Tinder, Happn, Once, Badoo : des sites de rencontres produits d’une époque [Tribune libre]

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Les sites de rencontres et autres applications dédiées font désormais partie du quotidien de nombreuses personnes, célibataires ou non. Une fois franchi le seuil de la curiosité, et parfois de la honte pour certains, que révèlent donc ces phénomènes virtuels sur notre époque ?

De quoi parle-t-on ?

Terme générique, un site de rencontres se définit comme un moyen permettant à des individus d’entrer en contact et de communiquer afin de développer une relation plus ou moins longue de nature sentimentale, érotique ou amicale.

Dans les faits, il s’agit plus prosaïquement d’échapper à une solitude et à une absence d’interactions sociales concrètes, notamment et surtout en matière de séduction.

OVS, déracinement et éclatement familial

Adopte un mec, Tinder, Happn, Once, Badoo… ils sont nombreux à proposer leurs services sur le marché de la rencontre « amoureuse », bien que le terme ne soit pas toujours approprié.

Cependant, un site se démarque par sa finalité. Il s’agit d’OVS, acronyme signifiant On Va Sortir. Son but, au-delà de permettre évidemment à des relations affectives de se créer par la suite, est avant tout de proposer des sorties et des activités en groupe. Le site, dont la signature de marque est « Reviens à la vie réelle », connait un succès qui ne s’est jamais démenti depuis sa création en 2007.

Et pour cause. OVS répond à une demande qui n’est pas près de se tarir. Celle des urbains de plus de 25 ans, souvent isolés suite à un déménagement pour raisons professionnelles. Difficile en effet de se constituer un cercle d’amis dans une nouvelle ville, exception faite de ses collègues de travail. Que l’on ne choisit pas.

S’ajoutent à ces déracinés du travail, les autres victimes collatérales de la société moderne : hommes et femmes divorcés désormais « libres » de contraintes mais souvent en prise avec la solitude et l’ennui. Un phénomène qui a pris de plus en plus d’importance depuis les années 2000.

En Bretagne, la métropolisation constante de la population autour de Rennes et Nantes et le délitement des structures familiales traditionnelles n’ont fait que renforcer ces tendances.

C’est ainsi que les soirées et autres activités organisées par OVS sont un panel hétéroclite des phénomènes décrits précédemment. Un palliatif temporaire à l’isolement et à l’individualisme qui, sans émettre de jugement moral sur son cas, fait office de roue de secours sociale. Alors que les amis Facebook et le réseautage en tout genre se multiplient, il semble parfois bien compliqué de trouver quelques personnes pour discuter autour d’un verre ou dans un bon restaurant. En un mot, de socialiser dans la vie réelle.

Et l’amour dans tout cela ?

De l’amour courtois à #balancetonporc

Revenons à présent sur le cas des applications et sites consacrés aux rencontres sentimentales. Qui virent parfois à l’érotique sans passer par la phase romantique. À l’instar d’OVS dans son registre, ils sont, eux aussi, les témoins de notre temps.

Et tout d’abord cette question : comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi les rencontres amoureuses passent-elles si souvent désormais par un intermédiaire virtuel, aussi efficace soit-il ? Il y a corrélation de plusieurs facteurs, qui mériteraient chacun de plus profondes analyses, mais que nous pouvons détailler succinctement.

En premier lieu, la montée de l’insécurité et du vrai harcèlement de rue ont rendu la gent féminine moins encline à la discussion impromptue dans les lieux publics et dans les bars, boutiques etc.

Babtous fragiles certifiés

Ajoutons à ce climat anxiogène la féminisation certaine des jeunes hommes européens. Une dévirilisation qui s’accompagne bien souvent d’une perte de confiance en soi et d’un manque d’initiative. Il faut effectivement un brin d’audace pour aller aborder une jeune femme aujourd’hui.

D’autant plus que, du côté féminin, la sexualisation des tenues et des comportements est à son paroxysme. Jamais le concept de femme-objet n’a pris autant de sens qu’actuellement. Une image de princesse dévoyée promue par le cinéma, la publicité et plus généralement la pop culture qui n’a pas simplifié la tâche pour les hommes.

Les rapports de séduction hommes/femmes en 2017 se résument à peu de choses près ainsi : Des garçons fragiles bloqués par leurs complexes et leurs peurs face à des filles paraissant inaccessibles. Pas pour tout le monde cela dit, puisque quelques malins à la répartie et à l’audace affûtées s’en sortent encore bien malgré tout, faisant fi du féminisme omniprésent et du chantage au machisme en vogue ces temps-ci.

