Environnement. Cop 23 : la Bonn arnaque ?

07/11/2017 – 06h00 Bonn (Breizh-info.com avec TV Libertés) –L’accord de Paris sur le climat aura-t-il lieu ? Les Etats signataires de la COP 21 se sont retrouvés ce lundi à Bonn en Allemagne pour mettre en application le texte de 2015.

Des derniers bilans alarmants, un record du niveau de dioxyde de carbone dans l’air… les voyants climatiques officiels sont au rouge. Deux ans seulement après la COP 21 et un accord présenté comme historique sur la question climatique, le consensus international est au point mort.

Le rapport annuel de l’Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement prouve que les engagements pris en 2015 ne sont pas tenus. En France, par exemple, certains secteurs seraient encore plus polluants qu’au début des années 90. C’est le cas notamment du traitement des déchets ou des transports.

En revanche, le secteur industriel serait en forte amélioration avec une baisse de 35%. Pas étonnant aux vues des délocalisations massives du tissu industriel français. L’émission de CO2 du secteur se déporte donc vers d’autres pays à moindre coût de main d’œuvre. Loin d’être éradiqué, le problème est seulement déplacé.

Pour l’ensemble du continent européen, le gaz et la vapeur pèseraient 1/3 des émissions de CO2 avec en tête de classement : l’Allemagne, première économie du Vieux Continent… et pour cause, difficile de maintenir une place de champion économique tout en rompant avec des pratiques polluantes.

Le but « affiché » pour les États présents à Bonn est de mettre en œuvre les accords de la COP 21. La COP 23 est donc un sommet pour reprendre les décisions prises lors d’un autre sommet. Pour ce qui est de l’efficacité de ces grandes sauteries internationales sur le climat il faudra repasser.

C’est donc près de 200 pays dont les États-Unis, annoncés partant des accords, qui vont devoir s’entendre sur la démarche à suivre. La présidence du sommet est assurée par le premier ministre fidjien Frank Bainimaram ;  difficile de croire qu’un chef de gouvernement d’un État de moins d’un million d’habitants pourra faire plier une superpuissance comme les États-Unis.

Et même si les États-Unis de Donald Trump veulent tourner le dos au texte de la COP 21, l’Oncle Sam participera tout de même aux débats puisque Washington est maintenu dans les discussions jusqu’en novembre 2020 en vertu des accords de Paris.

Les conférences sur le climat se succèdent donc et se ressemblent avec toujours les mêmes dilemmes : comment faire fléchir des superpuissances qui tiennent les rênes de l’économie mondiale ? Comment imposer à des pays émergents une moindre émission de CO2 alors qu’il en va de leur développement économique ?

Le « dialogue » lancé dans l’ancienne capitale allemande doit durer une année et devrait une nouvelle fois être un dialogue de sourds, avec, comme à chaque fois, l’absence de scientifiques apportant la contradiction sur la question du dérèglement climatique.

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