Breizh manif

02/08/2017 – 06h50 Nantes (Breizh-Info.com) – La Breizh Manif se déroulera le samedi 30 septembre 2017. Il s’agit de la traditionnelle marche en faveur de la réunification bretonne – une marche qui réunit chaque année de moins en moins de monde tant le sujet peine à capter l’attention des Bretons. La manifestation partira à 15h de la place de la Petite Hollande.

Voici le communiqué des organisateurs , intitulé « La Réunification : une nécessité pour une Bretagne belle, prospère, solidaire, ouverte sur le Monde »

La Bretagne, c’est notre patrimoine, c’est une terre historique et économique d’avenir qui s’étend sur cinq départements, dont la Loire-Atlantique. C’est une réalité géographique et sociale, c’est un projet politique contemporain soutenu par 70 % des Bretons.

Le nouveau président de la République, qui veut présider autrement, et s’affirme girondin, le Premier ministre, fier d’une Normandie réunifiée, ne pourront rester indifférents à l’appel lancé

– par 70 % des Bretons pour une Bretagne réunifiée, qui pourra ainsi engager une politique moderne, cohérente ;

– par les plus de 50 000 ayant déjà signé la pétition papier pour l’organisation d’un référendum en Loire-Atlantique dans le cadre du droit d’option d’un département ;

– à la demande de plus en plus forte d’élus locaux ou nationaux ;

– à celle des chefs d’entreprise pour qui la marque Bretagne est porteuse d’avenir ;

– à celle d’un mouvement associatif et culturel dense.

Si la manifestation et la mobilisation faiblit d’année en année, les organisateurs, les acteurs culturels et politiques bretons (dont beaucoup sont restés dans le 20ème siècle) ne semblent toutefois pas s’interroger sur cette perte d’audience.

Alors, toujours pas de réunification bretonne, la faute à qui ?

Tout d’abord, au long travail de déracinement effectué par les institutions nantaises et « ligériennes » qui se sont battues, élus en tête, et avec succès, contre la réunification, pour la création de l’identité artificielle des Pays de la Loire.

Ensuite, à l’amateurisme qui se dégage (et qui est une caractéristique du « mouvement breton » dans son ensemble depuis des années) que ce soit en terme d’esthétisme et de communication (site Internet, tracts à l’ancienne, chartes graphiques … rien de très séduisant à l’horizon, comme le soulignent de nombreux observateurs).

Un membre de Yaouankiz Breizh, qui était présent à la manifestation l’an passé, pointe également une autre raison, et pas des moindres, de cette perte de vitesse :

« Il y a une forme de terrorisme intellectuel qui règne dans les rangs des instigateurs de ces initiatives, comme l’indique d’ailleurs la dernière phrase du communiqué de Bretagne réunie : « Les individus aux propos et comportements racistes et xénophobes n’ont pas leur place dans la manifestation pour la réunification de la Bretagne.»

Cette phrase fait référence à l’apparition, l’an passé (2016), de plusieurs dizaines de jeunes nationalistes bretons, dont je faisais partie et qui ont lancé, outre des slogans favorables à la réunification bretonne, également des slogans indépendantistes et hostiles à l’immigration.

Pas de racisme ou de xénophobie, donc, mais plutôt une inquiétude exprimée ces derniers mois par des millions d’Européens . Et l’apparition d’une jeunesse offensive qui, depuis quelques années, faisait défaut aux rangs très grisonnants des manifestations bretonnes. »

Il n’en fallut pas plus pour provoquer l’indignation de la gauche et de l’extrême gauche  bretonne, qui n’ont jamais cessé pourtant de leur côté de faire du prosélytisme (qui ne séduit plus) dans ces manifestations, culturelles ou politiques bretonnes, sans que cela ne heurte les organisateurs.

Et pourquoi les organisateurs se plieraient-ils aux doléances de l’extrême gauche ?

« Parce qu’ils ont peur – et cela alors même qu’en privé des langues se délient de plus en plus sur des sujets jusqu’ici tabous » nous explique notre interlocuteur . « Ils se soumettent au terrorisme intellectuel très « républicain français » dans son essence. Ils forment aussi  le ciment des échecs répétés de cette mobilisation en faveur d’une identité qui veut se donner des frontières (les 5 départements) tout en se justifiant immédiatement d’être « solidaire et ouverte sur le monde ». La jeunesse bretonne doit mettre à la retraite ces générations qui sont toujours dans le 20ème siècle et qui vont d’échecs en échecs ».

