Pour la gauche italienne, la priorité, c’est d’interdire les bouteilles étiquetées Mussolini

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07/10/2017 – 06h50 Rome (Breizh-Info.com) –  Le 12 septembre 2017, la Chambre des députés italienne a approuvé un nouveau projet de loi contre la propagande fasciste avec 261 oui, 122 non et 15 abstentions.  L’auteur du projet est Emanuele Fiano, du Parti démocratique.

La Lega Nord, Forza Italia et Movimento 5 Stelle ont voté contre la loi.

Désormais, le projet de loi doit être voté au Sénat, où il n’est pas certain qu’il y ait une majorité en faveur du texte. La loi introduit un nouvel article 293-bis au Code pénal qui punit «quiconque propage les images ou les contenus du Parti fasciste ou du Parti national-socialiste allemand».

Il sera ainsi interdit de faire le salut fasciste, de vendre des objets représentants Hitler ou Mussolini ou de lancer des slogans et d’utiliser des symboles faisant clairement références aux deux dictateurs ou à leur régime.

La peine pour ceux qui commettent ces infractions sera comprise entre six mois et deux ans de prison et sera augmentée d’un tiers si l’infraction est commise sur Internet.

Si la loi était votée par le Sénat, la liberté d’expression en Italie serait soumise à de très fortes restrictions – ce à quoi les Italiens ne sont pas habitués, contrairement en France depuis la loi Pleven, les lois antiracistes et mémorielles se sont multipliées.

Actuellement, dans la Constitution italienne il y a déjà la XIIe “disposition transitoire” (et qui, tout en étant “transitoire”, n’a jamais été révoquée), selon laquelle “Il est interdit de réorganiser ou de reconstituer, sous quelque forme que ce soit, le Parti fasciste”.

En 1952, la “loi Scelba” a réglé la question de “l’apologie du fascisme”.  Elle punit “quiconque exalte publiquement les exposants, les principes, les faits ou les méthodes du fascisme ou ses objectifs antidémocratiques”.

Mais plusieurs jugements ont établi que les gestes et les symboles du fascisme sont interdits seulement s’ils sont exprimés dans le contexte d’une entreprise menée pour subvertir les institutions démocratiques. Pour être un crime, un salut fasciste doit avoir des finalité subversives (bien qu’il y ait une certaine ambiguïté sur le sujet, ce qui fait que différents juges jugent les mêmes gestes de manière très différente).

Il y a aussi la “loi Mancino”, de 1993, qui punit les “discriminations pour des raisons raciales, ethniques, religieuses ou nationales”. Mais, pour cette loi aussi, la tendance de la justice italienne était jusqu’ici de protéger la liberté d’expression.

Au contraire de la nouvelle loi, dite “loi Fiano” qui veut frapper les idées plutôt que les actes. Elle devrait également toucher tous les objets kitsch et folkloriques qui font usage de l’image de Mussolini, comme les bouteilles de vin disponibles gratuitement dans tous les magasins ou les calendriers du Duce exposés dans tous les kiosques.

Objets de très mauvais goût, mais totalement inoffensifs et en fait tolérés par tous.

Il convient également de noter que, pour une grande partie d’Italiens, au delà de ceux qui vont voter pour les partis de “droite radicale”, la figure de Mussolini n’est pas totalement condamnée et beaucoup sont maintenant disposés à admettre que le régime a également eu des aspects positifs.

Cet anti-fascisme extrémiste est loin de la sensibilité du peuple et risque de sembler ridicule au moment de punir les symboles fascistes plus sévèrement en 2017 qu’immédiatement aprés la guerre.

Pour le moment, aucune date n’a été fixée pour le vote au Sénat.

Adriano Scianca

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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