueurs nominés par une assemblée de médias professionnels sont , Jimmy Gopperth, Wasps, Joe Launchbury, Wasps,  Louis Picamoles, Northampton Saints, Michael Rhodes, Saracens, Mark Wilson, Newcastle Falcons, Olly Woodburn, Exeter Chiefs. 3 joueurs anglais sur 6 nominés, un Français et un Sud-Africain.

Pour les meilleurs défenseurs de la saison, Rugbyrama nomine Murimurivalu, Germain, Dulin, Halfpenny et Taylor. Seulement deux français dans les 5 là encore.

Cocorico concernant les demis de mêlée : Dupont, Lesgourgues, Parra, Irribaren, quatres joueurs français, tandis que le sud-africain Januarie (La Rochelle)  clôture la liste.

Pour les meilleurs ailiers de la saison, Nadolo, Waisea, Votu, Strettle, et Smith. Pas un seul français. Comment s’étonner avec cet écueil aux ailes que le XV de France ne parvienne pas à jouer autrement qu’en tentant de briser physiquement l’adversaire ?

Pour ce qui est des centres, Aiguillon, Chavancy et Penaud rejoignent Lovobalavu et Tomane. 3 Français sur 5.

Chez les piliers gauche, Asieshvili, Chaume, Corbel, Macintosh, et Baille. Là encore, 3 Français sur 5.

Chez les piliers droits, Zirakashvili, Van der Merwe, Hamadache, Atonio et Cobilave. 2 Français sur 5.

Pour le poste de talonneur, Guirado, Du Plessis, Ivaldi, Ribbes et Jenneker. 3 sur 5.

Sur 40 joueurs nominés à tous les postes, 18 sont français. Moins de la moitié donc . Voici l’explication majeure de la perdition actuelle du rugby français : la place trop importante faite aux joueurs étrangers – les recruteurs pillant notamment les îles Fidji en embauchant souvent avec des salaires inférieurs à ceux demandés par les joueurs français.

Et d’autres voulant à tout prix s’offrir des grands noms, des stars, pour faire vendre, pour favoriser le merchandising, alors même que bien souvent, ces stars de l’hémisphère sud sont sur le déclin (sinon elles auraient encore le droit de jouer dans leur sélection nationale).

Car ce n’est pas la formation qu’il faut accabler : des joueurs, il y’en a, et des très bons, malgré la baisse du nombre de licenciés la saison dernière. C’est à la fois la stratégie de jeu (beaucoup trop basé sur le contact et l’affrontement plus que sur le dynamisme, le jeu de passe, l’intelligence) et la formation à des postes clés (ailiers notamment) qu’il faut revoir.

Car pour le reste, avec des jeunes talents comme Dupont, Lacroix, Cancoriet, Cazeaux, Cros, Iturria, Jelonch, Penaud, Rattez, il y’a de quoi bâtir quelque chose de très solide pour les années à venir.

Les dirigeants nationaux n’ont plus le choix que celui de changer, radicalement, les façons de faire en France. Sinon, ils sont condamnés à l’effondrement, en 2019 au Japon, et à devenir une nation de second rang, ce qui serait plus que honteux pour la France, terre de rugby.

Yann Vallerie.

Crédit photo :  DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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Une réponse à “Quand Rugbyrama révèle pourquoi le rugby français est en perdition”

  1. Crusader66 dit :

    Vous trouvez donc normal qu’il n’y ait plus de catégorie U20 en France (englobée dans les U23)?
    Plein de bons jeunes de 18, 19 ans vont cirer le banc des Espoirs en attendant leur heure. Ne serait-il pas plus intelligent de recréer un vrai championnat U20 Reichel sur 2 ans, quitte à le jumeler avec le championnat Crabos pour des question de coût comme pour les Cadets (Gaudermen/Alamercery) afin de leur donner du temps de jeu?

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