En attendant, tout le monde défilera côte à côte, le 30 septembre prochain.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

2 Commentaires

  1. Vous avez bien mis le doigt dessus : le problème du mouvement breton actuel est qu’il est VIEUX, fidèle à une vision du monde qui date de 1968. Une bonne partie de ses acteurs sont eux-mêmes âgés, mais même chez les plus jeunes, les idées sont souvent bloquées au siècle dernier. Et leur durcissement agressif du type « antifa » n’est qu’un réflexe défensif dû à leur décalage croissant avec le monde contemporain.

    • Et encore, on se limite au mouvement politique. Niveaux intellectuel et artistique, c’est aussi le grand vide.
      Le gauchisme a eu son intérêt mais est contre-productif depuis 20-30 ans.
      Le mouvement à droite est soit folklo, soit fasco. Pas grand à espérer.
      Bretagne Réunie est de droite, hein. Ils composent avec l’UDB, parce qu’ils savent bien qu’à une époque, y’a que l’UDB qui a su s’organiser et qu’il y’a des restes. Notamment les jeunes « gauchistes mais ça leur passera ».
      Le Breton est plutôt centriste dans l’ensemble.
      Bretagne Réunie n’est pas soumis au gauchisme, elle est soumise à l’espoir du lobby, comptant sur le Locarn et les rares élus pour faire bouger les choses. Ils sont légitimistes.
      Mais, à part espérer, comme c’est annoncer, encore et encore d’en haut, rien à en tirer.
      Remarquez, ça pourrait arriver sous Macron. Le bonhomme de la jouant aristo, une Bretagne réunie lui permettrait de s’imaginer en Roi et ses Provinces. Sans parler du plaisir de rectifier le travail de son prédécesseur. La Nouvelle-Aquitaine perdra le Poitou-Charentes pour qu’on puisse coller la Vendée quelque part (Retailleau le roquet aboiera en demandant le Grand-Ouest et un aéroport), cette nouvelle région rend tout le monde dubitatif.
      Est-ce qu’un PM havrais penchera dans la balance ?
      Rolland n’aura en tout cas pas le même poids que celui du retraité Ayrault.
      Des députés Modem dans le département, a priori favorables.
      Et de Rugy. Dont la sincérité sur la question me semble difficilement contestable, dans le sens où elle s’inscrit dans une logique. Ses trahisons récentes révélant seulement son côté centriste, celui de ses électeurs bretons, dans des factions au gauchisme inconscients.
      Si de Rugy pouvait lancer l’idée.
      Bretagne Réunie a-t-elle jamais eu l’occasion de défiler avec quelqu’un devenu Président de l’AN ?
      Médiatiquement, politiquement, ne parlons évidemment pas de valeurs constitutionnelles et de cultures, ne rêvons pas, la réunification bretonne peut être un outil pratique à sortir de son chapeau.
      Pour s’assurer une région aussi. Si Macron fait ça, les problèmes qui ne manquerons pas de lui arriver pourrait être atténué en Bretagne, région promise, encore plus réunifiée.
      Mais c’est à l’ancienne. C’est de la soupe politique.
      La question de la réunification n’intéresse malheureusement que des microcosmes qui n’ont aucunes vocations à se développer chacuns de leurs côtés, dont la seule option serait la synthèse. Et c’est désespérant de voir à quel point ils en sont incapables. Ceci explique aussi la mort clinique de la réunification (symptôme principal de la mort de la Bretagne, la mort cérébrale, c’est la langue).
      Et surtout, surtout, comme le rappelle l’article, les PdL ont fait leurs basses œuvres. Pas conquis, ceux ne sont pas non plus des génies, mais beaucoup de mal.
      Impressionnant à quel point on peut refonder des identités (bon, le travail avait commencé avant les PdL faut dire).
      Ça risque d’être dégarni dans les rangs.
      Surtout après les manifs sur la loi travail qui vont passer par là.
      Pour que la question se fasse remarquer, il n’y a qu’une solution : l’occupation d’un lieu symbolique par au moins une centaine de personnes, pendant un bon mois.
      C’est ce qui se fait dans les manifs du XXIe siècle.
      Et ça passera crème dans l’idéologie de gauche.

Comments are closed.