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06/10/2017 – 06h50 Rennes (Breizh-Info.com) –  En 2013, en plein mouvement des Bonnets rouges contre l’écotaxe, un portique était détruit à Pontorson, un autre à Brec’h.

Pour ces faits, quatre militants bretons avaient été condamnés, en septembre 2014, par le tribunal correctionnel de Rennes, à des peines de prison de 3 ans d’emprisonnement dont 18 mois avec sursis et 2 ans d’emprisonnement dont douze mois avec sursis.

Après avoir fait plusieurs mois de prison préventive, ils avaient fait tous fait appel de la décision.

Mardi 3 octobre, la cour d’appel de Rennes a réduit les peines prononcées en première instance : quinze mois de prison, dont un an avec sursis . Pour ceux qui n’ont pas fait de prison préventive, la peine sera effectuée sous bracelet électronique.

Suite à cette décision, nous avons recueilli les réactions de l’un des quatre condamnés, Emmanuel Letoffe.

Breizh-info.com : Quelle a été votre réaction après ce verdict en appel concernant l’incendie des portiques écotaxe ? Comptez vous désormais vous pourvoir en cassation ?

E. Letoffe : Bonjour, je vous remercie tout d’abord de me donner le droit à la parole.

Ma réaction au verdict est sans appel. Personnellement je m’en fiche ; la justice préfère juger les conséquences, jamais les causes.  Par manque de courage ? Non, par corruption. Donc je n’attendais rien de cette justice que je connais depuis l’âge de 7 ans et qui d’ailleurs n’a aucun droit sur le territoire breton. Je constate simplement que seuls les indépendantistes ont été emprisonnés. Il n’est pas bon de contester une minorité qui se prend pour Dieu sur terre et qui ne rend pas de compte devant le contribuable.

Je n’irai pas en cassation sur le plan pénal. Sur le civil je pense que oui.

Breizh-info.com : Avec le recul, quel regard portez vous sur vos actions ? Avez vous des regrets ? 

E. Letoffe : Je n’ai aucun regret, mais plutôt une motivation renforcée. J’ai participé à la révolte en faisant – et ce n’est pas le cas de tous – abstraction de nos divergences politiques ou syndicales. La casse sociale concerne tout le monde. Je regrette que ces organisations n’aient pas eu de courage. Je soutiendrai les agriculteurs même si eux nous ont lâchés.

Breizh-info.com : Que sont aujourd’hui devenus les Bonnets rouges, hormis un symbole ?

E. Letoffe :  Je reste un Bonnet rouge dans l’âme mais je porte le bonnet noir de la colère. Certains disent que nous sommes en sommeil, les plus téméraires ne le sont pas. J’ai rencontré des gens formidables au sein des kevrenn. Des passionnés qui ont un profond respect pour la vie humaine ; je les admire, car moi je n’en ai pas envers ceux qui me traitent de sans-dents ou d’illettré.

Breizh-info.com : Il a récemment été question de la réintroduction de l‘écotaxe sous une autre forme : est-ce que cela pourrait relancer une contestation ?

E. Letoffe :  J’estime connaître en profondeur l’écotaxe, les conflits d’intérêts, les délits d’initiés, les monopoles, la destruction de la société Combiwest par l’État français. Destruction que la presse subventionnée s’est bien gardée de révéler, et qui me conforte dans l’idée de défendre nos intérêts bretons. Si le gouvernement poursuit dans cette voie, je reprendrai les « armes ».

Breizh-info.com : Finalement, la résistance « pacifique » façon Catalane semble plus porter ses fruits que les résistances violentes (et susciter plus l‘adhésion populaire). Un exemple à suivre en Bretagne ?

E. Letoffe : Ce qui se passe en Catalogne est un déni de démocratie. Les états centralisés n’ont eu de cesse d’appauvrir ces régions annexées au profit d’un système dépensier. La France agit de même en nous laissant inévitablement des miettes… C’est maintenant fini.

La France est un problème. Qu’elle ne s’amuse pas à se comporter avec violence en Bretagne car si elle a engendré des Jean-Baptiste Carrier (NDLR : l’un des symboles de la Terreur révolutionnaire) , la Bretagne aura mon nom.

Je ne suis pas du genre à tendre l’autre joue car contrairement en Catalogne, ici l’identité bretonne est censurée. Il n’y a qu’à voir l’exemple du prénom Fañch, interdit par une justice qui aurait pourtant mieux à faire.

C’est un de ces exemples qui nous obligera inexorablement à opter pour des moyens radicaux pour la reconnaissance de la Bretagne. La France n’a pas de vision sur la longue durée, elle n’anticipe pas, ne s’occupe pas de ses propres enfants. Qu’à cela ne tienne….

Propos recueillis par Yann Vallerie

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