De l’UDB à Maria Vadillo : Jean-Yves Le Drian et l’unité espagnole

Le Drian

11/10/2017 – 08h00 Paris (Breizh-info.com) – Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a bâti sa notoriété politique lors de son passage au Conseil régional de Bretagne. Un long passage puisqu’il y a été élu président à trois reprises, finissant par démissionner le 2 juin dernier après sa nomination en tant que ministre dans le gouvernement d’Édouard Philippe. Mais, contrairement à son prédécesseur Josselin de Rohan, la marque de fabrique de Jean-Yves Le Drian est d’avoir toujours flatté les milieux « régionalistes » de gauche et la sphère culturelle bretonne. Lesquelles le lui rendaient bien puisque jamais avares d’un bon mot ou d’un bulletin de vote pour le patron des socialistes bretons.

« Que reste-t-il de nos amours ? »

Les calculs politiques de Jean-Yves Le Drian permettront même à quelques membres de l’UDB (Union démocratique bretonne), moyennant alliance, d’obtenir un poste de conseiller régional. Il faut également rappeler que l’actuel ministre d’Emmanuel Macron a su entretenir les illusions dans la gauche de l’Emsav (mouvement breton). Ses multiples prises de positions en faveur de la réunification de la Bretagne en témoignent. Des prises de positions qui n’ont évidement jamais abouti.

Alors, quelles sont donc les réelles convictions bretonnes de Jean-Yves Le Drian ? Nationaliste le lorientais ? Clairement pas ! Plutôt favorable à une autonomie ou à un statut particulier pour la Bretagne ? Voilà qui n’est même pas sûr, au grand dam d’une partie de ses anciens alliés politiques locaux. Et les dernières prises de positions de l’ancien président de la région administrative de Bretagne sur la Catalogne risquent de donner des haut-le-coeur à toute une frange du mouvement culturel et politique breton. Un vague sentiment de trahison peut-être ?

Soutien indéfectible à Madrid

Alors qu’en Bretagne comme dans d’autres territoires à « forte identité », les fédéralistes, autonomistes, nationalistes… de tous bords observent avec envie (ou du moins bienveillance) les Catalans en action ces jours-ci, Jean-Yves Le Drian affirme son soutien au gouvernement de Rajoy et à l’unité espagnole. Dans une interview du 9 octobre donné à un quotidien régional, il explique sa position sur la Catalogne :

« Les principes de la France sont très clairs. Elle soutient l’Espagne comme une amie et un partenaire essentiel de l’Union européenne. Nous sommes très attachés à l’unité espagnole. Nous pensons que les revendications catalanes doivent s’inscrire dans le cadre de la légalité et de l’unité constitutionnelle espagnole. Toute autre hypothèse serait dramatique. Nous avons fait savoir notre soutien dans ce cadre aux autorités espagnoles de manière très claire, tout en déplorant les violences. »

Et d’ajouter au sujet des violences policières : « Ces images sont évidemment tristes. Mais nous avons pleinement confiance dans le gouvernement de Mariano Rajoy pour surmonter cette situation. »

Une position qui a le mérite de la clarté. Jean-Yves Le Drian l’a d’ailleurs réaffirmé lors d’une conférence de presse à Rabat le 9 octobre au cours d’un voyage diplomatique au Maroc.

Remarié à une femme d’origine espagnole

Bien que cette prise de position ferme de Jean-Yves Le Drian soit très probablement motivée avant tout par des arguments et intérêts politiques, relevons tout de même une anecdote amusante. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères s’est effectivement remarié en 2013 avec Maria Vadillo,  femme d’origine espagnole native d’El Arenal. Un village castillan du centre de l’Espagne, une terre historiquement peu encline à une émancipation catalane. Maria Vadillo est par ailleurs vice-présidente du Conseil régional de Bretagne chargée du tourisme et du patrimoine.

D’aucuns diront qu’il n’est parfois pas souhaitable de mélanger la politique et les sentiments. Les régionalistes de l’UDB en savent quelque chose…

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