Nantes. La délinquance s’efface à Commerce, mais seulement quand les CRS sont là

A LA UNE

Tyrannie sanitaire. « Macron, Castex, Véran et toute leur clique, ont brisé mon engagement de pompier volontaire ». Témoignage

Notre rédaction compte un journaliste qui était pompier volontaire jusqu’au début de l’année 2021. Il ne l’est plus. Il...

Rennes : quand une association subventionnée pratique des réunions « non-mixtes »

Tous les rennais connaissent le CRIDEV, anciennement « Centre Rennais d'Information pour le Développement et la Solidarité entre les...

Dinard. A la rencontre de Céline Tacher, bretonne élue au comité central du Rassemblement national (RN)

Céline Tacher a 22 ans. Originaire de Dinard en Bretagne elle habite maintenant Paris pour les études et le...

Vannes, Lanester. Retour en vidéo sur les manifestations contre le Pass sanitaire

Des milliers de personnes ont défilé samedi 17 juillet dans les principales grandes villes bretonnes comme dans toute la...

Covid-19. « La contamination et la mortalité sont, à l’été 2021 et après 3,6 milliards de doses de vaccins injectées, beaucoup plus élevées qu’à...

Ci-dessous le point mensuel de D. Delawarde au sujet de la progression du Covid19 dans le monde. La contamination et...

08/09/2017 – 08h00 Nantes (Breizh-Info.com) – Depuis plusieurs années la zone de non-droit autour de la place du Commerce – vente de drogue, vols à l’arraché etc. – ne cesse de s’étendre, au grand dam des nantais et des travailleurs de la SEMITAN. Suite à un nouveau mouvement des agents cet été pour dénoncer la situation – et pis, l’inaction des pouvoirs publics depuis tant de mois – des renforts policiers ont été déployés en urgence. Jusqu’à samedi, 34 CRS patrouillent le long de la ligne de tram et aux abords. Un effet visible immédiatement, mais jusqu’à quand ?

« Nous, on est bien contents d’être ici, c’est une mission de voie publique, et c’est surtout bien plus valorisant que Calais », nous confient des CRS venus de Bergerac. « Il y a des gens qui viennent nous voir et nous remercient d’être là, on fait des contrôles dans les rues piétonnières voisines, dans le tram et aux abords. On a le sentiment d’être utiles ». En revanche, il y a peu d’arrestations : « quand ils nous voient, les délinquants vont ailleurs. Et quand on en chope, bon, le gars, il va avoir une barrette sur lui, peut-être deux, ce sont des petites quantités, la justice ne suit pas derrière ».

Effectivement, lorsque les CRS sont là, garés bien alignés derrière la station Commerce (ligne 1), la place n’est pas comme d’habitude. Il n’y a plus de dealers, de jeunes oisifs qui sifflent les filles ou qui essaient de voler les portables dès la fin de l’après-midi. Un sentiment de sécurité règne, un peu inusité ici. Mais à certaines heures seulement « Nous sommes là essentiellement pour sécuriser les gens aux heures où ils vont travailler ou quand ils en reviennent ». Le deal bat son plein quand la nuit revient – et à quatre heures du matin, à part quelques taxis en attente, la place appartient aux dealers.

Alors, opération de communication ou réel progrès contre l’insécurité en ville ? « Un peu des deux », soupire un policier nantais. « Oui, ça nous intéresse parce qu’on peut faire autre chose pendant ce temps là, et il y a clairement moins de problèmes à Commerce depuis quelques jours. En même temps, ce n’est pas du tout, du tout une mission pour les CRS. Mais ils n’ont rien à faire sur les plages non plus, ni à Calais. On a un peu le sentiment que les CRS sont utilisés comme des bouche-trous par le pouvoir, plutôt que d’embaucher des policiers là où il y en a besoin ».