« Tombée love d’un voyou »

Notons au passage que, hormis ces exceptions, seuls les jeunes issus de l’immigration extra-européenne et provenant bien souvent des quartiers populaires ne connaissent pas ces inhibitions et ce manque de confiance latent. Et, pour eux, le succès est au rendez-vous. Surfant souvent sur l’image du mauvais garçon qu’ils assument parfois bien volontiers, ils incarnent ce paradoxe du goût toujours prononcé des femmes pour la virilité, malgré les assertions de la presse lifestyle.

Des assertions que seuls les « petits blancs » des centres-villes prennent pour argent comptant.

Enfin, le dernier ingrédient dans cette disparition de la drague « à l’ancienne » est le nivellement par le bas du socle culturel. En effet, la répartie, l’humour ou la vivacité d’esprit ont beau avoir une part d’inné, il n’en reste pas moins compliqué de tenir une conversation ou de trouver les mots pertinents (et impertinents) quand le bagage culturel est trop léger.

Que ceux qui se sentent visés se rassurent, la situation n’est guère plus reluisante chez l’autre sexe. Les bons mots et les traits d’esprit font de moins en moins recette, faute d’être compris.

L’essentiel est ailleurs. Et notamment dans les rencontres virtuelles.

Gauche morale, voyages et Instafood

Une fois entré « dans le game» sur l’un des différents sites/applications évoqués auparavant, on constate, à la vue des différents profils féminins, que l’uniformisation culturelle est, là aussi, à l’oeuvre. Malgré des nuances (pas 50 non plus) évidentes en fonction de l’âge, du lieu de résidence et de la classe sociale, les descriptions se ressemblent toutes étrangement et les discussions ont des airs de copiés/collés les unes avec les autres.

Quelques différences de surface apparaissent toutefois. Quand la coiffeuse de Loudéac signifiera son goût pour les balades en moto et les cours de zumba, l’architecte rennaise ou la juriste nantaise insistera sur sa passion pour le cinéma d’auteur espagnol et les voyages dans les pays en voie de développement. Ou à New-York, peu importe. C’est ça la magie de partir  « sur un coup de tête », comme il est de bon ton de le préciser.

Mais, sur le fond, le constat est le même. La profession, les voyages et la nourriture sont au coeur des préoccupations de ces demoiselles qui, généralement, ont toutes les mêmes lectures et goûts musicaux. Et cette étrange passion qui consiste à prendre en photo tout ce qu’elles mangent puis de le publier sur Instagram. Une passion non sans conséquence puisque les brunchs au saumon/confiture/jus d’orange du dimanche après-midi iront se dissiper dans la séance de fitness/crossfit du début de semaine qu’elles ne manqueront jamais d’évoquer. Très vite, c’est donc une vaste impression de vide culturel et d’absence totale de transcendance qui se dégage de ces pérégrinations virtuelles.

« Mourir à 30 ans »

Enfin, avec un peu d’expérience, on s’aperçoit rapidement que même les « princesses » soit-disant inaccessibles dont il est question plus haut sont autant perdues que les autres. Conscientes de leur caractère « périssable» (excusez du terme) dans un marché de la séduction lui aussi hyper concurrentiel, leurs exigences concernant le « prince charmant » qui n’existe plus depuis longtemps sont souvent vite revues à la baisse.

Des exigences qui, une fois passé la barre biologique fatidique des 30 ans, n’ont quasiment plus cours. Car, aussi superficielle soit-elle, la femme moderne n’en oublie pas pour autant les fondamentaux de l’ordre naturel : l’homme sérieux désirant fonder un foyer solide n’ira pas chercher une « seconde main » déjà plus ou moins abîmée par la vie comme par la nuit. À « compétences égales », il lui préférera une plus jeune et plus fraîche. Car oui, la femme-objet décote vite sur le marché de l’occasion. Même à grands renforts de cosmétiques et de novlangue, la réalité empirique est difficile à masquer.

Voilà comment, en se laissant aveugler par le mirage social de la femme hyperactive, d’afterworks en sexfriends, certaines filles laissent filer le seul capital qui ne peut se reconstituer : leur jeunesse.

Plus généralement, la « relation sérieuse uniquement » sur laquelle beaucoup de femmes insistent dans leurs messages se transformera bien souvent en une histoire sans lendemain. Pour peu que le prince d’un soir sache jouer un minimum sur les apparences, la meilleure des armes de nos jours.

Youenn Kereon

Crédit photo : DR
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