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Les chiffres sont flatteurs. Quatre matches, quatre victoires. Après la Western Force, les Reds et les Waratahs, les Brumbies ont à leur tour plié face aux Lions britanniques et irlandais ce mercredi à Canberra (24-36). Mais à dix jours d’un premier test capital face à l’Australie, c’est moins la dynamique comptable que le contenu des rencontres qui interroge. Car au-delà du score, les Lions peinent toujours à trouver leur rythme et une cohérence collective digne de leur statut.
Une victoire brouillonne à Canberra
Face à des Brumbies accrocheurs mais loin de leur meilleure forme et privés de nombreux joueurs retenus en sélection, les hommes d’Andy Farrell ont mis du temps à prendre la mesure de leurs adversaires. Menés d’entrée (5-0), fébriles dans les rucks, approximatifs dans la gestion du jeu au pied, les Lions se sont montrés très inconstants, alternant éclairs de classe et séquences stériles.
Certes, les essais d’Ollie Chessum, James Lowe, Marcus Smith, Garry Ringrose et Josh van der Flier ont permis de creuser l’écart. Mais à chaque fois, les Brumbies ont su revenir au score ou profiter des largesses défensives adverses pour maintenir la pression. Le banc a fait la différence, mais l’impression d’ensemble reste mitigée.
Kinghorn blessé, Farrell inquiet
Autre point noir de la rencontre : la blessure de l’arrière écossais Blair Kinghorn, contraint de sortir prématurément. Une mauvaise nouvelle pour le staff, alors que l’équipe-type semblait se dessiner. S’il « marche encore » selon Andy Farrell, rien ne garantit sa présence face à l’Australie. Marcus Smith, entré à l’arrière, a montré des qualités offensives, mais des lacunes en couverture et en relance.
Cette incertitude vient s’ajouter à une autre : les Lions n’ont pour l’instant affronté que des franchises en fin de saison, loin du niveau international qu’ils s’apprêtent à affronter. Et pourtant, à aucun moment ils n’ont semblé réellement maîtriser leurs opposants du début à la fin d’un match.
Depuis le début de la tournée, les Lions affichent une forme de dispersion tactique : entre un jeu parfois trop latéral, des phases statiques inefficaces, et un manque de liant entre avants et trois-quarts, l’identité de cette équipe peine à émerger. Les individualités brillent par à-coups, mais le collectif tarde à s’harmoniser.
Prochain test : un révélateur avant les Wallabies
Les Lions disputeront ce samedi une rencontre face à une sélection hybride « Invitational AU & NZ », mêlant joueurs australiens et néo-zélandais. Un ultime galop d’essai face à des profils plus proches de ceux qu’ils affronteront le 19 juillet à Brisbane.
Mais à ce stade, rien ne permet d’affirmer que cette équipe est prête à affronter les Wallabies sur leur terrain. Les automatismes tardent à venir, et malgré les talents alignés, les Lions ressemblent encore plus à une addition de stars qu’à une machine de guerre coordonnée. S’il est permis d’espérer, il est aussi temps de s’inquiéter.
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