Autre reproche qui émerge, le caractère éphémère du déploiement des CRS. « C’est de la com’ et en plus ils prennent les gens pour des cons », se récrimine un commerçant du secteur. « Tout ça, c’est vraiment la façon dont la mairie de Nantes « règle » les problèmes. De la poudre aux yeux, et derrière la façade ça continue à se casser la gueule. C’est évident que trente CRS ne règleront pas le problème. Puis les dealers, ils n’en ont rien à fiche, pas plus que ceux qui leur achètent la came. Le deal se déplace », et effectivement, rue Kervégan, square Daviais ou encore autour du Bouffay, le deal bat son plein même en journée, selon la loi de l’offre et de la demande. Tandis que sur la place du Commerce, les dealers reviennent  quand les CRS sont partis.

« Quant aux vols avec violence, maintenant ils se déplacent dans tout le centre-ville, ils vont au Hangar à Bananes, ils suivent les fêtards bourrés la nuit ou le week-end, les CRS ne servent à rien et la police arrive toujours en retard » constate ce serveur dans un établissement du centre-ville.

Très récemment encore, un homme a été agressé avec une grande violence dans la rue Guépin, entre la place du Commerce et la Tour de Bretagne. « C’est plus que probable que ça soit le fait des dealers de Commerce, qui ne font pas que vendre de la came coupée avec de la lessive ou du lait en poudre », poursuit le serveur. « CRS ou pas, ils ne sont pas près d’être au chômage. Tant que les juges seront assez cons pour ne pas les expulser, qu’il y aura des idiots pour leur acheter du shit qui mérite vraiment son nom tellement qu’il est nase et qu’il y aura des fêtards à détrousser, ils resteront ici. C’est cocagne pour eux ».

Si le déploiement des CRS est tout de même reconnu comme « utile » par bien des usagers de la place du Commerce, beaucoup aimeraient que « l’ordre revienne enfin dans le centre-ville. Et pour cela, il faut avant tout une volonté politique de faire respecter la loi ». Les syndicats de la TAN ne demandent pas autre chose quand ils réclament à cor et à cris des caméras, de l’éclairage et des policiers à Commerce. Ce n’est pas le tout de chasser les délinquants quelques jours, faut-il encore faire cesser les trafics, les agressions et les vols qui sont monnaie courante dans le centre-ville. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le pouvoir socialiste à Nantes ne veut pas en entendre parler.

Louis Moulin

Crédit photos : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

.
- Je soutiens BREIZH-INFO -

Pourquoi la gestion de la crise COVID est un scandale [ L’Agora]

Au début de la crise COVID, en janvier 2020, les services de l’État ont assuré aux Français qu’ils étaient...

Une directrice d’école de Leeds, au Royaume-Uni « Les blancs font partie des groupes ethniques minoritaires… c’est merveilleux »

« Nos religions sont peut-être différentes, mais les messages de bonté, de rassemblement et de charité sont tous les...

1 COMMENTAIRE

Il n'est plus possible de commenter cet article.

Articles liés

Nantes : affaire Steve Maia Caniço – mise en examen du commissaire Chassaing

Il aura fallut deux ans d'enquête pour aboutir à une première mise en examen pour homicide involontaire dans l'affaire du décès de Steve Maia...

Nantes. Quelques conseils pour trouver un logement avec un budget étudiant

Plus de 50 000 étudiants de tout horizon viennent chaque année étudier à Nantes, ce qui en fait la 5e ville universitaire de France. Plus...

Deux véhicules brûlés aux Dervallières, un scooter incendié quartier Procé

Dans la nuit du 11 au 12 juillet, une camionnette et une voiture ont encore été incendiés rue Watteau aux Dervallières vers 0h45 –...

Nantes : la police sévit contre les rodéos et les voleurs de colliers

Ce 9 juillet vers 1h30, trois individus ont agressé deux jeunes et arraché un collier que l'un d'eux portait. Intervenue rapidement, la police arrive...